Philippe Quetaud : "L’organisation de Renault Parc Entreprises a fait ses preuves"

Publié le par

À la tête des ventes spéciales - et donc des ventes flottes - du groupe Renault (marques Renault, Alpine et Dacia), Philippe Quetaud se réjouit des résultats obtenus l’an passé et se projette vers l’avenir, avec davantage de contraintes à transformer en forces.

257 982 véhicules du Groupe Renault ont été immatriculés en flottes l'an dernier. (image d'illustration © Renault)
257 982 véhicules du Groupe Renault ont été immatriculés en flottes l'an dernier. (image d'illustration © Renault)

L’Automobile & L’Entreprise : Le groupe Renault avance de beaux volumes de vente en France, en 2019, avec 698 690 unités enregistrées. Qu’en est-il auprès des flottes ?

JPEG - 881.8 ko
Philippe Quetaud (© Renault)

Philippe Quetaud : Le bilan 2019 du groupe Renault est très positif, notamment en flottes. Nos volumes ont progressé de 14 % sur un an [257 982 véhicules immatriculés contre 231 997 en 2018, ndlr]. Nous sommes leaders des ventes flottes sur le marché des véhicules particuliers et des véhicules utilitaires légers. Avec près de 150 000 VUL écoulés l’an dernier, nous avons d’ailleurs battu des records de vente et réussi à placer nos trois modèles à la première place de chaque segment.

A&E : Comment expliquez-vous ces résultats et, plus particulièrement, cet engouement des entreprises pour vos VUL ?

PQ : Le marché a répondu présent. Les produits plaisent. L’organisation de Renault Parc Entreprises a fait ses preuves depuis 2001 pour répondre aux attentes des clients. En ce qui concerne les utilitaires, le renouvellement des gammes avec le nouveau Trafic et le nouveau Master a été un plus. De nouvelles motorisations et une nouvelle boîte automatique ont fait leur apparition. Fort de son expertise, plus que centenaire, Renault est également toujours le leader des véhicules carrossés, dont les ventes ont bondi de 23 %, à environ 16 000 exemplaires en 2019.

A&E : D’une manière générale, quels modèles sont plébiscités par les entreprises ?

PQ : Tous ! (rires) En flottes, la Twingo est leader de son segment. La Clio arrive est en tête des ventes de citadines, le Captur est numéro un des SUV citadins, la Zoe domine les ventes d’électriques, les Mégane, Scénic et Espace sont au top de leurs catégories respectives. Toute la gamme aura été renouvelée en 2020, et les nouveautés – comme la nouvelle Clio et le nouveau Captur – auront trouvé leur rythme de croisière en année pleine.

A&E : Qu’en est-il de Dacia en flottes ?

PQ : Dacia n’est pas forcément une maque poussée en flottes : il n’y a pas d’actions particulières auprès des entreprises. Mais les résultats sont satisfaisants [5 505 ventes flottes en 2019, ndlr]. On fait des volumes. De même pour Alpine, qui a immatriculé 3 172 véhicules [dont 242 ventes à entreprises] l’an passé.

A&E : Observez-vous un réel engouement des gestionnaires de parc pour les véhicules électrifiés ?

PQ : La loi d’orientation des mobilités – et les quotas de verdissement des flottes qu’elle contient – incite déjà les clients à regarder les solutions proposées. Beaucoup d’entreprises nous prennent un, deux ou trois véhicules par anticipation et découverte. L’an dernier, pour les flottes, nous avons mis à la route environ 4 000 Kangoo Z.E. et près de 6 000 Zoe. Au-delà des qualités intrinsèques des produits et des autonomies en progression, il faut savoir qu’à couples durée-kilométrage identiques les TCO des véhicules électriques se rapprochent vraiment de plus en plus de ceux des modèles thermiques.

A&E : De nouveaux produits devraient vous aider à accélérer la transition énergétique des flottes...

PQ : Globalement, les clients B to B souhaitent l’électrification de leurs parcs. Leader du segment A en thermique, la Twingo, déclinée en version Z.E., c’est-à-dire 100 % électrique, sera lancée prochainement. Plus récemment, les Clio E-Tech et Captur E-Tech hybrides rechargeables ont rejoint la gamme comme la Mégane Estate E-Tech hybride rechargeable. Certaines entreprises attendent de découvrir ces véhicules pour finaliser leurs car policies.

A&E : Sans-plomb, gazole, électricité... Il n’y a donc pas de place dans la gamme Renault pour d’autres types d’énergie ?

PQ : Au contraire ! Nous proposons toujours une offre de véhicules particuliers roulant au GPL. De temps en temps, cette offre, composée de Clio et des modèles Dacia, suscite des demandes. Certaines entreprises se reposent la question de la pertinence de ce carburant, d’autant que le nombre de pompes reste satisfaisant. Pour les VUL, nous allons développer une offre hydrogène avec le Kangoo Z.E. HY et le Master Z.E. HY. Tout le monde est à la recherche d’une optimisation des coûts d’utilisation et de la fiscalité automobile.

A&E : Les véhicules diesel ont-ils encore un avenir auprès des professionnels ?

PQ : Clairement, le diesel a encore toute sa place dans les flottes… en fonction de l’usage réel des véhicules. Je ne pense pas que l’on va s’orienter dans les prochains mois vers du tout-électrique ou du tout-hybride en entreprise. Commander un véhicule de société diesel est encore un réflexe, une habitude bien ancrée ; il faut désormais orienter les clients vers ce qui est le plus pertinent pour eux.

A&E : Quels sont vos objectifs pour 2020 ?

PQ : Il faut rester premiers ! L’objectif 2020 est de faire aussi bien qu’en 2019. L’année ne sera pas forcément facile avec l’entrée en vigueur du WLTP et de la LOM. À nous de transformer ces "contraintes" en forces.

A&E : Quelle stratégie allez-vous déployer pour y parvenir ?

PQ : On ne va pas réinventer ce qui fonctionne. Il faut laisser du temps aux produits et aux nouveautés. Je le répète, l’année 2020 sera riche en lancements, avec, par exemple, l’arrivée du nouveau Kangoo. Au sujet des offres proposées, aujourd’hui, tout existe. Pour de la LLD, il est possible de passer soit par nos partenaires, soit par notre captive, la Diac.

A&E : Des projets en matière de mobilité vont-ils voir le jour ?

PQ : Nous travaillons à l’optimisation des déplacements professionnels et, plus généralement, nous réfléchissons à de nouvelles solutions de mobilité comme le car sharing. Mais je ne peux pas en dire plus...


Entretien initialement paru dans le numéro 254 (mars 2020) de L’Automobile & L’Entreprise , avant la crise sanitaire liée au Covid-19.

Mots clefs associés à cet article : Dacia, Renault, Véhicule utilitaire léger (VUL), Marché Flottes, Alpine, Groupe Renault

Voir aussi :

A la une
Suivez-nous RSS Twitter Linkedin
Newsletter