Quel avenir pour le véhicule personnel après le confinement ?

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Tel était le thème du webinar organisé par nos collègues d’Auto Infos et Jean-Paul Lempereur et Jean-Hugues Delvolvé ont apporté des éléments de réponse et des pistes de réflexion. Extraits.

Quel avenir pour le véhicule personnel après le confinement ?

La crise du Covid-19 n’est pas une crise comme les autres, à la fois sanitaire, économique et mondiale. Et même si on prend le parti de l’optimisme, sa dimension sanitaire impose un rapport au temps différent, accalmie n’étant pas guérison. Le chemin de la reprise sera sans nul doute tortueux, voire chaotique.
Au prisme du marché automobile, plusieurs experts y voient une opportunité, estimant que nombre de gens vont privilégier ce mode de transport à l’incertaine exposition au risque dans les transports en commun. D’autres sont plus circonspects, pour dire le moins, posant que ce mouvement sera limité et que l’effondrement économique va surtout nuire à la demande. Quoi qu’il en soit, balayer les « Green deal » d’un revers de la main paraît bien hasardeux aujourd’hui. Au même titre que de s’en remettre à la main bien visible de l’Etat, qui ne sera pas avare de subsides, comme il sait être gourmand de taxes.
Verbatim des échanges entre Jean-Paul Lempereur, président du groupe de distribution Lempereur et Jean-Hugues Delvolvé, directeur général de CGI Finance, lors du webinar organisé par Auto Infos et Christophe Carignano.

"Pas moins de voitures mais "mieux" de voitures"

Jean-Hugues Delvolvé : « Penser qu’on peut remplacer les transports en communs par des voitures individuelles en ville, qui y songe sérieusement ? Personne. C’est plus complexe et il faut articuler la réflexion autour du télétravail. C’est la combinaison des deux qui peut fonctionner, ce qui renvoie à un changement d’organisation du travail ».

Jean-Hugues Delvolvé : « Ce ne sont pas moins de voitures qu’il faut, mais « mieux » de voitures. Il faut s’attaquer au rajeunissement du parc, en remplaçant les plus vieilles voitures, les plus polluantes. Sans idéologie, sans réserver les aides à telle ou telle technologie, mais en favorisant les modèles neufs ou récents, c’est-à-dire les plus vertueux sous l’angle environnemental ».
Jean-Paul Lempereur : « Vu la situation, il est temps d’arrêter le carbashing ordinaire, surtout que la voiture n’est pas responsable de toute la pollution des villes, on a pu le constater lors du confinement. Il faut aussi définir un plan de relance maintenant, et ne pas attendre septembre et d’énièmes consultations. La situation est grave pour plusieurs entreprises, il faut repartir pied au plancher maintenant, on ne peut pas attendre deux ou trois mois de plus dans le flou. Les aides de l’Etat ne sont pas illégitimes. L’Etat prend 20 % de TVA sur un véhicule vendu, donc en fait, on lui demande de faire un effort sur sa marge. Surtout qu’il ne faut pas oublier l’enjeu de l’emploi dans le pays et l’automobile est un poids lourd dans ce domaine. D’ailleurs, Carlos Tavares, président directeur général de PSA, a récemment dit que ce serait un bain de sang si on ne bougeait pas ».

Penser et déployer des aides d’une nouvelle nature

Jean-Hugues Delvolvé : « On peut aussi envisager de ne pas décalquer ce qu’on a fait dans le passé et de réfléchir à de nouvelles aides, de plus longue durée, sur la première partie du cycle d’un véhicule. Au niveau du financement, nous sommes le sang de l’économie et nous sommes prêts à accepter de nouveaux risques. C’est notre métier. Si nous décidons de ne plus prêter d’argent aux restaurateurs ou aux dirigeants de l’hostellerie, par exemple, nous allons gripper la machine ».
Jean-Paul Lempereur : « C’est la première semaine de déconfinement, tout le monde s’observe. Comme toujours dans de tels cas de figure. Qui va dégainer sa promotion le premier et à quel niveau… Il faut faire attention à ne pas être trop agressifs sur le VN, car cela peut s’opérer au détriment du VO. Et il ne faut pas perdre de vue la pression des véhicules en stock ».
Jean-Hugues Delvolvé : « Pour les concessionnaires, il y avait un coup à jouer sur le VO et il se précise. En effet, de 5,8 millions de transactions de VO en moyenne en temps normal, on risque fort d’atterrir à 4,8 millions cette année. Donc les concessionnaires ont une opportunité pour aller gagner des points de pénétration dans périmètre du particulier à particulier, qui représente 60 % du total ».

Jean-Paul Lempereur et Jean-Hugues Delvolvé : « Le covoiturage est un écosystème. Pour le stimuler, la solution des avantages discriminatoires, voies réservées par exemple, peut être intéressante. On le voit à Grenoble, à Boston aux Etats-Unis, on en discute dans les Hauts-de-France. Mais il faut aussi des parkings relais faciles d’accès et surveillés. Sans perdre de vue le rôle des entreprises qui est déterminant, mais qui est parfois entravé par les taxes, la question de l’avantage en nature notamment. Si l’Etat et les entreprises tirent dans le même sens, cela peut décoller ».

Mots clefs associés à cet article : Flotte, Covoiturage, Transports en commun, Véhicule neuf (VN), Véhicule d’occasion (VO), Économie, Trajets domicile-travail, Coronavirus Covid-19

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