Volkswagen n’investira plus dans le GNV

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Le groupe automobile allemand abandonne le gaz naturel. Selon une annonce du PDG Herbert Diess dans la presse, les efforts financiers seront dorénavant concentrés sur l’électrique.

Le constructeur automobile risque de ne pas être le seul à bouder la filière du GNV. © Volkswagen Press
Le constructeur automobile risque de ne pas être le seul à bouder la filière du GNV. © Volkswagen Press

C’est une décision surprenante qui intervient alors que le groupe Volkswagen a récemment présenté plusieurs modèles carburant au GNV, notamment son utilitaire Caddy. De même, la marque affiliée Seat se voulait l’ambassadrice de cette énergie fossile pourtant vertueuse, au travers de sa compacte Leon ou de son SUV Arona. Alors pourquoi ce revirement, confirmé lundi 2 mars par le directeur de VW, Herbert Diess, dans les colonnes du quotidien économique outre-Rhin Handelsblatt ? Pour des questions de rentabilité, bien sûr…

Un marché du GNV atone

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En 2019, le groupe Volkswagen n’aurait vendu que quelque 110 000 voitures alimentées en GNV à travers le monde. Et même si les immatriculations tendraient à progresser en 2019, ce segment demeure confidentiel. En France, la demande s’avère encore plus timide puisque seuls 13 000 véhicules fonctionnant au GNV circuleraient dans l’Hexagone, soit moins de 0,2 % du parc automobile national. La plupart seraient d’ailleurs des véhicules appartenant au secteur des transports lourds ou aux collectivités.
Par conséquent, et au vu de ces résultats contenus, Volkswagen a jugé que les niveaux de ventes étaient trop insuffisants pour justifier de nouveaux investissements dans ce domaine.

En contrepartie, l’accent sera mis que le développement de technologies électrifiées. « Si nous prenons au sérieux le redressement de la mobilité et les objectifs environnementaux, nous devons nous concentrer sur la propulsion électrique à batterie. Tout le reste est un gaspillage d’énergie régénérative limitée », a en effet estimé Herbert Diess. En novembre 2019, le groupe Volkswagen prévoyait déjà de débloquer 60 milliards d’euros d’ici à 2024 et de les injecter dans l’electromobilité.

Éteindre progressivement la flamme

Toutefois, la direction du groupe Volkswagen assure que la production de véhicules au gaz naturel ne s’interrompra pas abruptement. Les versions GNV de la gamme ne devraient tout simplement pas être renouvelées au sein du catalogue. Et puisque le cycle de vie moyen d’un véhicule est de sept ans, l’abandon total du GNV pourrait donc prendre un peu de temps.

Le constructeur automobile risque cependant de ne pas être le seul à bouder la filière du GNV. Et pour cause : en favorisant très largement les véhicules à batteries et hydrogène au détriment d’autres carburants verts comme le biogaz, la Commission européenne tend à orienter le marché vers une extinction à terme des motorisations au gaz. Les instances de Bruxelles doivent donc se réunir en 2023 afin de délibérer sur un nouveau mode de calcul des émissions de CO2, basé cette fois sur une analyse complète du cycle de vie. Des discussions dont l’issue pourrait bien s’avérer décisive pour le GNV.

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