Plus de voitures-radars privées sur les routes en 2020

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Testées depuis un an en Normandie, les voitures-radars privées sillonnent désormais les routes d’autres régions françaises comme la Bretagne ou les Pays de la Loire. Et ce, dans le but de relever les excès de vitesse du plus grand nombre d’automobilistes.

Équipées d’un système de contrôle de vitesse, les voitures-radars privées peuvent circuler en moyenne cinq ou six heures par jour. © Shutterstock
Équipées d’un système de contrôle de vitesse, les voitures-radars privées peuvent circuler en moyenne cinq ou six heures par jour. © Shutterstock

Chaque 1er janvier est l’occasion de changements dans notre vie quotidienne. Si le passage à l’an 2020 a donc été l’occasion d’une revalorisation du Smic (+ 1,2 %) et d’une hausse des tarifs de péage, il a aussi été marqué par l’extension annoncée de la flotte de voitures-radars privées. Déjà expérimentés sur les axes normands depuis 2018, ces radars roulants et difficilement repérables circuleront en Bretagne, dans le Centre-Val-de-Loire et les Pays de la Loire dès ce début d’année. Avant d’investir le Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté, la Nouvelle Aquitaine et les Hauts-de-France dans un second temps.

Un déploiement polémique

L’État a décidé d’améliorer sa force de flashs en accélérant l’installation de radars tourelles – l’objectif visé s’élevant à 1 200 fin 2020. Pour compléter l’action de ces dispositifs, contestés et régulièrement vandalisés, les pouvoirs publics ont également fait appel à des radars embarqués dans des véhicules banalisés appartenant à des sociétés privées (dont le spécialiste de la mobilité pilotée Mobiom).

Une évolution notable car, jusqu’alors, seuls les policiers et les gendarmes étaient habilités à conduire ces voitures-radars. Équipées d’un système de contrôle de vitesse, celles-ci peuvent circuler en moyenne cinq ou six heures par jour et emprunter n’importe quel axe routier défini à l’avance. En particulier les plus fréquentés ou ceux présentant un fort risque accidentogène.

Défiance et tolérance

Les prestataires privés au volant de ces voitures-radars seront également dans « l’obligation contractuelle de circuler à une vitesse adaptée dans le flot normal de circulation » souligne la Sécurité routière, démentant ainsi toute volonté de piéger les autres automobilistes en les incitant à dépasser une voiture trop lente. De même, les conducteurs privés seront rémunérés au nombre de kilomètres parcourus et non de PV dressés, assure-t-on en haut lieu. Des amendes qui devront d’ailleurs être validées par des officiers de police judiciaire.

Enfin, comme pour calmer la grogne des usagers toujours plus surveillés, la marge d’erreur des contrôles effectués par ces voitures-radars s’avérera supérieure à celle des radars automatiques. Soit une tolérance de 10 km/h en dessous de 100 km/h et de 10 % de la vitesse au-dessus de 100 km/h, à en croire le site demarchesadministratives.fr.

Quant à savoir si ces voitures-radars privées engendreront la « chasse au profit » que dénonce l’association 40 millions d’automobilistes, il faudra attendre encore un peu avant de faire le bilan. Mais notons déjà que, d’avril à octobre 2018, l’initiative lancée sur les routes de Normandie a permis de flasher 1 873 automobilistes en infraction et de récolter un peu plus de 250 000 euros. Rentable.

Mots clefs associés à cet article : État, Radar, Sécurité, Amende

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