Plan de relance : le CNPA réclame un retour en force de la prime à la conversion

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Alors que le premier volet du plan de relance automobile français sera vraisemblablement dévoilé lundi 25 mai 2020, le CNPA multiplie ses actions de lobbying en faveur d’aides prenant en compte les modèles thermiques récents.

Francis Bartholomé (DR/CNPA)
Francis Bartholomé (DR/CNPA)

Parmi différents résultats, la récente étude du CNPA a mis en avant deux éléments. D’une part, 74 % des Français ont besoin d’un véhicule pour aller travailler. D’autre part, 30 % des entreprises de l’aval de la filière sont menacées de dépôt de bilan. « Problème de trésorerie pour les plus petites entreprises et tensions sur le compte d’exploitation et le bilan de fin d’année pour les autres » synthétise Francis Bartholomé, président du CNPA, tandis que Xavier Horent, son délégué général, évoque une épée de Damoclès sur le front de l’emploi de l’ordre de 50 000 postes, soit l’équivalent de plusieurs usines.

Voilà un bon postulat pour peser sur les débats et rappeler que le périmètre industriel de la filière ne doit pas être le seul pris en compte par les pouvoirs publics, même si les dirigeants du CNPA cherchent l’union sacrée de la filière en travaillant avec la PFA, le CCFA ou la Fiev. En effet, toutes les filières professionnelles défilent en ce moment au Gouvernement pour demander aides et subsides.

« Si on se focalise sur les seuls véhicules électrifiés, ce sera un coup d’épée dans l’eau. »

Le CNPA a milité pour un plan de relance immédiat, dès juin. Un plan qui doit éviter l’écueil de « l’inventaire à la Prévert », dixit Xavier Horent, pour se focaliser sur quelques points fermes et saillants. Sur le front des mesures souhaitées pour stimuler la demande, le CNPA veut le retour du dispositif de la prime à la conversion, dans ses modalités les plus larges. Comprenez que les modèles thermiques récents (Euro 6) soient éligibles à la prime, y compris les diesels. Or cela n’est pas sans provoquer quelques frictions, Francis Bartholomé ne le cache pas.« Il ne s’agit pas, dit-il, de remettre en cause le réchauffement climatique et les efforts environnementaux, mais d’être pragmatique. Les stocks des distributeurs, bien fournis, sont composés à 90 % de modèles thermiques. Quant aux VO disponibles dans les réseaux, on parle d’une pénétration de 51 % du diesel. » Et d’insister : « Si le plan de relance ne se concentre que sur les véhicules 100 % électriques et hybrides, avec un renforcement des aides dédiées, on se limite à 5 % du marché et ce sera un coup d’épée dans l’eau. »

Pour le CNPA, il est nécessaire de penser à relancer la machine économique à court terme, de permettre aux entreprises de déstocker et de faire rentrer du cash, avant de voir plus loin, notamment à l’occasion du second volet du plan de relance prévu pour septembre. Pour la prime à la conversion, sur un schéma annuel, le CNPA aboutit à un chiffrage de l’ordre d’un milliard d’euros. « C’est assurément le système qui permet de concilier action sociale et action environnementale, surtout si l’on s’assure que les véhicules anciens repris sont bel et bien envoyés à la destruction », souligne Francis Bartholomé.

Une aide pour purger le parc des VUL les plus anciens et polluants

Toujours sur le volet de la demande, le CNPA veut qu’un soin spécifique soit porté au VUL, notamment dans les villes, afin de renouveler des véhicules professionnels souvent très anciens et diesel (artisans, véhicules de livraison…). Là encore, c’est la dimension concrète de l’aide qui fera bouger – ou non – les lignes auprès des chefs d’entreprise, sachant que l’offre de VU électrifiés est encore embryonnaire et ne couvre donc pas tous les usages. Pour les flottes, en tenant compte des professions libérales, notons que les modèles 100 % électriques et les hybrides rechargeables devraient voir leur bonus révisé à la hausse. Ce sera aussi le cas pour les particuliers.

Le CNPA n’oublie pas la maintenance et la réparation. Le syndicat réclame une baisse de la fiscalité sur les pièces de réemploi et le contrôle technique, par exemple. Il prône aussi la mise en place d’un chèque dédié de 100 euros, sans conditions sur les ressources « mais sur les véhicules éligibles, car il faut éviter de brouiller les messages », précise Francis Bartholomé.

Ce n’est que le premier round des négociations

Au-delà de la demande, le CNPA milite pour une prolongation des aides spéciales jusqu’à l’automne (dont la pièce centrale du chômage partiel, sur lequel les tractations sont encore en cours, ou les exonérations de charges). « Nous remontons aussi au créneau sur le dossier de la TaSCom », glisse Francis Bartholomé. L’organisme cherche aussi à protéger notre modèle de formation et d’apprentissage, sachant que les dispositifs à distance ont des coûts supérieurs. L’accès au Fonds de modernisation prévu dans le plan de relance est aussi revendiqué.

Un premier plan de relance automobile devrait être dévoilé lundi 25 mai 2020 par Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. En effet, le troisième projet de loi de finances rectificative 2020 dicte le calendrier pour une entrée en vigueur en juin. En attendant le deuxième volet du plan, le CNPA avancera d’autres projets pour que la filière aval ne soit pas l’oubliée du grand débat sur la réindustrialisation. Sans parler des échanges qui s’annoncent autour de la coordination européenne et du Green Deal.

Inscrivez-vous gratuitement au webinaire spécial « Plan de relance automobile » de nos collègues d’Auto Infos lundi 25 mai avec les participations de Marc Mortureux (PFA) et Xavier Horent (CNPA).

Mots clefs associés à cet article : Marché Flottes, Marché VP, Marché VUL, Marché France, Véhicule neuf (VN), Véhicule d’occasion (VO), Économie, Coronavirus Covid-19

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