Un malus écologique indexé sur le poids des véhicules ?

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Comment enrayer la hausse des émissions de CO2 et inciter les Français à acheter des véhicules moins polluants ? L’institut France Stratégie propose tout simplement de revoir le malus écologique en l’indexant sur le poids et sur l’utilisation en mode électrique.

Dans cette chasse au CO2, les SUV sont particulièrement pointés du doigt.
Dans cette chasse au CO2, les SUV sont particulièrement pointés du doigt.

Dans une note d’analyse qui vient de paraître, Nicolas Meilhan, conseiller scientifique de l’institut France Stratégie, rappelle que les émissions carbone, loin de baisser, viennent de connaître deux années de hausse consécutives. « Et si les constructeurs ont déjà beaucoup travaillé ces dix dernières années sur l’amélioration des rendements des moteurs thermiques, sur l’aérodynamisme et sur l’allègement des voitures, les deux leviers les plus prometteurs sont aujourd’hui la réduction de la taille des voitures et leur électrification », explique-t-il.

Le poids, principale cause de la consommation d’énergie des voitures

Alors, pour atteindre les objectifs de réduction de CO2 fixés par l’Union européenne, d’une part, et par l’État français d’autre part, France Stratégie propose un bonus-malus indexé sur le poids et sur l’utilisation en mode électrique des voitures. « Que la voiture soit à propulsion thermique ou électrique, il convient avant tout de minimiser son poids pour limiter sa consommation énergétique, souligne Nicolas Meilhan. Un bonus-malus indexé non seulement sur les émissions de CO2 comme aujourd’hui, mais aussi sur le poids du véhicule, comme c’est le cas en Norvège, contribuerait à dissuader les ménages d’acheter des voitures toujours plus grosses et plus lourdes. D’autant qu’ils les utilisent le plus souvent en autosolistes », argumente le conseiller.

Un bonus-malus « socialement plus équitable »

Selon la note d’analyse, ce dispositif serait également « socialement plus équitable car il réduirait la fiscalité des véhicules les plus légers et les plus sobres en carburant en augmentant significativement celle des véhicules les plus lourds, les familles nombreuses continuant à bénéficier de minorations ». Sans compter qu’une telle mesure inciterait les constructeurs automobiles à développer des voitures plus légères et plus sobres en énergie, en mettant peut-être fin au développement exponentiel des SUV. « Y compris ces “ tanks ” électriques de plus de 2 tonnes au gain environnemental plus que limité, ajoute Nicolas Meilhan. On pourra ainsi réduire la capacité de batteries nécessaire pour couvrir les besoins de mobilité du quotidien, ce qui rendra les voitures électriques plus abordables et limitera leur impact environnemental lors de leur production », conclut-il.

Rappelons que, selon les derniers chiffres du Comité des constructeurs français d’automobile (CCFA), les émissions de CO2 sont passées de 110 à 114 g/km en août 2018. Une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) démontre que les SUV, représentant 36,26 % des ventes de voitures en 2018 en France, contribuent largement à ces mauvais résultats.

Mots clefs associés à cet article : Véhicule électrique, Véhicule thermique, CO2, Pollution, Bonus-malus

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