Véhicule autonome : il séduit autant qu’il interroge

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Les Français sont-ils prêts à accepter le véhicule autonome dans leur vie quotidienne ? C’est ainsi que la Macif, en partenariat avec l’institut de recherche Vedecom, a titré la première édition de son baromètre. Sondant l’acceptabilité de cette mobilité sans chauffeur, l’étude met en exergue bien des contradictions.

Le constructeur suédois Volvo se lance dans la course à la voiture autonome avec un concept car futuriste, le 360c. © Volvo
Le constructeur suédois Volvo se lance dans la course à la voiture autonome avec un concept car futuriste, le 360c. © Volvo

Sommes-nous prêts à lâcher les commandes de notre voiture et à faire la sieste au volant ? Pas vraiment, avance la première édition du baromètre Vedecom & Macif sur l’acceptabilité du véhicule autonome. Fruit d’un questionnaire mis en ligne du 7 au 27 juillet 2020 et s’appuyant sur un panel de plus de 4 000 répondants représentatifs de la population française, cette étude révèle que 70 % des Français expriment une vision positive vis-à-vis de ce mode de déplacement, bien que 64 % considèrent la présence d’une personne à bord comme indispensable. Pour autant, ils sont également 88 % à n’en avoir jamais vu et 97 % à n’en avoir jamais expérimenté (des taux plus importants en zone rurale qu’en zone urbaine) ! Un paradoxe que Yann Arnaud, directeur du département innovation au sein de la Macif, expliquerait par le fait qu’ « il y a une fort attente sur ce type d’objet technique que sont les véhicules autonomes, même si ce n’est encore que théorique. »

La confiance s’accorde avec la connaissance

Pour pallier à cette méconnaissance, un travail de pédagogie voire des formations semblent donc nécessaires à entreprendre. L’enquête montre en effet que plus les Français en savent sur le véhicule autonome, plus ils sont enclins à l’utiliser régulièrement comme mode de déplacement. Pour 6 répondants sur 10, il a même un rôle à jouer dans le transport de marchandises ou de personnes, surtout pendant la crise sanitaire qui préconise de limiter les contacts humains. Le développement accru des navettes autonomes en témoignerait.

Néanmoins, chez les jeunes de 18 à 24 ans, le constat apparaît plus mitigé. Parmi cette population technophile, seuls 27 % font confiance au véhicule personnel à l’autonomie de niveau 3 et 40 % d’entre eux seulement se sentent concernés par le déploiement de ce mode de transport. « Ces derniers sont en effet très conscients des enjeux du véhicule autonome, notamment en ce qui concerne la question de la protection des données » dans ces engins ultra-connectés, justifie ainsi Stéphanie Coeugnet-Chevrier, chercheuse chez Vedecom. Elle avance également que les plus jeunes seraient aussi plus motivés par la mobilité partagée mais disposés à se laisser convaincre par le véhicule autonome sous certaines conditions...

Pour être adopté, le véhicule autonome doit être électrique

L’un des principaux critères que devra remplir le véhicule autonome pour s’intégrer dans notre quotidien futur sera de respecter l’environnement. À l’heure où les objectifs sont à la réduction des émissions polluantes, presque trois quart des sondés attendent ainsi un déploiement du véhicule autonome écologique et assurant de contribuer au verdissement de la mobilité.

Mais ce n’est pas tout. Le véhicule autonome devra également être un facteur de préservation de l’emploi. Environ 70 % des personnes interrogées s’inquiètent en effet de voir la machine supplanter l’humain. Or si, selon les mots de Yann Arnaud, « le véhicule autonome doit constituer une nouvelle solution là où il n’y en a pas », le déploiement de ce mode de transport dans les territoires peu denses « peut au contraire faire progresser l’accès à l’emploi », rassure Stéphanie Coeugnet-Chevrier.

Le véhicule autonome : une attente plus terre-à-terre

Par conséquent, le succès du véhicule autonome dépendra de la valeur ajoutée qu’il sera à même d’apporter au quotidien. Mais la chercheuse de l’institut Védecom se veut confiante : « Autrefois il existait une défiance envers le régulateur de vitesse alors qu’aujourd’hui il est intégré dans la majorité des voitures et accepté sans problème. C’est un schéma similaire que suivra le véhicule autonome à l’avenir », affirme Stéphanie Coeugnet-Chevrier. A fortiori puisqu’une grande diversité d’acteurs et de services seront concernés par le véhicule autonome, des livreurs aux chauffeurs de taxis.

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Dormir dans le concept-car autonome 360 C : c’est possible assure Volvo. © Volvo

Une idée que poursuit également Damien Adam, député de Seine-Maritime. « Cette technologie finira par arriver, c’est une question de moyens, tandis que l’acceptabilité des gens, elle, ne se contrôle pas. Il est donc important de préparer et d’organiser un cadre législatif clair dans lequel il s’inscrira », met-il en avant. Car l’accidentalité des véhicules autonomes demeure encore un point de friction non-négligeable. Toutefois, comme le fait valoir Yann Arnaud, directeur du département innovation au sein de la Macif (qui gère 1,5 millions de sinistres par an) : « la résonnance médiatique que peuvent avoir les accidents de véhicules autonomes est due à l’espoir qu’ils génèrent. Mais, à présent, leur approche est plus raisonnable, on n’est plus dans la sur-promesse. » Une lucidité technique et sociale qui devrait donc permettre au véhicule autonome d’entrer progressivement dans nos mobilités quotidiennes comme les EPDM avant lui.

Mots clefs associés à cet article : Véhicule électrique, Études, Véhicules autonomes, Macif, Mobilités

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