Sécurité routière : bien qu’en baisse, les chiffres d’avril déçoivent

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Confinement oblige, les routes quasiment désertes ont été le théâtre d’un recul significatif des décès en avril 2020. Cette baisse de – 56 % de la mortalité ne doit cependant pas faire oublier que les circonstances exceptionnelles auraient permis de faire mieux.

Après cette embellie, l'été sera-t-il meurtrier ? © NettoFigueiredo / Pixabay
Après cette embellie, l'été sera-t-il meurtrier ? © NettoFigueiredo / Pixabay

Avec 103 décès sur les axes tricolores (contre 233 en avril 2019, soit une baisse de 55,8 % selon le baromètre mensuel de l’Observatoire national interministériel à la sécurité routière), a France enregistre son « moins pire » mois d’avril depuis le lancement de la sécurité routière au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, 130 vies ont été épargnées en Métropole tandis qu’en Outre-Mer, seuls sept personnes ont été tuées au volant. Le nombre d’accidents corporels a lui aussi chuté de 74 % avec 1099 accidents corporels (contre 4234 en avril 2019) et 1247 blessées (contre 5297 à la même période l’an passé). Des taux historiquement bas, dévoilés ce vendredi 15 mai, qui doivent beaucoup aux restrictions de déplacement instaurées par la crise sanitaire, comme ce fut le cas pour les comptes du mois de mars dernier.

Le pire à venir ?

Si la circulation automobile a drastiquement réduit pendant la période du confinement, engendrant des résultats inédits, la reprise fait toutefois craindre une remontée en flèche des victimes pour les mois prochains. Pour cause, le trafic ayant diminué de plus de la moitié, on aurait pu s’attendre à une baisse de la mortalité bien plus importante, de l’ordre de 70 à 80 %. Une idée que soutient dans Le Parisien la présidente de la Ligue contre la violence routière, Chantal Perrichon. « Ce résultat aurait pu être meilleur si certains ne s’étaient pas défoulés en lâchant les chevaux sur les routes désertées », souligne-t-elle en faisant référence aux grands excès de vitesse qui, eux, ont bondi de 16 % par rapport à 2019.

Ce constat de négligence de la sécurité routière sur les voies peu fréquentées explique d’ailleurs que les accidents mortels soient moins le fruit de chocs frontaux – avec moins de véhicules sur les routes, la probabilité d’en croiser est faible – que la conséquence d’une perte de contrôle de véhicules seuls, détaille l’ONISR. Un non-respect du code qui menace, à terme, de faire repartir la mortalité routière à la hausse. Notamment cet été où les congés devant être pris dans l’hexagone vont obliger beaucoup d’automobilistes à prendre leurs voitures.

Pour endiguer ces comportements à risques et éviter une explosion du nombre de morts, la Sécurité Routière a lancé une campagne de sensibilisation auprès des professionnels comme des particuliers. Diffusée à la télévision et à la radio, elle appelle les conducteurs à une vigilance accrue, d’autant que de nouveaux usagers « vulnérables » délaissant les transports en commun, comme les cyclistes ou les utilisateurs de deux-roues motorisés, ont fait leur apparition dans l’espace public. L’objectif : que le mois de mai et les suivants ne soient pas le négatif d’un début d’année encourageant bien qu’en trompe-l’œil.

Mots clefs associés à cet article : Accident, Sécurité, mortalité routière, Vitesse, Coronavirus Covid-19

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