Sécurité routière : les pistes cyclables font ralentir les automobilistes

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Selon une étude réalisée par l’Observatoire des risques routiers et de la mobilité, neuf conducteurs sur dix affirment adopter un comportement plus prudent à l’approche des nouvelles voies réservées aux vélos.

« Les automobilistes vivent comme un inconfort la présence de cyclistes sur la route », avance comme explication Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). © Fédération des Professionnels de la Micro-Mobilité
« Les automobilistes vivent comme un inconfort la présence de cyclistes sur la route », avance comme explication Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). © Fédération des Professionnels de la Micro-Mobilité

Oubliez les dos d’ânes, des radars et les zones 30 : pour faire baisser la vitesse des automobilistes en ville, rien ne vaut les pistes cyclables ! C’est en tout cas le constat que semble établir la dernière enquête menée par l’Observatoire des risques routiers et de la mobilité. Sondant en ligne un panel de 1 004 Français âgés de 18 ans et plus, entre le 10 et le 13 mars dernier, ce rapport met en lumière l’utilité de ces aménagements urbains dédiés aux amateurs de petites reines et leur impact sur le respect des limitations.

Ainsi, à la question « Lorsque vous circulez en auto en ville et qu’il y a des voies cyclables, quelle phrase vous correspond le mieux ? », la grande majorité des personnes interrogées (68 %) ont reconnu redoubler de vigilance et 23 % ralentir carrément. Seuls 8 % ont admis ne pas spécialement adapter leur conduite quand ils dépassent des usagers de deux-roues.

La peur de l’accident

Cette attention accrue vient corroborer les résultats de l’application créée par l’Observatoire, la « communauté des éclaireurs ». Depuis avril 2018, celle-ci a en effet recueilli les données de plus de 166 000 heures de conduite de 1 473 automobilistes volontaires, couvrant plus de 3 591 000 kilomètres. Après analyse, il a été remarqué que, sur une artère limitée à 50 km/h, les conducteurs passent en moyenne 11 % de leur temps de circulation au-dessus de la vitesse autorisée. Néanmoins, ce chiffre chute à 5 % quand une piste cyclable est aménagée dans cette même rue. Le différentiel, bien que moindre dans les zones 30, se vérifie également en passant de presque 20 % à 17,4 %.

Pour cause : « les automobilistes vivent comme un inconfort la présence de cyclistes sur la route et cela suscite chez eux un surcroît de vigilance qui les incite à lever le pied », avance comme explication Olivier Schneider, président de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). Il faut dire que deux tiers des accidents de cyclistes impliquent un automobiliste et que la recrudescence de ce mode de transport, accentuée par la crise sanitaire et le retour des beaux jours, augmente les risques de collisions, parfois dramatiques. Or, à faible allure, les éventuels accrochages qui peuvent survenir s’avèrent peu mortels, d’où le relâchement quasi généralisé de la pédale d’accélérateur près des pistes cyclables.

Néanmoins, toujours selon l’étude de l’Observatoire des risques routiers, la pratique du vélo reste considérée comme dangereuse par la moitié des répondants (48 %). Preuve qu’il reste du chemin à parcourir vers un partage de l’espace urbain en toute sérénité, en particulier sur les axes les plus étroits ou en double sens.

Mots clefs associés à cet article : Vélo, Mobilité durable, Études, Sécurité

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