Tesla Model 3 : vos premières impressions

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La très attendue berline « abordable » du constructeur californien est distribuée en France depuis le début de l’année. À cette occasion, nous avons pu confier son volant à nos experts gestionnaires.

Avec son gabarit plus compact, la Model 3 est beaucoup plus adaptée à nos villes que la Model S ou le Model X.
Avec son gabarit plus compact, la Model 3 est beaucoup plus adaptée à nos villes que la Model S ou le Model X.

On ne présente plus la Tesla Model 3. Celle qui a engrangé près de 500 000 précommandes à travers le monde en quelques mois après sa présentation en mars 2016 – alors que sa conception n’était même pas achevée – est enfin arrivée sous nos latitudes. Depuis le mois de février, les livraisons s’enchaînent en effet à marche forcée sur les différents sites de distribution du constructeur, au point que la Model 3 est devenue au premier trimestre la deuxième voiture électrique la plus vendue en France et qu’elle supplante même les ventes de berlines thermiques premium comme la BMW Série 3, la Mercedes-Benz Classe C ou encore l’Audi A4.

Fidèle à son image d’ovni du monde automobile, Tesla a légitimement préféré favoriser les livraisons de ses premiers clients avant d’organiser des essais pour la presse. Pas de test poussé de l’autonomie ou des capacités dynamiques de la voiture dans ce papier donc, mais il nous a néanmoins été possible de prendre en main l’une des premières Model 3 arrivées en France pendant quelques heures, opportunité que nous avons souhaité partager avec vous.

Laurence Pradeau, responsable du parc automobile de la filiale française de Quantum (lors de ce test réalisé en mars), et Hervé Foucard, chef des Transports automobiles municipaux de la mairie de Paris, ont répondu favorablement à notre invitation et se sont prêtés au jeu pour nous livrer leurs impressions sur cette nouveauté électrique. Une première pour nos deux gestionnaires, déjà familiers des véhicules rechargeables, mais qui n’étaient jamais montés dans une Tesla.

Un univers à part

Depuis la Model S, Tesla s’attache à faire des partis pris audacieux dans ses véhicules. C’est le cas dans la Model 3, dont l’intérieur minimaliste sans boutons physiques est vraiment en rupture avec le reste de la production automobile. La présence d’un coffre supplémentaire à l’avant ou le toit qui ne forme qu’une pièce avec le pare-brise et la lunette arrière sont également des choix qui ont surpris nos gestionnaires. Une différence qui fascine mais qui rajoute également de l’incertitude pour un professionnel des flottes : le toit pare-brise présenté comme incassable par Tesla l’est-il vraiment et n’expose-t-il pas à une réparation coûteuse en cas de fissure ? L’ouverture du véhicule par smartphone est-elle vraiment sécurisée ? Des questions parmi d’autres qui montrent que rouler en Model 3 est aussi un acte d’adhésion au progrès technologique.

Pour l’heure disponible en trois versions en France, la Model 3 ne se monnaie pas en-dessous de 42 600 euros, bonus déduit. Un prix qui l’exclut de bien des car policies mais qui cache de nombreuses économies encore rarement chiffrées par les gestionnaires. Outre les avantages fiscaux, l’électrique reste très compétitif quant à son coût d’usage, et la technologie embarquée dans la Tesla permet également d’avancer des réductions de coûts sur des postes comme l’accidentologie ou le vol.

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L’Automobile & L’Entreprise : Quelles sont vos impressions globales après cette prise en main ?

Hervé Foucard : La Model 3 est un bon véhicule, agréable à conduire et à vivre, dont le rapport qualité/prix (même avec un prix en baisse) devrait le destiner à un marché de niche.

Laurence Pradeau : On reste sur un véhicule statutaire, réservé à des conducteurs cherchant le confort, la sécurité et peut-être aussi la différence avec ce côté avant-gardiste.

A&E : La Tesla Model 3 est-elle un véhicule que vous pourriez envisager dans votre flotte ?

LP : Pourquoi pas, mais il faudrait pour cela travailler notre infrastructure afin de pouvoir accueillir un véhicule électrique et avoir en interne un profil de conducteur éligible à ce type de mobilité.

HF : Non, car elle n’entre pas dans la car policy de la ville de Paris.

A&E : La Tesla Model 3 vous semble-t-elle faire tomber les obstacles à l’adoption du véhicule électrique ?

HF : L’autonomie est effectivement bonne, mais le maillage en bornes rapides me semble encore insuffisant, et le temps de recharge sur une borne domestique reste très long.

LP : Je partage cet avis.

A&E : Les points qui vous ont plu ?

LP : L’impression de sécurité, la puissance de la motorisation, les assistances à la conduite bluffantes, l’habitabilité des deux coffres, et enfin le toit vitré absolument unique.

HF  : Le confort à bord et de conduite, la puissance de la motorisation et les assistances à la conduite.

A&E : Les points qui vous semblent à revoir ?

HF : Les commandes avec le smartphone perfectibles, l’accès peu pratique aux places arrière pour des personnalités (voiture avec chauffeur), l’absence de bouton pour des commandes rapides et directes que le conducteur utilise souvent en marche/arrêt (ventilation, freinage récupératif, etc.).

LP  : L’ergonomie m’a aussi un peu gênée, certains boutons sont difficiles à atteindre pendant la conduite. Le GPS sur grand écran est difficile à lire, et le confort global des sièges me paraît en dessous de la concurrence.

Retrouvez l’essai complet dans L’Automobile & L’Entreprise n° 245

Mots clefs associés à cet article : Tesla, Berline, Véhicule électrique

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