Vignettes Crit’Air : comment elles ont influencé l’actuel parc automobile

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Mises en place en 2017, les vignettes Crit’Air servent de baromètre pour reconnaître les voitures les plus polluantes en circulation. Le CGDD a donc évalué l’impact de ce dispositif sur le parc roulant français depuis trois ans.

Les voitures relevant de la vignette Crit’Air 2 sont les plus nombreuses sur nos routes. © DR
Les voitures relevant de la vignette Crit’Air 2 sont les plus nombreuses sur nos routes. © DR

Le parc automobile hexagonal totaliserait 52 millions de voitures pour 67 millions d’habitants. Mais est-il suffisamment « propre » ? Si l’on en croit les résultats d’une étude menée par le Commissariat général au développement durable (ou CGDD et rattaché au ministère de la Transition écologique), « ce sont les voitures relevant de la vignette Crit’Air 2 qui sont les plus nombreuses ». Soit les diesels immatriculés à partir du 1er janvier 2011 ou les véhicules essence vendus entre 2006 et 2010. Avec les Crit’Air 3, cette catégorie représente donc 6 véhicules en circulation sur 10 et il s’agirait « de véhicules diesel dans 72 % des cas ». De quoi faire tousser…

Un parc vicié car vieillissant

Si on trouve plus fréquemment des Crit’Air 1 (18 % des voitures en circulation) que des Crit’Air 4 (environ 11 %), les Crit’Air 0 s’avèrent encore largement minoritaires. Réservée aux voitures électriques, la catégorie la plus vertueuse ne correspond en effet qu’à 0,3 % des vignettes délivrées depuis 2017 et l’adoption de ce dispositif environnemental. Parallèlement, le CGDD souligne que les véhicules classés Crit’Air 3, 4 ou 5 et non classés représentent 48 % du parc total en circulation, et plus de la moitié « dans les communes rurales isolées ». Contre 87% en 2011, cependant.

Ces voitures anciennes et particulièrement polluants – compte tenu d’une motorisation diesel répandue à la plupart des modèles de l’époque – ne sont toutefois pas près de quitter nos routes de sitôt. Pour cause : « Si le rythme de renouvellement du parc reste identique à celui de 2018, il faudra environ neuf ans pour que l’ensemble des voitures classées Crit’Air 3, 4, 5 et non classées ne soient plus en circulation  », prévient le CGDD. À moins que le rythme actuel de renouvellement ne s’accélère, motivé par la prime à la conversion. Celle-ci peut aller jusqu’à 3 000 € pour l’achat d’un véhicule thermique neuf ou d’occasion et jusqu’à 5 000 € pour l’acquisition d’un véhicule électrique ou hybride rechargeable.

Le gasoil avale les bornes

Alors qu’au début du mois de février l’âge du parc automobile français a passé la barre symbolique des 10 ans et confirmé que le kilométrage moyen s’allongeait, un autre fait vient prouver qu’il y a encore du chemin à parcourir avant d’atteindre des axes « zéro émission ». Dans l’étude du CGDD, il ressort en effet que l’essentiel des kilomètres parcourus l’est avec un véhicule diesel.

« En 2018, les voitures ont parcouru 470 milliards de kilomètres, dont 40 % ont été effectués par des véhicules éligibles à la vignette Crit’Air 2 et 28 % par des Crit’Air 3 », assure le Commissariat général au développement durable. Néanmoins, parmi les Crit’Air 2, on dénombre une majorité de « véhicules diesels récents qui circulent beaucoup (18 900 km annuels) ». Une infime bouffée d’air ?

Retrouvez ici la classification Crit’Air des véhicules :

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Mots clefs associés à cet article : Diesel, Véhicule électrique, Pollution, Environnement, Vignette, Crit’Air

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