Plus de la moitié des Français aura une voiture électrique dans dix ans

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L’annonce peut paraître excessive ou prématurée, mais c’est pourtant bien ce qu’il ressort d’une étude menée par Ansys, éditeur de logiciels spécialisés dans la simulation numérique. Et cette tendance à s’orienter vers les VE semble se confirmer à l’ensemble de l’Europe.

Pour 63 % des personnes interrogées, les émissions de CO2 de leurs déplacements sont source de préoccupation. (© Chuttersnap/Unsplash)
Pour 63 % des personnes interrogées, les émissions de CO2 de leurs déplacements sont source de préoccupation. (© Chuttersnap/Unsplash)

Avec un bond de 219 % cet été et une part de marché à presque 10 %, le segment de l’électrique se porte comme un charme en France. Et ce coup de jus n’est pas près de perdre en dynamisme si l’on en croit la récente étude dirigée par l’entreprise Ansys. Réalisée à échelle mondiale auprès de 16 037 personnes dans 10 pays, dont la France, cette enquête s’intéresse à la mobilité 100 % électrique et autonome des avions, mais aussi et surtout des véhicules. Et autant dire que les consciences des conducteurs se font de plus en plus « vertes ».

Pour 63 % des personnes interrogées, les émissions de CO2 de leurs déplacements sont source de préoccupation. À l’échelle des Français, ce taux retombe certes à 58 %, mais il se révèle constant par rapport au nombre d’automobilistes tricolores se déclarant prêts à passer à l’achat d’un véhicule électrique au cours de la prochaine décennie, à savoir 59 %. Un pourcentage qui s’affiche au-dessus de celui de l’Allemagne (55 %) et de la Suède (54 %), pays pourtant concernés par les problématiques de mobilité durable.

Des points de frictions subsistent toutefois

Les Européens, Français compris, émettent toutefois une réserve principale comme frein à l’acquisition d’un VE : le prix. Outre le manque de points de recharge, le coût initial de ces véhicules inquiète 54 % des Anglais et 37 % de nos concitoyens interrogés par Ansys. Parmi eux, 67 % se disent cependant favorables à une conversion au VE si les tarifs de ces derniers étaient équivalents à ceux des moteurs traditionnels. Pourtant, les gammes élargies et les tarifs tendant à s’accorder aux besoins de chacun devraient peu à peu inverser la courbe de réticence. Reste le point de l’autonomie qui, excepté quelques sporadiques prouesses de voitures dépassant les 800 kilomètres sans recharge comme la Lucid Air, permet rarement de pousser au-delà des 50 kilomètres en ville.

Etude Ansys European Edition :

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Une confiance accrue dans les VE

Autre fait notable et révélateur : si les véhicules électriques remportent sans peine la majorité des suffrages sur le créneau de l’aviation, des efforts sont encore à faire pour convaincre les voyageurs. Si 62 % des Européens sondés pensent que l’aviation électrique est meilleure pour l’environnement, seuls 27 % du panel l’estiment plus sûre. Vingt pour-cent refuseraient même de prendre un billet sur une compagnie s’engageant à réduire son empreinte carbone par crainte, notamment, du manque de recul sur les technologies exploitées. Une peur qui ne se retrouve pas envers les VE, dont la sécurité des batteries apparaît comme suffisamment éprouvée.

Quid de la mobilité autonome ?

Contre toute attente, un système autonome sur route effraie moins que de l’électrique en vol. Ainsi, 76 % des personnes interrogées affirment se sentir à l’aise avec l’idée de voyager à bord de véhicules autonomes, qu’ils soient terrestres, marins ou aériens. Toutefois, 48 % admettent qu’ils le seraient encore davantage à bord d’un train autonome… C’est d’ailleurs en Asie, et plus précisément en Inde, que la voiture autonome semble faire le plus d’émules (75 %). Jusqu’à 80 % de l’échantillon global se dit même prêt à faire l’expérience de la voiture sans chauffeur au cours de sa vie, et 55 % d’ici à 2025. Pour cause : 72 % des sondés pensent que la voiture autonome surpasse les capacités d’un conducteur humain. Et ce, malgré les exemples d’accidents survenus au cours de ces dernières années.

Néanmoins, plusieurs motifs de méfiance demeurent, à commencer par le risque de défaillance technologique (54 %) et le piratage (40 %). Dans le même temps, 51 % craignent pour la confidentialité de leurs données personnelles, preuve que le Big Data généralisé à toutes nos activités quotidiennes doit encore faire son chemin avant d’être accepté. Surtout à l’heure où l’adoption de la 5G, constituant une condition majeure pour une coordination efficace des véhicules autonomes, divise encore au sein des sociétés pour des raisons sanitaires et… environnementales sur la biodiversité.

En résumé, d’ici à 2030, la majorité des consommateurs d’Europe aura donc une voiture électrique dans son garage, à en croire l’étude d’Ansys. D’autant que, toujours selon l’enquête Ansys, le sentiment de culpabilité vis-à-vis de l’empreinte carbone de leurs déplacements se fait plus prégnant au sein des générations Z et Y – futurs acheteurs qui comptabilisent ensemble 56 %, contre 34 % pour la génération X et les « baby-boomers », moins impliqués… De quoi satisfaire la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a relevé les objectifs de rejets de CO2 de l’UE à – 55 % d’ici à une dizaine d’années.

Néanmoins, si le signal se veut rassurant pour l’avenir écologique de la planète, il faut cependant garder à l’esprit que les résultats de ce genre de sondages figurent souvent le vœu pieux d’une population à un instant T, mais que la concrétisation de ces désirs évolutifs reste à voir par la suite… Rendez-vous dans dix ans donc !

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Mots clefs associés à cet article : Véhicule électrique, CO2, Études, Marché Europe, Véhicules autonomes, Environnement

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