[Vidéo] FMMC : L’influence de WLTP sur la future car policy des entreprises

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Pour sa première soirée de l’année 2019, le Fleet & mobility managers club s’interrogeait sur les conséquences du protocole WLTP sur le pilotage des car policies des entreprises et la maîtrise des TCO. Les invités, Stéphane Copie et Frédéric Lopes, se sont prêtés avec beaucoup de pédagogie au jeu des questions/réponses.

Sans doute fallait-il commencer par un petit historique et rappeler, comme l’a fait Stéphane Copie, président de la commission Opérations du Sesam LLD (Syndicat des entreprises des services automobiles en LLD et des mobilités), que depuis septembre 2017 les constructeurs ont changé leur méthodologie d’homologation. Ils ont abandonné pour les nouveaux véhicules particuliers (VP) le protocole NEDC (New European Driving Cycle) au profit du protocole WLTP (Worldwide harmonized Light Vehicles ou « procédure d’essai mondiale harmonisée pour les véhicules ») pour tous les nouveaux VP. Un an plus tard, l’homologation WLTP devenait obligatoire pour tous les VP, et c’est sur les valeurs WLTP que le 1er janvier 2020 seront calculés la TVS et le malus écologique.

Avec ce protocole, on s’oriente vers des consommations plus proches de la « vraie vie » car, pour les tests, les vitesses moyenne et maximum ont été augmentées, tout comme leur durée alors que les températures auxquelles ils doivent être effectués s’inscrivent à la baisse. WLTP oblige aussi les constructeurs à mesurer les émissions en situation de conduite réelle (RDE pour Real Driving Emissions).

Une remise en question des car policies

Pour les émissions de CO2, ce sont des valeurs WLTP « converties » en valeurs NEDC (NEDC corrélé) qui servent encore jusqu’au 31 décembre 2019. « Le passage de NEDC à NEDC corrélé ne s’est pas fait sans douleur » explique Frédéric Lopes, country sales manager chez Jato. Qui précise : «  Il se traduit par une augmentation moyenne d’un peu plus de 9 g/km de CO2. Quant au passage de NEDC corrélé à WLTP, il se caractérise par une nouvelle augmentation moyenne de 25 grammes. »

Ces augmentations auront un impact fort sur le marché automobile global. Si l’engouement pour les SUV ne devrait pas se démentir – pour y répondre l’offre des constructeurs se démultipliera sans doute sur tous les segments –, on devrait constater à terme une disparition des plus petites des citadines. Pour Stéphane Copie, il n’y a aucun doute : « WLTP exige une remise en question complète des car policies des entreprises. »

L’exemple du Portugal

L’exemple du Portugal où WLTP est entré en vigueur au 1er janvier 2019, quelques mois après la Finlande, l’illustre parfaitement. Comme l’a analysé Frédéric Lopes en partant de l’offre constructeur disponible sur le sol portugais, un marché dont la structure est assez proche de celle du marché français, le passage de NEDC corrélé à WLTP a un fort impact sur la fiscalité automobile. Sur près de 2 800 VP homologués WLTP, plus de 2 700 ont des émissions supérieures à 116 g/km, c’est-à-dire qu’ils sont éligibles au malus tel qu’il est institué en France.

Exemples de véhicules commercialisés au Portugal et en France
VéhiculesCO2 (NEDC) g/kmMalus 2019 (NEDC) €TVS 2019 (NEDC) €CO2 (WLTP) g/kmMalus 2019 (WLTP) €TVS 2019 (WLTP) €Augmlentation malus €Augmentation TVS €
Renault Clio 0.9 TCE 90 Limited 113 0 508,50 132 210 858 210 349,50
Peugeot 3008 1.2 PureTech 130 Allure Auto 115 0 517,50 156 2453 2028 2453 1510,50
Peugeot 308 1.5 BlueHDI 100 Style 97 0 194 121 55 786,50 55 592,50
Renault Mégane 1.5 DCI 115 Blue Zen 102 0 459 118 40 531 40 72
VW Tiguan 2.0 TDI 150 DSG7 Confortline 123 65 799,50 160 3113 2080 3048 1280,50
BMW Serie 3 2.0 318D Lounge Touring 115 0 517,50 150 1613 1950 1613 1432,50

Dans certains secteurs d’activité, le BTP notamment, les augmentations à venir sont de véritables « coups de poignard » ; elles vont faire flamber les TCO. Les pouvoirs publics pourront-ils maintenir sur le long terme les mêmes barèmes de TVS ? La question est posée…, et la réponse est (peut-être) dans la loi de finances 2020.

En attendant, les gestionnaires s’interrogent pour savoir s’ils pourront monter en gamme avec des accessoires ou changer de monte de pneumatiques une fois le véhicule en parc. Sur ce point, les pouvoirs publics sont vigilants et pourraient exiger la présentation au nouveau contrôle technique du véhicule tel qu’il a été livré, la facture faisant foi.

Mots clefs associés à cet article : Club, WLTP

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