Recharge électrique : l’ACEA retoque les ambitions de l’Europe

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Le plan de relance automobile annoncé par la Commission européenne serait-il trop timide concernant le maillage de points de recharge publics ? Selon l’ACEA, les objectifs affichés sont en effet les mêmes que ceux avancés il y a quelques années, alors que la crise aurait été l’occasion de les réviser.

« Nous devons voir une action rapide sur le déploiement des infrastructures pour donner aux consommateurs la confiance de sortir et d'acheter un véhicule électrique » lance Eric-Mark Huitema, directeur général de l'ACEA. (© DR/ACEA)
« Nous devons voir une action rapide sur le déploiement des infrastructures pour donner aux consommateurs la confiance de sortir et d'acheter un véhicule électrique » lance Eric-Mark Huitema, directeur général de l'ACEA. (© DR/ACEA)

On ne la lui fait pas, à l’ACEA ! L’Association des constructeurs européens d’automobiles, épaulée par l’organisme qui représente les intérêts communs de l’industrie de l’électricité au niveau européen, Eurelectric, ne s’est pas montrée dupe lorsque la Commission européenne a exposé son plan de soutien économique à la filière automobile, après que celle-ci a été mise à l’arrêt par le Covid-19. Ce plan met notamment l’accent sur l’électromobilité et le développement des infrastructures de recharge pour les véhicules électriques afin d’encourager une reprise de l’activité. Or, si l’ACEA et Eurelectric saluent l’intention des instances européennes de financer un million de bornes de recharge publiques, elles notent que cette volonté figurait déjà dans le Pacte vert pour l’Europe (ou Green Deal), lancé en 2013. De plus, avec la crise sanitaire qui a relancé l’attrait pour la voiture individuelle, ces chiffres à atteindre se situent dorénavant « bien en deçà de ce qui sera requis dans la réalité », souligne l’ACEA.

Un besoin de 2,8 millions de bornes d’ici à 2030

« Selon les propres calculs de la Commission, environ 2,8 millions de bornes de recharge accessibles au public seront nécessaires d’ici à 2030, soit environ quinze fois plus que ce qui est actuellement en place dans l’Union européenne », assène l’Association des constructeurs européens d’automobiles. Forte de ce constat, l’ACEA, appuyée par Eurelectric, recommande donc aux sommités de Bruxelles de passer la seconde sur la croissance du réseau de recharge de l’UE, quitte à revoir entièrement leur copie.

Pointant du doigt l’obsolescence de la directive sur les infrastructures de carburants alternatifs (AFID), plus « en phase avec le développement technique des véhicules électriques ou des technologies de recharge et [qui] souffre d’une mauvaise mise en œuvre par les États membres », l’ACEA appelle à adopter « une approche beaucoup plus ambitieuse pour le déploiement des points de recharge et des stations de ravitaillement en hydrogène dans l’ensemble de l’Union européenne ». Selon l’organisme, ils devraient en effet être trois fois plus nombreux que prévu pour se conformer aux critères d’émissions fixés par l’UE pour 2025 et 2030. De même qu’ils devraient « tenir compte des classes de puissance de charge et des capacités de charge des véhicules », pour les camions et les bus, par exemple.

Des exigences d’accès dont l’ACEA et Eurelectric s’emparent également pour promouvoir l’intégration de bornes de recharge dans les bâtiments publics et privés. La Commission européenne ayant affecté des fonds à la rénovation pour les secteurs de la construction et du bâtiment dans son plan de relance, les deux associations y ont vu une aubaine pour stimuler le renouvellement de flottes propres dans les entreprises tout particulièrement. Pour cause : « Nous devons voir une action rapide sur le déploiement des infrastructures pour donner aux consommateurs la confiance de sortir et d’acheter un véhicule électrique, garantissant une mobilité plus respectueuse de l’environnement » lance Eric-Mark Huitema, directeur général de l’ACEA. Une tendance en bonne voie puisque, au premier trimestre 2020, le segment des voitures rechargeables électriquement a considérablement augmenté, sa part de marché s’établissant à 6,8 % des ventes totales de voitures dans l’UE contre 2,5 % au premier trimestre 2019.

Mots clefs associés à cet article : Véhicule électrique, Borne de recharge, Marché Europe, ACEA

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