TCO / TCM

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Loi d’Orientation des Mobilités (LOM), Plan de Mobilité employeur, transition énergétique, crise sanitaire et télétravail... le TCO (Total Cost of Ownership ou coût total de détention) qui était l’indicateur de référence pour la gestion de flottes automobile en entreprise depuis de nombreuses années, est-il toujours pertinent ?

TCO / TCM

OUI parce que cet indicateur permet toujours de connaître l’ensemble des coûts d’une flotte de véhicules d’entreprise et d’optimiser les postes de dépenses qui les constituent :

  • l’achat (coût de l’investissement) ou la location des véhicules (loyers) ;
  • les coûts d’entretien et de maintenance, pneumatiques compris ;
  • les coûts d’assurance et des éventuels sinistres ;
  • les dépenses de carburant et plus généralement d’utilisation : stationnement (parcmètres), péages, parkings…
  • les impôts et les taxes afférents aux véhicules, voire les amendes et contraventions.

NON parce que le TCO connaît aujourd’hui des limites surtout depuis que la loi sur les mobilités (LOM) du 26 décembre 2019 a rendu obligatoire, dans les entreprises de plus de 50 salariés travaillant sur un même site, les négociations avec les partenaires sociaux sur la question des déplacements domicile – travail. En cas d’échec de ces négociations, l’entreprise doit mettre en plan un Plan de Mobilité Employeur (PDMe).

LE TCM, UNE NOUVELLE APPROCHE DE LA MOBILITÉ

L’analyse de la mobilité des collaborateurs doit prendre en compte un grand nombre de paramètres. Le TCM (Total Cost of Mobility ou coût total de la mobilité) devient la référence pour élaborer le budget « déplacements  ». Il intéresse la globalité des coûts liées à la mobilité des collaborateurs en prenant en compte :

  • le coût de la flotte de véhicules qui devient un élément parmi d’autres ;
  • l’ensemble des dépenses de : • taxis, train, avion, transports en commun (participation à l’abonnement mensuel) ; • les frais de déplacement : nuitées, restaurants, • autopartage ; • location de véhicules ou de 2-3 roues.
  • les frais de gestion et de traitement de l’information, les frais comptables, etc.

L’analyse fine du TCM permet de mettre en œuvre la politique de mobilité la plus adaptée à l’entreprise. Cette analyse passe par le recueil d’informations sur :

  • les déplacements en général ;
  • l’utilisation des véhicules de société, des véhicules de fonction, des véhicules proposés en autopartage : • la télématique embarquée est un outil indispensable pour connaître la fréquence d’utilisation, le kilométrage parcouru, les consommations, etc. • les cartes carburant ou multi-énergie, les boitiers de télépéages sont des aides à la gestion indispensables.

Attention ! Le recueil d’informations doit se faire dans le respect des réglementations française et européenne et en particulier du règlement général sur la protection des données personnelles (RGPD). Les systèmes de géolocalisation doivent ainsi prévoir un mode « vie privée » qui permet de désactiver le suivi du véhicule. Seul le kilométrage peut alors être relevé.

L’analyse du TCM donne des indications permettant des choix raisonnés pour réussir la transition énergétique d’un parc automobile. Elle va être déterminante pour répondre aux questions qui se posent et en particulier à celles-ci :

  • faut-il loueur ou acheter ses véhicules ;
  • quels sont les véhicules les plus adaptés aux besoins des utilisateurs ?
  • quels sont les collaborateurs qui peuvent encore rouler en véhicule diesel ?
  • faut-il préférer l’hybride ou l’hybride rechargeable ?
  • à quels usages réserver le 100 % électrique ?
À noter
La télématique embarquée permet d’étudier le comportement des conducteurs au volant. Une utilisation non appropriée du véhicule qui se manifeste par une usure prématurée des organes mécaniques et/ou des pneumatiques, une surconsommation de carburant, voire une sinistralité plus importante que la moyenne, a un impact direct sur le TCO comme sur le TCM. Aussi une formation à l’éco-conduite permet-elle d’abaisser le TCM.

Le TCM doit faire l’objet d’une surveillance permanente pour éviter les dérives et pour pouvoir l’améliorer, l’optimiser, sans que cela ait des effets délétères sur la marche de l’entreprise. Pour y parvenir, le responsable de la gestion de la mobilité a pour missions notamment :

  • de comparer le coût des différents modes de transports et de privilégier non pas le moins cher, mais, souvent, le plus « confortable » pour les collaborateurs ;
  • de trouver les solutions de mobilité alternatives les plus adaptées : autopartage, co-voiturage, navettes de liaisons entre les dessertes des transports en commun et l’entreprise, mais aussi - et c’est nouveau - EDP (engins de déplacement personnel) et EPDM (engins de déplacement personnel motorisés) comme les vélos et vélos à assistance électrique, trottinettes et trottinettes électriques, skateboards et autres rollers et gyropodes.
  • de faciliter non seulement les déplacements des collaborateurs, mais également la gestion des frais liés à ces déplacements ce que permettent les cartes carburant, les cartes de crédit professionnels, etc.

À l’échelle de l’entreprise toujours, une politique de mobilité bien conduite — celle qui permet de réduire le TCM — passe aussi par :

  • le développement du télétravail ;
  • la multiplication des réunions par téléphone ou par visioconférence, etc. ;
  • ou encore :
  • l’analyse des comportements des conducteurs afin d’initier des formations à l’éco-conduite ou des sessions de sensibilisation à la prévention du risque routier ;
  • la mise en place d’une instance de concertation : il n’y a pas de politique de mobilité « vertueuse  » et socialement acceptable sans un maximum d’échanges et de transparence dans les décisions. Il est important de recueillir les besoins et les suggestions de l’ensemble des personnels.

TCO – TCM, DES INDICATEURS COMPLÉMENTAIRES

Le TCO prend en compte le coût global de possession d’une flotte automobile d’entreprise. Le TCM intéresse les coûts de mobilité de l’ensemble des collaborateurs de l’entreprise. Complémentaires TCO et TCM permettent une gestion analytique du budget « mobilité  » de l’entreprise et une meilleure maîtrise des coûts.

Ces deux indicateurs sont essentiels pour :

  • aborder le volet « mobilités » des négociations salariales annuelles obligatoires (NAO) et, plus globalement, définir une politique de la mobilité en entreprise ;
  • réussir la transition énergétique d’une flotte de véhicules en contribuant à la prise de décision en faveur de la mobilité électrique encouragée par les facilités accordées par l’État (bonus écologique, prime à la conversion, fiscalité avantageuse) et les politiques des collectivités territoriales (aides diverses, stationnement gratuit, pas de taxe sur les certificats d’immatriculation, etc.).

Mots clefs associés à cet article : Gestion de parc, Loi d’orientation des mobilités (LOM), TCO, TCM

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