Renault Master et Trafic : têtes couronnées

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Les Renault Master et Trafic sont incontournables dans le paysage automobile français. Impossible de ne pas en croiser un exemplaire en circulation ; qu’il s’agisse des fourgons tôlés ou de leurs déclinaisons VP. Un insolent succès qui ne se dément pas depuis maintenant quarante ans.

Les Renault Master et Trafic fêtent leurs 40 ans en 2020. © Renault / Montage A&E
Les Renault Master et Trafic fêtent leurs 40 ans en 2020. © Renault / Montage A&E

L’année 2020 est décidément bien particulière. Amputée de trois mois pour cause de crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19, elle marque aussi un jubilé dans l’industrie automobile. Du côté des utilitaires, le Mercedes-Benz Sprinter a soufflé ses 25 bougies, tandis que les Renault Master et Trafic en soufflent 40 ! Oui, les deux grands utilitaires du Losange ont été commercialisés pour la première fois en 1980.

Remplaçants des Renault Estafette (1953-1980 : 533 656 exemplaires écoulés) et des Renault/Saviem Super Goélette (1965-1982), les deux véhicules ont toujours connu le succès. Selon l’ex-Régie, depuis 1980 le Master s’est écoulé à plus de trois millions d’exemplaires, alors que son petit frère, le Trafic, s’est vendu à deux millions d’unités.

De belles performances qui s’expliquent notamment par une très large gamme disponible tant en termes de motorisations et de transmissions, que de versions. Diesel ou essence, versions courtes ou rallongées, hauteur normale ou surélevée, fourgons tôlés, châssis-cabine et même minibus…, tout ou presque est envisageable pour ces deux frères.

Un succès « made in France »

Présenté en 1980 et officiellement commercialisé début 1981, le Renault Master est fabriqué depuis toujours dans l’usine Renault-Sovab (Société de Véhicules Automobiles de Batilly) de Batilly, en Meurthe-et-Moselle, d’où sortent encore chaque jour près de 600 véhicules.

Renault Master - Première génération (© Renault)
Renault Master - Première génération (© Renault)

À son lancement, le véhicule disposait de motorisations essence et Diesel. Étaient proposés, en essence, un 2.0 l de 80 chevaux et un 2.2 l de 97 chevaux. L’offre gazole s’articulait alors autour des antiques 2.1 l D, 2.4 l D, 2.5 l D et 2.5 l TD, offrant entre 61 et 94 chevaux. Il s’agissait là de mécaniques éprouvées dont les puissances peuvent prêter à sourire aujourd’hui tant elles paraissent faibles eu égard au gabarit du véhicule et à son utilisation.

Renault Master - Première génération (© Renault)
Renault Master - Première génération (© Renault)

Assemblée également à Batilly, la première génération (1980-2000) du petit Trafic a eu droit sous son capot aux 1.9 l D, 2.1 l D et 2.5 l D développant de 58 à 75 chevaux. L’offre essence était plus fournie que sur le Master avec les 1.4 l de 88 chevaux, 1.6 l de 65 chevaux, 1.7 l de 68 chevaux, 2.0 l de 79, 80 et 82 chevaux et même 2.2 l de 101 chevaux en fin de carrière.

L’heure de la mondialisation

À l’approche du troisième millénaire est venue l’heure de remplacer le duo, déjà restylé par deux fois. En 1997, le Renault Master de première génération a été mis à la retraite, remplacé par un véhicule de conception plus moderne et faisant plate-forme commune avec certains de ses concurrents.

Renault Master - Deuxième génération, phase 1. (© Renault)
Renault Master - Deuxième génération, phase 1. (© Renault)

Au nom de l’alliance Renault-Nissan, nouée en 1999, le Renault Master est devenu Nissan Interstar par l’intégration d’une calandre différente. En vertu d’un accord conclu avec le constructeur américain General Motors, l’utilitaire français s’est également transformé en Opel Movano. Des partenariats reconduits en 2010 à l’heure du lancement de la troisième et actuelle génération, qui a subi un profond restylage intérieur et extérieur l’an passé.

Côté Trafic, le passage à l’an 2000 s’est accompagné d’une délocalisation de la production dans l’usine Nissan de Barcelone. La deuxième génération du fourgon (2000-2014), aux lignes plus arrondies et aux mécaniques modernisées, étant alors badgée indifféremment Renault Trafic, Nissan Primastar ou Opel Vivaro.

Renault Trafic- Deuxième génération (© Renault)
Renault Trafic- Deuxième génération (© Renault)

À noter que le Trafic de première génération a continué à vivre aux côtés de son remplaçant, mais sur d’autres marchés. Au milieu des années 1990, dans le cadre d’une co-entreprise fondée avec Hyundai et la Malaisie, le Renault Trafic est devenu Ionokom Pemas. En 1997, en vertu de l’accord signé avec GM, le petit utilitaire français s’est mué en Opel/Vauxhall Arena, mais aussi en Chevrolet SpaceVan pour l’Amérique du Sud. Dix ans plus tard, en 2007, le constructeur indien Tata Motors a racheté l’outil industriel à Renault pour donner naissance au… Tata Winger !

La production de l’actuelle et troisième génération du Renault Trafic a été relocalisée en France, sur le site de Sandouville. Le partage de plate-forme étant toujours d’actualité, les Nissan NV300 et Fiat Talento y sont également produits. L’Opel Vivaro l’a été, mais depuis l’absorption du constructeur allemand par le groupe PSA cela n’est plus le cas. L’Opel Vivaro est désormais un clone des Citroën Jumpy et Peugeot Expert.

Mots clefs associés à cet article : Fiat, General Motors, Opel, Renault, Tata, Fourgon, Fourgonnette, Véhicule utilitaire léger (VUL), Groupe Renault, Fiat Professional, Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi

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