Vers une double grille du malus écologique ? Interview exclusive du député Damien Pichereau

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Un amendement au projet de loi de finances 2019 vise à créer une double grille de malus avec une différenciation des motorisations essence et diesel. Porté par le député LREM Damien Pichereau (Sarthe), il sera débattu en séance en début de semaine prochaine. Interview…

Damien Pichereau, député LREM de la Sarthe.
Damien Pichereau, député LREM de la Sarthe.

A&E : Dans le cadre du PLF, vous souhaitez mettre en place une double grille de malus écologique. Pourquoi ?
DP : Cet amendement, auquel j’avais déjà réfléchi quand j’étais commercial dans l’automobile, répond à la volonté de taxer les véhicules qui émettent le plus de CO2, mais aussi ceux qui polluent le plus avec les particules fines. Pour que cela reste facile à calculer, je suis parti de la différence d’émissions de CO2 entre un diesel et un essence, soit 20 % environ. Nous l’avons appliquée de manière mathématique au tableau du malus proposé par le Gouvernement pour créer une double grille. Le diesel pourrait être « malussé » de 50 euros à partir de 98 g/km pour atteindre 10 500 euros au-dessus de 166 g/km. Ainsi, par exemple, l’achat d’un véhicule 130 chevaux sera taxé de la même manière, qu’il soit essence ou diesel. Cette grille garde l’avantage de ne pas toucher les petits véhicules les plus vendus.

A&E : Le marché des flottes se compose encore de près de 80 % de véhicules diesel. Cette disposition risque de toucher fortement la gestion des parcs.
DP : Les parcs actuels ne seront pas concernés puisqu’il s’agit d’un malus à l’acquisition. La question se posera au moment des renouvellements. Une entreprise souhaitant renouveler sa flotte doit d’abord se poser la question des nouvelles énergies. Celle qui continuerait à prendre du gazole ferait une erreur parce qu’à terme elle s’empêcherait de rentrer dans certains cœurs de ville. Mais surtout, le prix du gazole va continuer d’augmenter à cause de la raréfaction du pétrole. Les prix seront impossibles à assumer. C’est pourquoi il leur faut réfléchir à la transition énergétique et à la rationalisation des usages : quels types d’énergies choisir et comment optimiser les déplacements ?

A&E : Où en est le vote de cet amendement ?
DP : Il a été voté et salué en Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire mais rejeté par la Commission des finances. Nous aurons l’occasion de le défendre et d’en parler en séance en début de semaine prochaine. Les débats seront vifs !

Retrouvez l’intégralité de notre interview du député Damien Pichereau dans le prochain numéro de L’Automobile & L’Entreprise.

Mots clefs associés à cet article : Véhicule électrique, Bonus-malus, Projet de loi, Transition énergétique

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