Usages selon les générations et les régions : la fracture automobile décryptée

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L’Observatoire Cetelem de l’automobile a dévoilé son étude annuelle. Celle-ci analyse l’évolution des moyens de transport et la perception de la voiture en fonction de l’âge et du lieu de résidence. Avec des résultats qui en disent long sur l’avenir de nos mobilités…

Usages selon les générations et les régions : la fracture automobile décryptée

Qu’en sera-t-il de l’automobile de demain ? La géographie a-t-elle un impact sur les déplacements et les habitudes des conducteurs ? Autant de questions auxquelles l’Observatoire Cetelem de l’automobile s’est engagé à apporter des éléments de réponse au travers d’une enquête menée dans quinze pays du monde.

De la France à la Chine en passant par l’Allemagne et l’Afrique, 10 000 individus de 18 à 65 ans ont ainsi donné des renseignements sur leurs usages automobiles. Et ce, afin d’établir une cartographie la plus exhaustive possible de nos modes de transport, présents ou à venir.

Sud/Nord, ville/campagne : deux mondes parallèles

Il fallait s’y attendre, la voiture n’a pas la même place dans notre quotidien suivant que l’on habite dans l’hémisphère Nord ou bien plus proche de l’Antarctique. Alors qu’il y a 821 véhicules pour 1 000 Américains et 581 pour 1 000 Européens, l’Afrique n’en compte que 42 et l’Amérique du Sud 176 (un chiffre proche de la moyenne globale, établie à 182 pour 1 000 habitants). Pour autant, ces deux continents enregistrent une croissance à deux chiffres – respectivement + 35 % et + 60 % – quand le Nord accuse des tendances moindres (+ 6 % et + 9 %). Preuve qu’une nouvelle clientèle émerge…

Ces disparités évidentes se retrouvent également entre zones rurales et urbaines. Ainsi, quand 66 % des personnes logeant une ville de plus d’un million d’âmes assurent qu’elles pourraient très bien se passer de posséder une voiture, elles ne sont plus que 52 % dans une localité de moins de 20 000 habitants. Un bilan qui pourrait s’expliquer par la densité du maillage des transports en commun, moins important hors agglomérations.

C’est également pour cela que 67 % de résidents en métropoles renoncent à certains trajets en voiture si le carburant s’avère trop cher, contre seulement 32 % des ruraux, pieds et poings liés à leur volant pour entreprendre un déplacement.

Le véhicule neuf ne fait plus recette… sauf pour les entreprises !

Acheter un véhicule neuf n’est plus un prérequis pour se déplacer en voiture. Il faut dire qu’avec l’essor des nouvelles impulsions de mobilités comme le covoiturage (plébiscité par 17 % de personnes dans le monde et notamment les jeunes) ou encore l’auto-partage (phénomène à la marge toutefois, seuls 12 % s’y adonnant en moyenne plusieurs fois par mois), l’achat de VPN en a pâti. À l’échelle planétaire, c’est même un recul de 4,4 % qu’accuse le marché en 2019.

Et cette tendance est encore plus marquée au niveau des ménages français : en 2009, ils constituaient 67 % des acheteurs de véhicules neufs contre 33 % des sociétés. Dix ans plus tard, les proportions se sont quasi inversées puisque plus de la moitié des ventes (55 %) se font désormais aux professionnels, les ménages, eux, préférant se fournir auprès du secteur de l’occasion.

Des générations qui prônent une (r)évolution

À noter également que, si l’attachement à la voiture demeure prégnant, surtout auprès des 18-34 ans (84 %), sa possession ne semble plus si nécessaire à cette même tranche d’âge (61 %). Synonyme de liberté, la voiture l’est aussi de rejet d’émissions pour une génération particulièrement sensibilisée aux changements climatiques. L’alternative : mutualiser le véhicule, quel qu’il soit, en vue de préserver l’environnement… CQFD !

Quant au mix énergétique de ses VPN, il a considérablement évolué, politiques anti-pollution obligent. Ainsi, la part du diesel a chuté de 64 % en 2014 à 34 % aujourd’hui au profit de l’essence, passant de 33 % à 58 %. De 3 %, le couplage électrique et hybride a, lui, fait des étincelles jusqu’à atteindre 7 % cumulés. Preuve que notre manière de consommer la mobilité est à repenser et que cela ne fait que commencer.

Pour s’adapter aux besoins de chacun, que l’on constate très différents suivant l’âge et le lieu d’habitation, les constructeurs vont donc devoir élargir leurs offres de transport. D’autant que l’on voit dorénavant apparaître une concurrence entre des opérateurs de services qui n’existaient pas auparavant. En témoigne la SNCF, qui se lance par exemple dans le covoiturage.

Mots clefs associés à cet article : Études, Observatoire, Cetelem, Mobilités

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