« Qu’il est difficile de sortir d’un mensonge ! »

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Chaque mois, Jean Zermati, observateur avisé du monde des flottes, nous livre son billet d’humeur sur l’actualité du secteur…

Jean Zermati © Olivier Devillers
Jean Zermati © Olivier Devillers

En 1973 apparaît, à la suite d’une directive européenne, le Nouveau Cycle Européen de Conduite (New European Driving Cycle, NEDC, en anglais). Enfin les consommateurs allaient disposer d’un comparateur entre constructeurs et pour tous les modèles ! Malheureusement les constructeurs se sont surtout appropriés la réglementation au fil des années pour optimiser la mesure faite par le certificateur de leurs émissions. Ceci a été de plus facilité par le fait que ce test, revu une seule fois (1996) en quarante-cinq ans, était très loin de refléter l’usage réel d’un véhicule. Certains constructeurs ont même, a priori, poussé l’optimisation encore plus loin à partir de logiciels cachés.

Du coup, des experts européens, japonais et indiens, ont élaboré un nouveau test dit WLTP (Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedures) plus proche de la réalité, mais sans y être totalement. Cette nouvelle norme devait s’appliquer à partir de septembre 2017 pour les nouveaux modèles et de septembre 2018 pour tous les modèles existants. L’une de ses incidences majeures étant l’augmentation des émissions de CO2, jusqu’à 35 % pour certains véhicules. Et comment définir une car policy avec deux valeurs d’émissions aussi différentes ? Alors, pour simplifier a été créée une troisième norme, hybride des deux précédentes : le NEDC « corrélé ».

Ces nouveaux tests ont aussi créé un vrai bazar pour les gestionnaires de flotte à partir de début 2018, des modèles existants étant supprimés sans préavis, alors que les nouveaux étaient retardés sans cesse. Ceci a continué en 2019, puisque l’entrée en vigueur réelle de cette norme a été reculée plusieurs fois : d’abord au 1er janvier 2019 puis au 1er septembre 2019, enfin au 1er janvier 2020. Le projet de loi de finances 2020 retarde encore cette échéance entre le 1er janvier et le 1er juin 2020.

Du coup, il y a deux projets de barème de bonus-malus. Le premier est basé sur le NEDC corrélé, le second sur la norme WLTP en décalant les seuils de 24,5 %. Dans tous les cas, on assiste à un durcissement du malus.

Il a même été envisagé, mais finalement rejeté, de créer un malus lié au poids des véhicules. La raison du rejet est que le poids serait déjà une composante de la consommation, donc du CO2. Mais est-ce encore raisonnable de rouler dans les grandes villes seul dans ces gros SUV qu’on a du mal à garer ? Rappel : la moyenne d’occupation des véhicules est de 1,08 à 1,10 passager.

Mots clefs associés à cet article : Flotte, Bonus-malus, WLTP, NEDC, PLF

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