Plastic Omnium confirme ses ambitions sur l’hydrogène

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Plastic Omnium a fait frémir les places de marché en réaffirmant sa volonté de devenir un acteur majeur de la mobilité hydrogène et en relevant à la hausse ses objectifs financiers.

Plastic Omnium confirme ses ambitions sur l’hydrogène

Avant d’animer une conférence digitale sur sa stratégie pour le développement de la « mobilité hydrogène », Plastic Omnium a annoncé qu’il relevait ses objectifs du second semestre 2020. L’équipementier table désormais sur une marge opérationnelle supérieure à 5 % (contre 4% précédemment), sur un free cash-flow supérieur à 400 millions (contre 250 millions précédemment). Par ailleurs, à fin octobre 2020, les liquidités du groupe s’établissent à 2,2 milliards d’euros, soit un niveau similaire à celui de la fin de l’exercice 2019.

Bonne résistance à la crise

En somme, l’impact de la crise sanitaire aura été plutôt limité, avec un repli de 2,2 % sur le 1er trimestre, grâce à la forte activité en Espagne, aux succès du système SCR de dépollution (un pari gagnant pour ceux qui se souviennent des présentations de Laurent Burelle il y a quelques années), à l’extension du portefeuille des produits et à la montée en cadence des sites américains et mexicains. Pourtant, le groupe rappelle qu’à la mi-avril, 81 des 131 usines mondiales du groupe étaient à l’arrêt. Plastic Omnium a su rapidement réagir avec un plan d’actions adapté : flexibilisation de la masse salariale, réduction des investissements (de l’ordre de 30 %), juste anticipation de la reprise des activités industrielles en capitalisant sur l’expérience des 29 usines chinoises. Pour 2021, Plastic Omnium table sur une reprise marquée de ses activités, avec des niveaux de rentabilité et de free cash-flow comparables à ceux de 2019.

Un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros en 2030 avec les technologies hydrogène

Plastic Omnium a rappelé sa stratégie ambitieuse pour la mobilité hydrogène. Un marché qui devrait connaitre une très forte croissance : de quelques milliers d’unités en 2020 à 200 000 véhicules en 2025 et plus de 2 millions en 2030, selon Christian Kopp et Marc Perraudin, responsables du pôle « Nouvelles énergies » de l’équipementier. Dans un premier temps, le segment des bus et celui des camions et des utilitaires seront les plus porteurs (respectivement 500 000 et 1,5 million de véhicules à l’horizon de 2030). Le développement passera notamment par les flottes et Plastic Omnium suit aussi avec intérêt les possibles applications de la technologie dans le secteur ferroviaire, sans délaisser l’aérien (Airbus). Géographiquement, le développement de l’hydrogène sera porté par l’Asie (75 % des volumes), puis par l’Europe et l’Amérique du Nord.


Pour accompagner cette croissance, Plastic Omnium sait pouvoir s’appuyer sur un savoir-faire holistique et sur le bras armé de sa coentreprise avec Elringklinger (plus de 150 brevets, déjà 85 clients, principalement en Chine).
Avec la mobilité hydrogène, « Plastic Omnium vise un chiffre d’affaires d’environ 300 millions d’euros en 2025 et de 3 milliards d’euros en 2030 », assènent de concert Laurent Fabre et Félicie Burelle, les dirigeants du groupe présidé par Laurent Burelle. Depuis 2015, l’hydrogène a représenté une enveloppe budgétaire de 200 millions d’euros et le groupe va désormais investir 100 millions d’euros par an dans les quatre prochaines années, de quoi atteindre le premier objectif intermédiaire de 2025.

Réduire les coûts par 3 ou 4

Quinze lignes de production concernées par les solutions de mobilité hydrogène d’ici à 2030 dans des sites existants ou dans de nouvelles usines. La R&D va suivre le mouvement, avec un centre bénéficiant du lead à Wuhan, en Chine, et des effectifs dédiés renforcés dans le centre de R&D Alphatech (Compiègne, France). Le principal défi à relever réside dans les coûts. « Pour la pile à combustible, certaines matières premières coûtent très cher. On peut citer l’or et le platine et il va falloir trouver des solutions de substitution. Actuellement, nous nous situons à 300 euros/kilowatt et il faut diviser ce montant par trois, voire quatre », pointent Christian Kopp et Marc Perraudin. Mais Laurent Fabre et Félicie Burelle restent confiants : « Le groupe maîtrise les technologies, réservoirs de haute pression, pile à combustible et systèmes intégrés, et nous bénéficions de capacités de production déjà installées, ce qui nous permet d’accompagner sereinement le ramp-up du marché quand il se produira ».

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Félicie Burelle, directeur général délégué de Plastic Omnium.

Mots clefs associés à cet article : Hydrogène, Nouvelles technologies, Recherche & Développement, Véhicule électrifié

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