Viasat Connect analyse l’impact du Covid-19 sur les déplacements flottes

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En étudiant les données kilométriques de ses véhicules gérés, le télématicien Viasat Connect a tiré le bilan de l’activité des entreprises en Europe et en Afrique, ainsi que de leur capacité d’adaptation en temps de Covid-19. Sur ce point, les professionnels français semblent à la traîne…

En France, la reprise de l’activité au 13 mai n’atteignait que 70 %, niveau parmi les plus faibles d’Europe avec l’Italie. (© Gerd Altmann/Pixabay)
En France, la reprise de l’activité au 13 mai n’atteignait que 70 %, niveau parmi les plus faibles d’Europe avec l’Italie. (© Gerd Altmann/Pixabay)

Bien que le Covid-19 n’ait pas disparu, le déconfinement de l’économie a été actée le 11 mai en France et chez la plupart de ses voisins. Une reprise qui n’est cependant pas synonyme de relance partout en Europe, comme en témoigne l’étude publiée par l’un des principaux acteurs de la gestion de flotte, Viasat Connect. La filiale française du groupe Viasat, leader de la télématique B to B présent dans une dizaine de pays du Vieux Continent de même qu’à l’international, possède dans son portefeuille de clients des TPE, des PME ou encore des ETI. Un panel diversifié qui permet à Viasat Connect de dresser un état des lieux de l’activité des entreprises touchées par la crise sanitaire via le nombre de kilomètres enregistrés par leur parc de véhicules.

Scission entre Europe du Nord et Europe du Sud, de l’Ouest et de l’Est

Prenant la distance parcourue par les engins équipés de sa solution de géolocalisation comme indicateur de la vitalité économique de ses clients pro, Viasat Connect a mis en évidence les retombées de la pandémie selon les régions. Et autant dire que les disparités sont légion au sein de l’Europe, d’abord entre l’Ouest et l’Est. Les entreprises de l’Ouest ont ainsi subi les plus grosses pertes, tombant même à 33 % de leur activité d’avant Covid-19 en période de confinement. Nombre d’entre elles n’ont d’ailleurs pas encore récupéré leur niveau initial tandis qu’à l’Est, moins touché par le Covid-19, l’activité est demeurée à peu près stable. De grands pays tels que la Pologne se sont même très bien adaptés et ont retrouvé leurs taux pré-pandémie notamment parce que la plupart des sociétés locales sont issues du secteur du transport de marchandises, filière qui n’a presque pas eu à endurer de coup d’arrêt.

La fracture se dessine également entre les entreprises situées dans les pays du Nord (Allemagne, Belgique, Suisse et même Royaume-Uni, celui-ci étant dans une position intermédiaire) et celles basées dans les pays du Sud (Italie, Espagne, France). Ces dernières ont connu une chute de leur activité plus importante que les nordistes et, au 13 mai, encaissent encore le coup. L’exemple de la France par rapport à la Belgique illustre de façon éloquente ce contraste.

La France en manque de flexibilité comparé à la Belgique ?

À en croire les observations de Viasat Connect, les entreprises françaises ont connu l’une des suspensions les plus brutales de leur activité, n’assurant que 27 % de celle d’avant-crise, les déplacements se limitant souvent à quelques maintenances urgentes. Le décrochage est encore plus flagrant lorsqu’on sait que le 16 mars 80 % des activités étaient assurées contre 29 % dès le 18 mars. Un repli tel que remonter la pente s’avère plus long : en France, la reprise de l’activité au 13 mai n’atteignait que 70 %, niveau parmi les plus faibles d’Europe avec l’Italie – pays le plus durement touché par la crise sanitaire. En comparaison, les sociétés de son voisin belge ont tourné a minima à 45 % et ont su retrouver 95 % de leur activité d’avant Covid-19 au 13 mai.

Ces chiffres prouveraient-ils donc que les entreprises de l’Hexagone ont moins bien passé le test de la pandémie en termes d’adaptation ? Oui, mais pas que. Comme en convient Viasat Connect, « à l’image de tous les indicateurs “ haute fréquence ” d’activité (paiements par carte de crédit…), l’indicateur “ kilomètres parcourus par les entreprises ” a des limites ». Le taux d’installation des dispositifs de gestion de flotte par pays a en effet un poids fondamental dans les données relevées. Alors que le taux d’utilisation des équipements de géolocalisation professionnelle est élevé dans les pays du Nord (souvent supérieur à 50 %), il plafonne à environ 20 % en France. Sans oublier que ce taux d’installation diffère grandement suivant les secteurs, le BTP, la livraison et le transport en étant friands, contrairement aux domaines commerciaux.

L’Afrique, un cas à part

La filiale belge du groupe Viasat, Emixis, couvre une vingtaine de pays sur le continent africain, dont le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie, le Sénégal ou encore Congo. Une clientèle qui méritait, par conséquent, d’être également étudiée. Il ressort ainsi de l’étude de Viasat Connect que «  les entreprises de ces pays majoritairement francophones ont été touchées plus tardivement que les entreprises européennes », donc avec une magnitude moins forte. Sur la période étudiée, leur activité a été d’environ 80 % de celle d’avant Covid-19. Néanmoins, le retour au niveau pré-pandémie s’avère à peine perceptible, la faute à « des effets de déstockage de produits manufacturés en Europe [faisant] que la demande occidentale en matières premières africaines restera réduite pour un temps encore », avance Viasat Connect.

Mots clefs associés à cet article : Flotte, Télématique embarquée, Études, Entreprises, Gestion de parc, Géolocalisation, Locster, Coronavirus Covid-19

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