Sécurité routière : le bilan se dégrade (encore)

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En juillet 2021, 313 personnes sont décédées sur les routes de France métropolitaine contre 293 en juillet 2020, soit une augmentation de 7 % en un an. Comparé au moins de juin dernier, c’est également 24 vies perdues de plus...

Les 313 décès de juillets 2021 sont néanmoins en baisse par rapport à juillet 2019 qui enregistrait 15 tués de plus (soit -~5~%). © Alexander Schimmeck/Unsplash
Les 313 décès de juillets 2021 sont néanmoins en baisse par rapport à juillet 2019 qui enregistrait 15 tués de plus (soit -~5~%). © Alexander Schimmeck/Unsplash

La mortalité ne s’arrange pas, au contraire, la situation ne cesse d’empirer mois après mois. Certes, la détérioration est progressive mais elle est clairement engagée et cela s’avère inquiétant. Les chiffres réduits de 2020, année atypique s’il en est de par les confinements successifs qui l’ont jalonnée, sont en passe de devenir un souvenir, un bug dans la matrice, et c’est bien dommage.

Bien sûr, il fallait s’attendre sur ce mois de juillet, synonyme de départ en vacances, une recrudescence des accidents, mortels ou non. Comme le soulignent les dernières estimations de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), les déplacements lors du mois de juillet 2021 ont été un peu plus importants qu’en juillet 2020 de l’ordre de + 10 % si l’on en croit le dataviz trafic du Cerema. « Ainsi les résultats concernant les accidents et les blessés reflètent la reprise de la mobilité des Français, avec une accidentalité du même ordre que celle des mois de juillet avant pandémie, alors que la mortalité routière est encore inférieure », nuance toutefois l’ONISR.

Les 313 décès de juillets 2021 sont en effet en baisse par rapport à juillet 2019 qui enregistrait 15 tués de plus (soit - 5 %). De même, par rapport à la moyenne des mois de juillet 2015-2019, l’évolution de la mortalité s’établit à - 8 %. Parallèlement, le nombre d’accidents corporels enregistrés par les forces de l’ordre est évalué à 5 006 en juillet 2021, contre 4 970 en juillet 2020 et 5 287 en juillet 2019, soit + 36 % sur un an mais - 5 % sur deux ans. Des variations similaires sont également visibles pour le nombre d’accidents corporels ainsi que de personnes blessées.

Les congés épargnent la vie des cyclistes

Il y a toutefois un point sur lequel juillet 2021 fait mieux que juillet 2020, c’est sur la mortalité cycliste. Avec 23 cyclistes tués le mois dernier, cet indice est inférieur à celui d’il y a un an avec 6 décès de moins – bien qu’il soit équivalent à celui de juillet 2019 (22 tués). Une particularité qui peut se justifier par le fait que les salariés en vacances ne se rendent plus au travail à vélo mais aussi que les novices de la pédale qui s’étaient mis à la petite reine après le premier confinement se montrent peut-être plus vigilants lorsqu’ils circulent dans le trafic routier.

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Si la mortalité piétonne et la mortalité des conducteurs de deux-roues motorisés s’améliorent également – cette dernière étant, avec 77 tués, inférieure au niveau de la moyenne de ces 10 dernières années, sans doute grâce à la météo relativement pluvieuse du mois de juillet 2021 qui a limité l’usage de la moto – la mortalité des automobilistes repart quant à elle à la hausse par rapport à 2020 mais aussi 2019. 153 usagers du volant ont en effet perdu la vie contre 122 en juillet 2020 et 146 en juillet 2019. Une reprise au niveau d’avant crise sanitaire que suit également la mortalité des jeunes de 18-24 ans puisque 60 d’entre eux se sont tués sur les routes en juillet 2021, soit 4 de plus qu’en juillet 2020 et 9 de plus qu’en juillet 2019. Une conséquence qui pourrait découler de la levée du couvre-feu selon l’ONISR.

Vision sur 5 ans

En observant la mortalité routière de décembre 2015 à décembre 2020, on s’aperçoit que, si les automobilistes représentent la grande majorité des victimes de la route, leur mortalité a reculé de 22 % par rapport à 2019. Un repli similaire qui se remarque sur la catégorie des seniors de 65 ans et plus (- 21 %). Eux qui ont fortement limité leurs déplacements pendant les confinements constituent pourtant toujours, chaque année, la moitié des piétons tués.

À l’inverse des autres courbes, celle de la mortalité cycliste grimpe et la pente des résultats est même importante : 213 cyclistes sont décédés ces 12 derniers mois, soit + 14 % par rapport à 2019. L’explication résiderait dans le nouvel engouement des Français pour ce mode de déplacements individuels au détriment des transports en commun en ville notamment. Enfin la mortalité des usagers poids lourds, dont le maintien de l’activité s’est montré essentiel pour la vie quotidienne des Français et des entreprises, demeure stable sur deux ans et s’est même contractée de près de la moitié en 10 ans  : une bonne nouvelle prouvant que la prévention en entreprises semble porter ses fruits.

Mots clefs associés à cet article : Vélo, Deux et trois roues, Camion, Accident, Sécurité, Trajets domicile-travail, Coronavirus Covid-19

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