Stop au Car Bashing !

Publié le par Olivier Koch, Managing Director PARK NOW France & Suisse

Les municipalités encouragent l’abandon de la voiture en ville en développant les modes de transports alternatifs. La crise sanitaire n’a pas freiné ces projets avec la mise de place de nouvelles pistes cyclables (communément appelés les Coronapistes) et d’aides pour l’achat de vélos. L’espace des voitures a également été grignoté par l’extension des terrasses, dites éphémères mais à visée pérenne, dans de nombreuses villes françaises.

Olivier Koch, Managing Director Park Now France & Suisse / D.R.
Olivier Koch, Managing Director Park Now France & Suisse / D.R.

Ces initiatives sont généralement bien perçues par les citadins qui se réjouissent de la disparition des voitures en centre-ville. 75 % des habitants de Lyon Métropole et 62 % des habitants du Grand Paris sont favorables à la pérennisation de tous les aménagements cyclables provisoires, selon un sondage Ifop pour le Réseau Action Climat. Il serait pourtant faux de considérer que les habitants des grandes agglomérations soient les mieux placés pour parler de la nécessité d’un véhicule personnel. Derrière l’enthousiasme, le camp des réfractaires se fait de plus en plus entendre. Et selon un sondage BMW-Odoxa de mars 2020, 87 % des Français voient toujours la voiture comme une nécessité. Alors quel avenir pour la voiture dans nos sociétés de demain ?

La voiture optionnelle est un mythe

Si le discours public tourne souvent autour du « choix » de prendre ou non sa voiture, pour de nombreux automobilistes, être motorisé n’est pas une option mais une obligation. En 2018, la politique anti-voiture (limitation de vitesse et taxe carbone notamment) était au cœur des premières contestations des Gilets Jaunes. Rien n’a foncièrement changé ces deux dernières années. La France est toujours scindée entre les villes et leurs périphéries. Or cette France périphérique ne dispose pas de modes de transports alternatifs viables.

Même dans les villes, certaines catégories de populations ne peuvent se passer de voiture. L’Etude Eco CO2 a récemment révélé que 30 % du transport scolaire est assuré par les familles en voiture. Dans le cadre professionnel, les téléconférences ne sont une option que pour certains travailleurs du tertiaire. Les artisans, réparateurs, ou encore livreurs ont tous besoin d’accéder aux villes en voiture et d’y stationner !

Il s’agit de regarder ces réalités en face pour adapter les politiques urbaines à cette proportion irréductible de voitures : sortir de la culpabilisation des individus et proposer des options réalistes pour atteindre les objectifs en matière de politique environnementale.

Faire cohabiter voiture et objectifs écologiques

Pour que l’usage de la voiture limite sa nocivité, il est nécessaire de passer par des innovations en termes de technologies, d’infrastructures et d’aménagements urbains.
Le développement de la voiture électrique, déjà en marche, permettra sans nul doute de réduire la pollution atmosphérique. Les technologies prédictives et embarquées (dans le tableau de bord du véhicule) peuvent permettre de réduire le temps passé à chercher une place de stationnement. On considère en effet que 30 % du trafic en zone urbaine est lié à la recherche d’une place de parking.

Les infrastructures urbaines doivent aussi permettre aux automobilistes d’atteindre efficacement leurs destinations sans voiture, le fameux « dernier kilomètre ». Pour ce faire, les agglomérations doivent encourager le développement des transports en commun, et les parkings relais en périphérie, en collaboration avec ces dernières. Elles doivent également réfléchir à une offre de transport multimodale : transports en communs et free floating.

Enfin, les villes peuvent mettre en place une politique incitative plutôt que punitive en instaurant des ZFE (Zone de Faible Émission) comme c’est par exemple le cas à Londres. En hyper-centre, les tarifs de stationnement sont moins élevés pour les véhicules moins polluants. Pour limiter la pollution visuelle, les municipalités peuvent également mettre en avant leur offre de parking en ouvrage et ainsi dégager des places de parking en voirie. Il en existe plus de 600 000 à Paris par exemple. C’est donc une véritable chance pour se réapproprier l’espace urbain, tout en conciliant cette ambition avec une mobilité qui s’adapte aux besoins.

De plus larges changements de société comme le développement du télétravail devraient également permettre de libérer les centres-villes. L’objectif final n’étant pas une illusoire disparition de la voiture, mais plutôt un usage restreint à ceux qui en ont la nécessité.

Mots clefs associés à cet article : Mobilité durable, Parking, Nouvelles mobilités

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