Seat s’embourgeoise

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Seat a présenté de bons résultats financiers au titre de l’exercice 2019, avec un chiffre d’affaires en hausse de 11,7 % et un bénéfice net en progression de 17,5 %. La marge opérationnelle reste largement perfectible, et 2020 sera une année à part, l’impact de la crise du coronavirus étant déjà violent.

Les résultats de Seat ont encore progressé significativement en 2019, et la contribution de Cupra permet d'améliorer la rentabilité. (© Seat)
Les résultats de Seat ont encore progressé significativement en 2019, et la contribution de Cupra permet d'améliorer la rentabilité. (© Seat)

« Nos ventes ont enregistré une progression à deux chiffres pour la troisième année consécutive malgré un contexte de ralentissement des marchés » souligne Wayne Griffiths, vice-président des ventes et du marketing de Seat et président de Cupra, tandis que le président et directeur financier et IT de Seat, Carsten Isensee se réjouit d’une « année 2019 très positive pour la marque, qui est venue renforcer sa robustesse financière ». En effet, en 2019, le chiffre d’affaires de Seat s’est établi à 11,1 milliards d’euros (+ 11,7 %) et le bénéfice net, à 346 millions d’euros (+ 17,5 %).
Seat a vendu 574 078 véhicules (+ 10,9 %), pour une production annuelle de 592 019 voitures, l’usine de Martorell enregistrant son activité la plus soutenue depuis l’année… 2000 ! Le top 3 des marchés du groupe se décline comme suit : Allemagne (132 537 unités, + 16,1 %), Espagne (107 954 unités, + 0,2 %), et Royaume-Uni (68 822 unités, + 9,5 %). Des records de ventes ont été constatés en Autriche, Suisse, Pologne, Suède, Israël et au Danemark.

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Carsten Isensee, président et directeur financier et IT de Seat.

Améliorer la marge opérationnelle de 3,3 %

Toujours au chapitre financier, le flux de trésorerie d’exploitation a bondi de 56,2 % en 2019, juste au-dessus d’un milliard d’euros. En revanche, la marge opérationnelle reste faible, 3,3 %, et Carsten Isensee a mis son amélioration au rang de priorité. Cela doit permettre de continuer à financer les efforts de R&D (1,2 milliard d’euros en 2019, + 3 %) que la marque déploie, ne dépendant plus totalement du groupe Volkswagen. Des efforts qui se focalisent sur le plan produits de Seat et Cupra et, bien entendu, sur l’électrification (après la Mii 100 % électrique, sont notamment programmés le SUV Tarraco PHEV, la nouveauté 100 % électrique el-Born et le Cupra Formentor PHEV).

Montée en gamme et internationalisation

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Wayne Griffiths, vice-président des ventes et du marketing de Seat et président de Cupra.

La nouvelle marque Cupra a pris son envol en 2019 avec 24 662 immatriculations (+ 71,8 %). « L’objectif est d’atteindre 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires quand la gamme sera déployée.Cupra a un rôle essentiel à jouer pour améliorer nos marges et notre rentabilité d’ensemble », souligne Wayne Griffiths. La marque Cupra soutient la hausse du prix moyen unitaire au sein de Seat : 15 050 euros par voiture en 2019, en hausse de 4,2 %. Une progression qui s’explique aussi par la part grandissante des SUV dans les ventes globales (les Arona, Ateca et Tarraco ont représenté 44 % du volume de 2019). Autre priorité du groupe, l’internationalisation. Seat a avancé ses pions en Amérique latine en 2019 : les ventes ont progressé au Mexique (24 314 unités, + 5,4 %), tandis que la marque se lançait au Pérou et au Chili et reprenait ses activités en Colombie. L’année 2020 sera consacrée à la montée en puissance de ces filiales, sans oublier la Chine, où Seat s’implante via une coentreprise avec JAC.

Luca de Meo, l’homme du redressement de Seat

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Avant son arrivée chez Renault, Luca de Meo aura été le grand homme du redressement de Seat.

Pour conclure, on ne peut s’empêcher de penser à Luca de Meo, qui prendra ses fonctions de directeur général de Renault en juillet. C’est en effet l’homme du redressement de Seat. Quand il a pris la direction de la marque en 2015, Seat était dans le rouge. Il a su la ramener à dégager des bénéfices. Sous sa présidence, le chiffre d’affaires de la marque a progressé de l’ordre de 35 %, et Seat a su trouver sa place au sein du groupe Volkswagen, prenant notamment le lead sur les nouvelles mobilités. Fiat, Volkswagen, Seat, le parcours du jeune manager Luca de Meo est immaculé, avant un nouveau défi chez Renault, dans un contexte particulièrement difficile et donc à sa mesure. Ce contexte tient à la situation du groupe Renault, qui a déploré des pertes en 2019 et qui a vu l’Alliance avec Nissan tanguer sous l’onde de choc de l’affaire Carlos Ghosn, mais aussi à la crise sanitaire du coronavirus, qui ébranle l’économie mondiale et dont on ne mesure pas encore avec exactitude les conséquences. Carsten Isensee et Wayne Griffiths ont d’ailleurs affirmé qu’il était impossible de faire des prévisions pour 2020, même si le groupe a déjà pris des mesures exceptionnelles pour réduire son exposition au risque.
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Un tel bilan paraissait encore bien lointain pour Seat il y a encore quelques années.

Mots clefs associés à cet article : Seat, Volkswagen, SUV, Marché Europe, Économie, Cupra, Coronavirus Covid-19

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