« Quid des oxydes d’azote ? »

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Chaque mois, Jean Zermati, observateur avisé du monde des flottes, nous livre son billet d’humeur sur l’actualité du secteur…

Jean Zermati © Olivier Devillers
Jean Zermati © Olivier Devillers

La fiscalité en France est basée sur le CO2. Le réchauffement climatique, par les gaz à effet de serre, en a été la première motivation. De ce fait, les constructeurs ont travaillé pleinement (certains même en franchissant des limites) à l’optimisation des émissions de CO2 de leurs moteurs. De nouvelles normes, plus proches de la réalité de notre conduite quotidienne, ont été promulguées, mais toujours basées sur le CO2. Nous constatons les diminutions moyennes des prélèvements pétroliers par véhicule dans nos flottes, même si différents facteurs y concourent. Le tout-diesel a été la conséquence majeure de cette fiscalité. Qui plus est, pour les entreprises, les incitations fiscales ont aussi poussé vers le diesel : consommations plus faibles et récupération de la TVA sur le seul diesel (à l’époque).

Seulement, depuis quelques années on parle aussi de surmortalité, dans les villes principalement mais aussi sur des axes très particuliers (vallée de l’Arve). Et cette surmortalité est majoritairement due aux particules (très) fines et aux oxydes d’azote (NOx). Or ces particules, ainsi que les NOx, viennent très majoritairement des moteurs Diesel. Les NOx sont aussi responsables de l’acidification des océans, qui détruit les coraux et le plancton. Or le plancton fixe la moitié du CO2 sur Terre.

Des constructeurs « réticents » à communiquer

Nous avons commencé à être sensibilisés aux NOx depuis quelques années seulement par le scandale du dieselgate aux États-Unis et par une émission de télévision au moment du Mondial 2016. Or, en 2019 nous ne connaissons toujours pas les valeurs d’émission de NOx des véhicules de nos flottes, parce que les constructeurs sont « réticents » à les communiquer et que ces valeurs ne sont pas publiques sur les bases de données classiques (elles existent pourtant sur ces mêmes bases dans certains pays à l’étranger).

Une car policy se construit dans beaucoup de flottes avec un seuil maximum d’émissions de CO2. Or l’essence fait de plus en plus son apparition dans ces flottes. Pour ne pas pénaliser ces véhicules essence, pourquoi ne pas créer des index composites intégrant le CO2, les NOx et le plus vite possible les particules fines et très fines ? Chacun fera à sa convenance son index en choisissant la répartition de ces éléments et en fixant son seuil maximum global.

Pour ce faire, la première étape est d’inciter tous les acteurs, constructeurs et bases de données, à rendre publiques les valeurs d’émission des véhicules. Après tout, c’est nous qui choisissons les marques présentes dans nos flottes. À moins que les pouvoirs publics européens ou français n’imposent cette transparence.

Mots clefs associés à cet article : CO2, NOx, Pollution

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