Thierry Lespiaucq (Volkswagen Group France) : « Nous avons besoin de stabilité. »

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Depuis 2017, Thierry Lespiaucq gère la filiale française de l’un des leaders automobiles mondiaux. Évoluant au sein de l’organigramme de Volkswagen depuis plus de dix ans, le Président de Volkswagen Group France nous livre les espoirs et inquiétudes de l’entreprise à l’approche d’une nouvelle année qui s’annonce mouvementée…

Thierry Lespiaucq, Président du Directoire de Volkswagen Group France
Thierry Lespiaucq, Président du Directoire de Volkswagen Group France

L’Automobile & L’Entreprise : Voilà plus de deux ans que vous avez pris vos fonctions à la présidence de Volkswagen Group France : quelles sont les évolutions opérées depuis votre arrivée ?
Thierry Lespiaucq :
Les orientations que nous avons prises au sein du groupe sont multiples. D’abord il y a eu un peu de réorganisation sur le plan du management avec l’arrivée de nouveaux Directeurs de marques. Il y a également eu des investissements notables pour la digitalisation du groupe et de nos activités. Notons aussi un phénomène crucial à l’échelle globale : l’annonce de nouveaux contrats de distribution qui seront opérationnels et effectifs, en fonction des marques, à partir d’avril 2020. C’est un virage important. De même, le groupe se prépare activement à l’arrivée des voitures électriques.

A&E : Après de solides résultats de ventes sur les neufs derniers mois de 2019 (+ 6,9%), quels sont vos objectifs pour la fin de l’année ? Et pour 2020 ?
T. L :
Après des années compliquées, 2018, 2019 et 2020 ont été et seront marquées par des avalanches de tests qui toucheront tous les acteurs du marché. Au cours de ces années perturbées, nous avons quand même vu arriver de nouveaux produits tels que le T-Roc, le T-Cross ou le Q2 de Audi, qui prend son rythme de croisière. Tout comme le Q5 hybride rechargeable ou les nouveaux SUV, à l’image du Kamiq chez Skoda ou de l’Arona chez Seat. Bref, la progression du groupe est liée à la production de l’offre.

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Audi Q2

A&E : Golf 8, e-up, ID.3, Audi e-tron, Seat Mii… Comment définiriez-vous la stratégie d’électrification de Volkswagen Group France ?
T. L :
Nous travaillons sur le développement de nouvelles plateformes électriques MEB [plateforme modulaire électrique, NDLR]. L’une pour Porsche et Audi, l’autre destinée aux autres marques et modèles intermédiaires comme l’ID.3, qui sera lancée dans le courant de l’année 2020. C’est donc un investissement majeur. En attendant ces nouveautés, nous avions déjà deux modèles en pur électrique dans la gamme qui sont la e-Golf et la e-up pour Volkswagen, la Citigo et la Mii de Seat, avec une évolution sur l’autonomie allant jusqu’à 260 km (WLTP) et des tarifs particulièrement attractifs – à moins de 16 000 euros après déduction du bonus écologique. En somme, une première démocratisation de la voiture électrique.

A&E : Comment se positionne Volkswagen Group France sur le marché des flottes aux entreprises ? Comment répondez-vous aux attentes des gestionnaires de parc ?
T. L :
La principale nécessité est de proposer aux entreprises des options et des choix techniques qui vont leur permettre à la fois de proposer les voitures qui correspondent aux attentes de leurs collaborateurs. Le but est de ne pas ruiner l’entreprise en malus et TVS tout en lui permettant de remplir des objectifs d’empreinte carbone. Ce sont pour toutes ces raisons que le groupe pousse de plus en plus sur l’électrique et l’hybride rechargeable afin que les niveaux de C02 de ces modèles-là soit incomparablement plus performants que ceux des modèles antérieurs. Bref, proposer aux gestionnaires de flotte les meilleurs produits avec l’empreinte la plus basse.

A&E : Alors que l’heure est au durcissement des normes écologiques, comment Volkswagen Group France entend tirer son épingle du jeu ?
T. L :
En vendant des voitures électriques et hybrides rechargeable dont les modèles commencent à se multiplier dans le groupe. Le groupe souhaite vendre 25% de voitures électriques à l’horizon 2025-2030. Même si nous continuerons à travailler sur des motorisations classiques à côté, nous prônons donc un engagement fort et radical dirigé vers le VE. Notamment grâce à l’ID.3, pour laquelle les ambitions du groupe sont extrêmement importantes.

L’année prochaine sera donc l’année du lancement massif de la voiture électrique. On s’était fixés comme objectif d’atteindre plus de 300 000 voitures vendues en France en 2019 : ce sera chose faite. Pour l’année prochaine, il faudra que l’on puisse franchir un cap supplémentaire avec l’arrivée de ces nouvelles voitures électriques. Après, cela dépendra beaucoup du marché français lui-même, qui est actuellement secoué par le législateur…

A&E : Comment faites-vous pour gérer ces changements encore flous ?
T. L :
Très honnêtement, on devient des gestionnaires de flou. On s’adapte comme on peut alors on prend les options les plus prudentes et on conseille nos clients avec le plus de transparence possible. Après, nous avons notre stratégie de motorisation à long terme et l’on s’y tient : l’électrification, l’hybride rechargeable et, quoi qu’on en dise, le diesel, qui conservera un atout car ils sont de plus en plus propres et des émetteurs de CO2 beaucoup plus raisonnables.

J’ai envie de dire au Ministère de la Transition écologique d’investir dans un réseau de bornes de recharge publique qui fonctionnent et de laisser les constructeurs produire des voitures abordables. Il faudrait également faciliter le cadre législatif dans les copropriétés pour garantir des installations fiables mais pour l’instant, on n’y voit pas clair. Or, pour développer une stratégie à long terme, nous avons besoin de stabilité.

Retrouvez l’intégralité de cette interview dans le n° 251 de L’Automobile & L’Entreprise

Mots clefs associés à cet article : Volkswagen, Véhicule électrique, Marché Flottes, Marché France

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