Renault se lance dans la gestion des réseaux électriques

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D’ici à 2020, Renault entend construire et mettre en œuvre le plus grand dispositif de stockage d’électricité jamais réalisé à partir de batteries de véhicules électriques en Europe.

Renault se lance dans la gestion des réseaux électriques

En 1898, au fond du jardin familial de Billancourt, un certain Louis Renault s’échinait à adapter un moteur de tricycle sur un châssis de sa fabrication. 120 ans plus tard, les ingénieurs du groupe Renault marchent dans les pas de leur fondateur. L’équation qu’ils tentent de résoudre est toutefois bien différente. Il s’agit de concilier développement du véhicule électrique et transition énergétique. Car si le véhicule électrique n’émet pas de particules et autres gaz polluants, l’électricité qui lui permet de fonctionner n’a pas forcément été produite de la manière la plus propre possible.

Un savoir-faire éprouvé

En matière de véhicule électrique, le groupe Renault dispose désormais d’un solide savoir-faire. Pas moins de huit modèles dépourvus de moteurs thermiques sont proposés au catalogue des cinq marques (Renault, Dacia, Alpine, Lada et Renault Samsung Motors) le composant. Mieux, sur la période 2010-2017, plus de 150 000 véhicules électriques du groupe ont été mis à la route dans le monde. Mais Renault n’est pas le seul acteur de ce marché en pleine expansion. Tous les constructeurs, ou presque, y sont présents.

D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), un peu plus de deux millions de véhicules 100% électriques circulaient, fin 2017, sur la planète. Ce qui pose le problème de leur rechargement et plus particulièrement de leur consommation d’énergie. Or, selon les données de l’AIE, l’électricité produite dans le monde provient encore essentiellement de sources fossiles comme le charbon ou le gaz. Le gain écologique du véhicule électrique s’estompe donc un peu… à moins de trouver une solution permettant d’accompagner le développement des énergies renouvelables. C’est justement là que le génie des ingénieurs Renault entre en jeu.

Mieux intégrer les énergies renouvelables

Le constructeur automobile français n’entend pas se diversifier et devenir opérateur de centrales photovoltaïques ou de parcs éoliens. L’idée est plutôt de pallier l’intermittence de production de ces sources d’énergie dites renouvelables en en maîtrisant le stockage. C’est dans cette optique que les équipes de Renault ont mis au point le programme baptisé Advanced Battery Storage. Outre le stockage de l’électricité, ce dispositif doit également permettre de faire face aux pics de consommations en réussissant à maintenir l’offre et la demande d’électricité sur le réseau.

Comme le rappelle Nicolas Schoittey, directeur du programme Nouveaux business énergie du Groupe Renault : "le moindre écart entre consommation et production déclenche des perturbations qui peuvent compromettre la stabilité de la fréquence de l’électricité domestique (50 Hz). Or, notre solution de stockage stationnaire sert à compenser ces écarts : elle délivre ses réserves à l’instant prévis où un déséquilibre se créé sur le réseau pour en gommer les effets."

Les batteries des Zoe et Kangoo Z.E. réquisitionnées

Cette solution de stockage imaginée par le groupe Renault sera exclusivement basée sur des batteries de véhicules électriques et sera, à terme, capable de stocker au moins 60 mégawatts-heure. Ce qui en fera "le dispositif le plus important dans son genre jamais construit en Europe", selon Renault. En pratique, le projet Advanced Battery Storage va être déployé sur plusieurs sites industriels situés en France et en Allemagne. Dans l’Hexagone, ce sont les usines de Douai (Nord) et Cléon (Seine-Maritime) qui ont été retenues. Outre-Rhin, le dispositif sera installé sur une ancienne usine à charbon de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Concrètement, des batteries de véhicule électrique "vont être compilées dans des containers", indique le constructeur français. Renault indique faire appel à des batteries neuves, qui pourront "servir à de futurs usages en après-vente" mais aussi à des batteries de seconde vie issues de ses véhicules. Même après leur vie automobile, ces accumulateurs conservent une importante capacité de stockage d’énergie. Aussi, leur usage peut être multiple : batterie d’appoint d’une maison individuelle, d’un immeuble tertiaire ou même point de charge… pour véhicule électrique.

À terme, la capacité de stockage sur les sites retenus pourra être étendue et le système Advanced Battery Storage pourra recevoir, au total, jusqu’à 2 000 batteries de véhicules électriques. Car même après leur vie automobile, les batteries conservent une importante capacité de stockage d’énergie. Aussi, leur usage peut être multiple : batterie d’appoint d’une maison individuelle, d’un immeuble de bureaux... Nicolas Shottey précise : "cet assemblage unique donnera au système la possibilité de libérer ou d’absorber, quasiment instantanément, une puissance de 70 mégawatts. La forte puissance et la capacité importante de notre solution nous permettront de répondre efficacement à la majorité des sollicitations du réseau."

Des expérimentations équivalentes existent déjà

Aux Pays-Bas, Nissan, allié de Renault, a déjà mis au point un système de stockage de l’énergie constitué de 148 batteries de Leaf. Cette sorte d’accumulateur géant a pour mission de servir de générateur de secours au stade Johan-Cruijff ArenA, situé à Amsterdam. D’une capacité de 3 mégawatts, le système Nissan xStorage Building stocke l’énergie produite par les 4 200 panneaux photovoltaïques situés sur le toit du complexe sportif. Lors des soirs de concert, cette solution permet également d’absorber les pics de consommation d’énergie.

Le géant américain des véhicules électriques, Tesla, s’intéresse également à la question du stockage de l’énergie. Fin 2017, son fondateur, Elon Musk, s’est enorgueilli d’avoir inauguré en Australie "la plus grande batterie du monde". Constituée de 788 "Powerpack" Tesla, cette batterie géante d’une capacité de 100 mégawatts stocke l’électricité produite par un parc éolien situé à proximité et permet d’approvisionner quelque 30 000 logements en électricité.

Mots clefs associés à cet article : Nissan, Renault, Véhicule électrique, Électricité, smartgrids

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