Sécurité routière : la mortalité reste stable mais les accidents s’envolent

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Comme chaque mois, les chiffres de la Sécurité routière ont été dévoilés. Si le mois de juin 2020 a été quasi équivalent à celui du mois de mai en termes de décès sur les routes, il voit toutefois le nombre d’accidents corporels repartir en flèche.

Cette baisse de la mortalité, qui concerne également les outre-mers, touche toutes les typologies d’usagers. © Rico Löb / Pixabay
Cette baisse de la mortalité, qui concerne également les outre-mers, touche toutes les typologies d’usagers. © Rico Löb / Pixabay

Lundi 13 juillet, à la veille d’un jour de fête nationale férié, l’Observatoire national interministériel à la sécurité routière (ONISR) a fait paraître les résultats de son dernier baromètre de la sécurité routière. Selon les estimations, en juin 2020, 207 personnes ont perdu la vie sur les axes français, soit 85 personnes tuées en moins qu’en juin 2019, où elles étaient 292. Sur un an, cela équivaut donc à une évolution de – 29,1 %. Comparé à mai 2020, qui dénombrait 205 décès et un déclin de 15,6 % – quasiment moitié moins –, le mois dernier s’avère donc assez stable. II parvient même à rassurer (un peu) face aux inquiétudes que laissait présager une reprise, bien qu’encore partielle, des déplacements.

Cette baisse de la mortalité, qui concerne également les outre-mers, touche toutes les typologies d’usagers, en particulier les automobilistes (– 33 tués) et les motocyclistes (– 28 tués). Chez les jeunes de 18-24 ans, le constat est également positif, étant donné que cette catégorie d’âge enregistre 34 morts de moins qu’en juin 2019. Malheureusement, celle des seniors ne subit pas la même inflexion, marquée par une constance de ses chiffres. En résumé, depuis le début de l’année 2020, 362 vies ont donc été épargnées puisque les routes françaises ont tué 1 156 personnes, contre 1 518 sur les six premiers mois de l’année 2019. Une tendance qui doit cependant beaucoup au confinement et aux restrictions de sorties durant ces deux mois d’arrêt où la mortalité routière a observé une chute estimée de 63 % par rapport à la moyenne des mêmes périodes entre 2015 et 2019.

1 652 blessés de plus en un mois !

Autre indicateur à figurer en recul par rapport à juin 2019 : l’accidentalité routière. En France métropolitaine, le nombre d’accidents corporels de juin 2020 s’est ainsi établi à 4 132 contre 5 235 à la même période l’an passé. Malgré 1 103 accidents corporels de moins et une baisse de 21,1 %, ces chiffres demeurent toutefois préoccupants puisque mai 2020 n’en avait relevé que 3 076. En un mois seulement, plus de 1 000 incidents routiers supplémentaires ont donc été recensés par l’ONISR. Quant au nombre de personnes blessées, il atteint les 5 356 contre 6 671 en juin 2019, soit une diminution de 19,7 %. Mais là encore pas de quoi fanfaronner lorsqu’on remarque qu’en mai 2020, un mois auparavant seulement, ce chiffre s’établissait à 3 704, soit 1 652 blessés de moins qu’en juin.

Au vu de ces analyses et des départs en vacances d’été qui ont déjà débuté, la mortalité routière repartira-t-elle de plus belle ? On peut le craindre lorsqu’on sait que « le bilan hebdomadaire du nombre de tués sur les routes de France peut doubler et passer en moyenne de 45 en hiver à 95 en été », souligne l’ONISR. De plus, le nombre de tués sur les routes la semaine du pont de l’Ascension (entre le 18 et le 24 mai 2020) ayant dépassé la mortalité moyenne de 2015-2019, les doutes quant à des mois de juillet et août bien plus meurtriers s’insinuent de plus en plus sérieusement. D’autant que 77 % des Français devraient privilégier l’usage de l’automobile pour se rendre sur leurs lieux de résidence estivale.

Mots clefs associés à cet article : Statitistiques, Enquêtes, Sécurité, Vitesse, Coronavirus Covid-19

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