Recharge en entreprise : un développement à améliorer et accélérer

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Un récent rapport publié par le ministère de la Transition écologique et solidaire, la Direction générale des entreprises (DGE) et l’Ademe, pointe l’importance du développement de la recharge en entreprise dans le cadre des objectifs fixés par le Gouvernement. Toutefois, ce développement ne se fait pas toujours « de la façon la plus appropriée ». Certains freins restent à lever pour atteindre le potentiel de 227 000 points de charge sur les sites des entreprises à l’horizon 2025.

Recharge en entreprise : un développement à améliorer et accélérer

Si le recharge à domicile demeure un enjeu clé du développement du véhicule électrique en France, permettre aux Français de recharger leur voiture sur leur lieu de travail apparaît tout aussi important. Toutefois, le rapport réalisé par Coda Stratégies note un développement actuel inapproprié. « Les entretiens réalisés à la fois avec des entreprises et les offreurs de solutions ont mis en évidence des situations peu adaptées à la réalité des besoins ».

En effet, certaines sociétés ont aujourd’hui déployé des points de charge délivrant des puissances de l’ordre de 22 kVA et facturent l’accès sur une base horaire, afin d’encourager l’usage par plusieurs véhicules durant la journée. Mais, sur le lieu de travail, les véhicules stationnent sur plusieurs heures. Selon le rapport, cette situation est donc « totalement inadaptée aux pratiques observées en environnement professionnel, où les salariés garent leur voiture le matin et la reprennent le soir. »

L’exemple de la Californie et de la Norvège

L’étude menée par Coda Stratégies a permis d’observer l’importance de la recharge au travail en Californie et en Norvège. Sur ces marchés, les véhicules électriques se rechargent sur le parking des entreprises, à travers des points de charge d’une puissance généralement limitée à 7 kVA et sur plusieurs heures. Il ne s’agit pas d’une recharge ponctuelle, mais bien d’une recharge qui s’effectue sur la durée de stationnement du véhicule. Les véhicules ne doivent pas être déplacés dans la journée : une borne n’est pas partagée par plusieurs véhicules. En réalité, «  la recharge au travail peut s’accommoder sans problème d’une recharge normale et sa facturation doit privilégier le critère de la quantité d’énergie fournie et non celui du temps d’occupation de la borne », affirme le rapport.

Installation de points de charge sur le site d’une entreprise américaine réalisée par Chargepoint.

Des barrières qui se lèvent en France

Toutefois, en France, deux sujets continuent de préoccuper les entreprises : les avantages en nature en cas de gratuité de la recharge pour les collaborateurs et le « droit à la prise ». Deux questions qui sont en passe d’être réglées par les pouvoirs publics. En effet, récemment, le Gouvernement, par le biais du ministère des Solidarités et de la Santé, a décidé d’exclure les frais d’électricité et de mise à disposition d’une borne de recharge du calcul des avantages en nature. Aussi, le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM) prévoit de réglementer un « droit à la prise » pour les entreprises locataires, obligeant les bailleurs à répondre favorablement aux besoins d’installation. « Le financement de la borne ne doit pas être supporté majoritairement par les locataires, ou alors un mécanisme permettant de récupérer l’investissement en fin de location doit être prévu », souligne le rapport.

227 000 points de charge en entreprises pour 2025

À terme, Coda Stratégies estime que le nombre de points de recharge en entreprises pourrait aisément atteindre 227 000 prises d’ici à 2025 et près de 600 000 à l’horizon 2030. Ces investissements sur les lieux de travail correspondraient à un marché qui pourrait atteindre 200 millions d’euros en fin de période*.

Pour y arriver, le « droit à la prise » pour les entreprises locataires, évoqué dans la loi d’orientation des mobilités (LOM), devrait constituer la pierre angulaire du développement à large échelle de la recharge au travail. Les offres étant aujourd’hui largement hétérogènes, un guide des bonnes pratiques devrait être réalisé dans la foulée, afin d’assurer que les premiers déploiements sont bien adaptés aux besoins des utilisateurs. Il devrait apporter un éclairage sur les éléments de facturation, l’architecture des stations et les puissances délivrables.

* Estimation quel que soit le statut du lieu de recharge (parkings privatifs d’entreprise, parkings gérés par les bailleurs, places situées sur des zones d’activités…).

Mots clefs associés à cet article : Véhicule électrique, Borne de recharge, Véhicule hybride rechargeable, Avantages en nature (AEN)

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