[Vidéo] Essai - My Ami Cargo, compagnon des pros

Publié le par

Presque un an après le lancement de sa voiturette sans permis au look de Rubik’s Cube, Citroën décline désormais son quadricycle citadin électrique en version utilitaire de poche. Et ne vous fiez pas à son allure de joujou : l’engin a plus de coffre qu’il n’en a l’air !

Après l’échec de la Twizy chez Renault, on pensait que les constructeurs tricolores se montreraient plus frileux en matière de design atypique sur le segment des véhicules compactés. Force a été de constater que Citroën n’avait pas froid aux phares lorsque la marque aux Chevrons a présenté, l’été dernier, son petit Ami. Moins futuriste que son prototype One concept révélé en 2019 mais assumant pleinement son esthétique de grille-pain rondouillard et ses 45 km/h maximum, cet OMVI (objet de mobilité visuellement identifiable) pilotable sans permis comptabilise déjà plus de 4 000 commandes en France, dont 10 % au sein de sociétés. Fort de cette adhésion, une mouture s’adressant aux professionnels – « qui sont venus à nous, en amont de notre réflexion, avec des besoins », précise Jérôme Gautier, directeur de Citroën France – a été imaginée.

Taillé pour se faufiler en ville, le biplace devient ainsi monoplace et se rebaptise My Ami Cargo. Toujours 100 % électrique, ce véhicule appartenant à l’univers des quadricycles léger entend apporter une réponse concrète aux contraintes du dernier kilomètre pour les livraisons (qui s’intensifient avec l’essor du e-commerce), à la multiplication des ZFE à l’accès restreint et aux difficultés de stationnement en zones urbaines. Pour cause : ce poids plume boxe dans la catégorie des moins de 2,50 mètres de long (2,41 sous la toise précisément). Avec son rayon de braquage de 7,20 mètres, se garer pourrait même devenir une partie de plaisir si on omet l’absence de direction assistée – qui rend le volant un brin rigide à manœuvrer mais ne retire rien en termes de maniabilité – et sa marche arrière nerveuse.

Une belle ressource de mobilité en flotte

Hormis ces minuscules désagréments – auxquels pourraient s’ajouter un clignotant qui ne se retire pas automatiquement, des rétroviseurs extérieurs semblables à des miroirs de poche, un siège en plastique dur et des commandes de conduite cachées au niveau du fessier –, My Ami Cargo ne manque pas d’atouts.

À commencer par l’habitacle, qui aurait pu sembler étriqué mais se trouve baigné de lumière par un toit ouvert. L’aménagement intérieur contient le strict nécessaire mais tout ce qui compte pour un pro se trouve à portée de main : porte-gobelet, porte-documents, trappe fermée, nombreux grips, range-crayons et interstices où caler un smartphone faisant office de navigateur. On apprécie aussi le côté vintage des vitres latérales qui rappellent fortement celles de la 2 CV. Mais le véritable intérêt de ce petit véhicule aux grandes ambitions, qui conserve les caractéristiques de sa variante VP avec sa batterie de 5,5 kWh (rechargeable en 3 heures sur une prise standard 220 V grâce à un câble d’alimentation dissimulé dans le montant de la portière, à l’image d’un cordon d’aspirateur) et son autonomie de 75 kilomètres, réside dans ses performances de manutention.

My Ami Cargo peut ainsi transporter jusqu’à 140 kg de charge utile, l’ancienne zone passager se voyant transformée en un espace de rangement de 260 litres. Une paroi de séparation protège le conducteur des objets embarqués mais aussi des regards malveillants, tandis qu’une tablette escamotable et modulaire, supportant jusqu’à 40 kg de dépose, peut faire office de bureau mobile. Enfin, un plancher plat ajustable peut permettre de gagner en quantité de contenance là où chaque cm3 compte. Toutefois, si la portière côté conducteur s’ouvre de manière inversée pour permettre au chauffeur/livreur de sortir avec rapidité, celle côté chargement s’entrebâille peut-être insuffisamment pour sortir des colis volumineux.

L’Ami de votre banquier

Sa frugalité en matière d’Adas précédemment abordée explique aussi son prix à l’image de son gabarit. Proposé à 6 490 euros, bonus écologique de 900 euros déduit, My Ami Cargo suit le même mode de distribution que sa version VP. Le véhicule est ainsi disponible par Internet, dans le réseau Citroën et dans certains magasins Fnac/Darty, dans un délai de livraison de cinq semaines. Une formule de location longue durée est aussi avancée, pour environ 24 à 101 euros par mois, offre modulée de 24 à 48 mois selon la mensualité désirée. De même, « son coût d’entretien réduit joue en sa faveur », rappelle Jérôme Gautier. Un tarif persuasif et une maintenance dégressive qui a séduit de nombreuses entreprises aux profils divers et aux usages variés, des grands groupes aux PME et start-up.

Si Fnac et Darty utiliseront l’Ami Cargo pour la livraison, Suez s’en servira pour les trajets intra-sites de ses collaborateurs et l’Île de Noirmoutier pour ses déplacements administratifs et au sein de ses campings. Après une phase de test cet été, le quadricycle pourrait même « contribuer aux animations touristiques et à la livraison de courses pour les personnes âgées qui vivent sur l’île à l’année », expose Sophie Chartier, première adjointe à la mairie de Noirmoutier, qui s’avoue amatrice du côté insolite de l’Ami. Une originalité également mise en avant par Alexandre Conflitti, CEO de Hdrones, pour qui la structure tubulaire de l’Ami la rend plus sécuritaire qu’un vélo, tout en offrant un abri protecteur en cas d’intempéries. Par contre, le ressenti sur pavés reste le même…

Les secteurs d’activité concernés sont donc multiples, à l’image des possibilités de personnalisation et de stickage de la carrosserie de l’Ami, ce qui en fait un véritable outil de communication publicitaire ambulant – mais pas forcément laid, étrangement. Enfin, puisque My Ami Cargo peut se piloter sans permis de conduire, les professionnels pourront ouvrir leur recrutement à des personnes n’étant pas détentrices du fameux sésame. Une aubaine en temps de crise où le chômage (des jeunes notamment) explose.

Le monopole du car ?

Comme on ne peut s’empêcher d’opposer les constructeurs tricolores, on se demande si ce nouvel Ami viendra concurrencer la Dacia Spring Cargo ? Au regard de sa fiche technique, eh bien pas vraiment. Lucide sur ses capacités, My Ami Cargo n’a pas été conçu pour se substituer aux utilitaires classiques. L’engin s’inscrit plutôt comme le chaînon manquant entre la voiture et le vélo, élargissant ainsi la gamme VU de Citroën de ce quadricycle au gros fourgon électrique e-Jumpy (et même Jumpy hydrogène bientôt).

Se montrant apte à partir à la conquête d’un public nouveau – 81 % de la clientèle de l’Ami n’avait jusqu’alors jamais acheté chez la marque aux Chevrons –, un déploiement de ce produit à l’international est envisagé car « c’est un objet à fort potentiel », affirme Jérôme Gautier. Le directeur de Citroën France avance aussi « plein d’idées pour son avenir, et pourquoi pas une collection chaque année ». On a hâte de découvrir les nombreuses facettes de cette perle baroque. Si, auprès des pros, ce bon Ami Cargo se démarque donc comme une alternative unique, attention cependant à la future Mobilize EZ-1 du Losange, en embuscade sur le créneau des particuliers.

Mots clefs associés à cet article : Citroen, Véhicule électrique, Entreprises, Livraisons, vidéo

Voir aussi :

A la une
Suivez-nous Twitter Linkedin Facebook
Newsletter