Quand la flotte d’Enedis traque les particules fines

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À Paris, les véhicules du gestionnaire du réseau électrique français ont été équipés de petits boîtiers permettant de mesurer, en temps réel, le niveau de pollution des rues de la capitale.

La flotte d'Enedis Paris compte 380 VL, dont plus de 300 électriques. © Enedis Paris
La flotte d'Enedis Paris compte 380 VL, dont plus de 300 électriques. © Enedis Paris

Les véhicules électriques émettent zéro émission en circulation. Ils peuvent donc mesurer efficacement la pollution atmosphérique en roulant ! Depuis mai 2017, près de 300 véhicules électriques analysent en permanence et avec précision la présence de particules très fines PM 2.5 dans l’air parisien. Des données précieuses pour les autorités puisque, en fonction des taux de concentration observés, des actions concrètes sont déclenchées pour réduire leur présence sur le territoire concerné. Il peut s’agir de l’abaissement temporaire des limitations de vitesse ou encore de la mise en place de la circulation différenciée. «  L’expérimentation Pollutrack est née d’une rencontre entre la direction d’Enedis Paris et les services de la ville de Paris. Cela va au-delà de la mission habituelle d’Enedis mais s’inscrit dans la volonté d’agir pour une mobilité propre à travers des actions concrètes » raconte Dominique Bertin, responsable mobilité électrique d’Enedis Paris.

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Capteurs Pollutrack sur la flotte d’Enedis Paris

Ce programme, complémentaire des autres actions de surveillance et de mesure de la pollution atmosphérique parisienne, ne repose pas uniquement sur les épaules du gestionnaire du réseau électrique français. Ont également été associés à l’opération Airparif, l’organisme chargé de la surveillance de la qualité de l’air en Ile-de-France, la Fondation du souffle, qui fédère les acteurs impliqués dans la lutte contre les maladies respiratoires, la mairie de Paris et bien sûr la start-up Pollutrack, qui a conçu les boîtiers et capteurs posés sur les petits véhicules bleus d’Enedis sillonnant les rues de la capitale.

Donner davantage de sens à une flotte propre

Renouvelée et convertie progressivement à l’électricité depuis 2012, « la flotte d’Enedis est le vecteur idéal pour capter la pollution dans Paris », abonde Dominique Bertin. À Paris, sur près de 380 véhicules légers, 360 sont déjà 100 % électriques. Ils n’ajoutent donc pas de pollution à un air parfois irrespirable. Mais pourquoi donc avoir accepté de se lancer dans la mesure de la pollution atmosphérique, une activité qui n’est pas le cœur de métier de l’entreprise ? Dans le cadre des missions d’Enedis c’est-à-dire la gestion du réseau électrique, « nos véhicules légers parcourent de grandes distances dans Paris. Ils sont de sortie tous les jours, à n’importe quelle heure. Et, comme nos agents, ils sillonnent tout le territoire parisien : on passe partout et on se rend dans des endroits pas forcément accessibles d’habitude » explique Dominique Bertin, tout en rappelant le but de cette expérimentation lancée au printemps 2017. «  Il s’agit d’établir un état des lieux de la pollution à Paris grâce à un outil très fin, dynamique et permettant une vision en temps réel de la situation puisque les boîtiers envoient un point de mesure toutes les vingt secondes. Autre particularité : les mesures sont faites à hauteur d’homme, alors qu’habituellement les capteurs sont posés sur des mâts à trois ou quatre mètres de hauteur », détaille-t-il.

Entretenir la culture du changement

Pour prendre part activement au projet, les véhicules d’Enedis ont été équipés de petits boîtiers et de capteurs, discrètement posés sur le toit des modèles concernés. Les relevés effectués étant géolocalisés, car disponibles sur une carte en temps réel, il a fallu équiper en parallèle l’intégralité de la flotte en boîtiers télématiques. Une situation qui ne semble pas avoir effrayé les conducteurs. « Il a fallu engager un travail de pédagogie et de sensibilisation à cette problématique. Sans cela, l’expérimentation tournait court. De plus, les agents se sont familiarisés avec l’idée qu’ils ne sont pas liés au véhicule qu’ils conduisent », indique le responsable mobilité électrique. Et peu à peu des changements se sont opérés. « Prendre part à l’expérimentation Pollutrack a eu un effet positif. Les agents sont fiers de se déplacer en véhicules électriques. Ils sont également heureux de répondre aux questions de clients qui leur demandent régulièrement quel est ce drôle d’appareil fixé sur le toit de leur véhicule », assure Dominique Bertin. Le responsable mobilité électrique d’Enedis Paris rappelle au passage que, si l’entreprise a pris part au financement de l’opération en assumant le coût de la pose des capteurs, le gestionnaire du réseau électrique français n’a pas vocation à assurer l’exploitation et le traitement des données collectées.

D’autres acteurs prêts à s’engager

À Paris, Enedis n’aura bientôt plus le monopole de la mesure de la pollution. La société de VTC Marcel (propriété du groupe Renault) va également équiper une partie de sa flotte – propre – de capteurs Pollutrack. Il est d’ores et déjà prévu qu’une centaine de Renault Zoe reçoive l’équipement nécessaire. Là encore, l’idée est de pouvoir mesurer la pollution atmosphérique à des heures où la circulation automobile est moins dense et dans des endroits plus éloignés de l’hypercentre parisien. Du côté d’Enedis, l’expérimentation devrait également être délocalisée, ou plutôt étendue à d’autres territoires. Ainsi, les véhicules électriques d’Enedis circulant dans la métropole européenne de Lille ou encore dans la vallée de l’Arve (Alpes) vont être progressivement équipés de tout le matériel nécessaire pour mesurer et analyser la pollution atmosphérique dans les zones où ils évoluent quotidiennement.

Retrouvez l’intégralité de cet article dans le n°251 (décembre 2019) de L’Automobile & L’Entreprise.

Mots clefs associés à cet article : Véhicule électrique, Electromobilité, Organisme public, Géolocalisation, Enedis

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