Pollution de l’air urbain : 2 millions de décès prématurés dans le monde !

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Alors que le nord de la France, et plus particulièrement l’Ile-de-France, connaissent un épisode de pollution atmosphérique lié aux concentrations élevées en particules, une nouvelle étude a quantifié l’impact sanitaire de la pollution atmosphérique dans 25 grandes villes européennes. C’est ainsi que chaque année la pollution de l’air en milieu urbain est à l’origine d’environ 2 millions de décès prématurés dans le monde. L’Europe n’est bien naturellement pas épargnée et, lors des périodes anticycloniques, les grandes villes étouffent sous une pollution principalement liée au trafic automobile et aux divers systèmes de combustion. En France, 30 000 décès anticipés par an seraient liés à la pollution atmosphérique urbaine due aux particules fines et l’ozone troposphérique.
Si l’ozone est un polluant secondaire, les polluants dits primaires (directement émis par les activités humaines : véhicules, usines…) comme les oxydes d’azote et les composés organiques volatils sont transformés, sous l’action du soleil et de la chaleur, en polluants secondaires comme l’ozone. L’ozone irrite notamment les yeux et les voies respiratoires en attaquant les poumons et les bronches.
Les particules fines, d’un diamètre inférieur à 2,5 µm, sont très volatiles. Elles peuvent parcourir de très longues distances (jusqu’à 3 000 kilomètres) sous l’action des vents et rester longtemps en suspension (40 à 50 heures). Ces masses d’air polluées, essentiellement composées de suie, sont émises principalement par le trafic routier (véhicules à moteur Diesel) et les systèmes de combustion, dont le chauffage au bois. Aciéries, cimenteries et centrales thermiques sont également d’importantes émettrices de particules fines. Ces dernières sont à l’origine de maladies respiratoires et pulmonaires mais aussi cardio-vasculaires car leur faible diamètre leur permet d’atteindre les alvéoles pulmonaires puis le sang.
Les études européennes se suivent donc et se rejoignent sur les faits : la qualité de l’air en Europe est médiocre et notamment dans les grandes villes. Quand on vous répète qu’il devrait être interdit de commercialiser des véhicules Diesel sans filtre à particules ou, encore mieux, traitant les particules fines ainsi que les NOx (oxydes d’azote)… Les constructeurs ont en la matière une très lourde responsabilité qu’ils n’assument malheureusement pas, sauf contraints et forcés par une réglementation encore trop permissive. Et dire qu’Euro 6 ne débarquera qu’en 2014 !
L’évaluation de l’impact sanitaire dans 25 grandes villes européennes, sur 39 millions d’habitants, montre que les niveaux actuels de concentration en particules sont au-dessus du seuil de 10 microgrammes par mètre cube, valeur guide préconisée par l’OMS. Ceci se traduit par une perte d’espérance de vie de près de 2 ans pour les personnes âgées de 30 ans et plus (en fonction de la ville et du niveau moyen de pollution). Ce qui représente 19 000 décès par an sur ces 25 villes, dont 15 000 liés à des maladies cardio-vasculaires. Les dépenses associées sont estimées à 31,5 milliards d’euros (diminution des dépenses de santé, de l’absentéisme, et des coûts associés à la perte de bien-être, de qualité et d’espérance de vie).
Pire, l’étude et le projet Aphekom ont montré qu’habiter à proximité du trafic routier était un facteur aggravant dans le développement de pathologies chroniques. Il a été estimé notamment que, dans 10 villes européennes, le fait d’habiter à proximité du trafic routier pourrait être responsable d’environ 15 % des asthmes de l’enfant. On pourrait retrouver des proportions similaires ou plus élevées de pathologies chroniques respiratoires et cardio-vasculaires fréquentes chez les adultes de 65 ans et plus habitant à proximité du trafic.
Source : Aphekom : www.aphekom.org/web/aphekom.org/home

Mots clefs associés à cet article : Particules, NOx

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