Renault réduit nettement la voilure en Chine

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L’échec commercial de Renault en Chine et les temps difficiles qui s’annoncent dictent une décision radicale : Renault met un terme à sa collaboration avec Dongfeng sur les modèles thermiques et ne misera plus que sur les véhicules 100 % électriques et les utilitaires.

Le lancement du Renault Kadjar en Chine, en 2015, avait fait naître des espoirs… de courte durée. (DR / Renault Group)
Le lancement du Renault Kadjar en Chine, en 2015, avait fait naître des espoirs… de courte durée. (DR / Renault Group)

« Concernant les véhicules particuliers thermiques, le groupe Renault a conclu un accord préliminaire avec Dongfeng Motor Corporation en vertu duquel Renault transfère ses actions à Dongfeng. La Drac cessera ses activités liées à la marque Renault », indique le groupe dans un communiqué. Après avoir reconnu un échec commercial et financier sur ce marché lors de la présentation des derniers résultats du groupe, les dirigeants de Renault ont donc décidé de tailler dans le vif.

En 2019, le groupe a vendu 179 571 véhicules en Chine (– 17 % sur un marché global en repli de 8,2 %), une goutte d’eau. À peine arrivés, les Koleos, Kadjar et Captur vont plier bagage, leur valeur ajoutée n’étant pas évidente sur un marché où l’offre est très abondante en général, et sur le segment des SUV en particulier. « Renault et Dongfeng poursuivront leur coopération avec Nissan sur les moteurs de nouvelle génération, comme la fourniture de composants à la Drac et la licence diesel à Dongfeng Automobile. Renault et Dongfeng s’engageront aussi dans une coopération innovante dans le domaine des véhicules connectés intelligents », précise le communiqué.

Vers une micro-présence maintenue sur les VE et les VU

Renault souligne d’ailleurs qu’il ne quitte pas la Chine. Il jouera la carte des véhicules 100 % électriques grâce à un renforcement de son partenariat avec Nissan et Dongfeng au sein de la coentreprise eGT pour faire de la K-ZE une voiture mondiale. Par ailleurs, un accord reste à formaliser avec JMEV, spécialiste du VE créé en 2015. « Avec le soutien de Renault en qualité et technologies, JMEV prévoit de couvrir 45 % du marché chinois des VE en 2022 avec quatre modèles principaux », ajoute le communiqué.

En outre, les véhicules utilitaires restent à l’agenda avec la coentreprise Renault Brilliance Jinbei Automotive Co., Ltd. (RBJAC), lancée en décembre 2017. Pour l’heure l’activité reste marginale en volume, mais cinq lancements sont programmés d’ici à 2023 pour tenter de dynamiser les ventes.

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Vue du stand Renault lors d’une édition du Salon automobile de Guangzhou. (DR / Renault Group)

Au sein de l’Alliance, c’est Nissan qui a le lead en Chine

« Nous ouvrons un nouveau chapitre en Chine. Nous allons nous concentrer sur les véhicules électriques et les véhicules utilitaires légers, les deux principaux moteurs de la mobilité propre de demain, et tirer efficacement parti de notre relation avec Nissan » déclare François Provost, directeur des opérations de la région Chine du groupe Renault. Nissan, le mot est lâché. Le partenaire historique de Renault dans l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi connaît un franc succès en Chine, un marché qui pèse désormais près du tiers de ses ventes mondiales. Nissan y opère aussi avec Dongfeng.

En somme, on peut tirer deux enseignements de cette décision : d’une part, la relance de l’Alliance, financièrement affaiblie au-delà d’autres problèmes, a engendré une nouvelle revue des attributions en son sein, et d’autre part le plan à moyen terme qui doit être détaillé en mai s’annonce bel et bien comme un plan de restructuration particulièrement austère. D’autant que les marges de manœuvre deviennent inexistantes sous l’effet de la crise du coronavirus.

Mots clefs associés à cet article : Nissan, Renault, SUV, Véhicule utilitaire léger (VUL), Véhicule électrique, Économie, Salon de Shanghai

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