« Nous ne sommes qu’au début du développement de la télématique en France », selon Olivier Mansard (Masternaut)

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Consommation de carburant, kilométrage, entretien, mais aussi comportement des conducteurs…, la gestion de flotte se met à l’heure du big data. Tour d’horizon du marché de la télématique embarquée et des bénéfices attendus pour les entreprises avec Olivier Mansard, vice-président des ventes de Masternaut.

Olivier Mansard, vice-président des ventes de Masternaut.
Olivier Mansard, vice-président des ventes de Masternaut.

L’Automobile & L’Entreprise : Avec la montée en puissance de la data, la télématique fait de plus en plus parler d’elle. Quel est le potentiel de ce marché en France ?
Olivier Mansard :
Il est en plein développement. La France accuse un retard non négligeable par rapport à d’autres pays européens, comme l’Angleterre et l’Allemagne. Seules 15 % des flottes françaises de plus de 50 véhicules en sont équipées, contre 75 % chez nos voisins d’outre-Manche. Nous amorçons actuellement une phase de rattrapage dans l’Hexagone. Les gestionnaires de parc y perçoivent davantage d’intérêt en termes de sécurité et d’efficacité. L’exploitation de l’ensemble des données, que nous sommes capables de recueillir, permet d’obtenir la plus grande satisfaction et un meilleur niveau de performance.

A&E : L’engouement pour cette technologie ne va-t-il pas de pair avec la mutation du secteur automobile et l’entrée en vigueur des nouvelles réglementations ?
OM :
À chaque problématique existent des solutions évidentes. Le marché automobile évolue très fortement au niveau de ses pratiques et fondamentaux. Bien évidemment, ces deux aspects se réunissent. Quand on voit la hausse des prix du carburant et la pression environnementale qui augmente, les économies qu’il nous est permis de réaliser avec un traitement intelligent des données sont loin d’être négligeables.

A&E : Quels avantages stratégiques les entreprises peuvent-elles attendre de la télématique ?
OM :
Les budgets liés aux flottes, déjà très importants, vont continuer d’augmenter, qu’on le veuille ou non. Pour bien user de la télématique, il faut donc d’abord comprendre quels sont les besoins des entreprises, et derrière ces besoins, s’il y a un objectif plus global et stratégique à atteindre. Nous les accompagnons ainsi dans la conduite du changement. Par exemple, un de nos clients a complètement revu l’organisation de ses agences, qui affichaient une disproportion en termes de charge de travail. En exploitant les données, nous avons pu lui proposer un schéma adapté intégrant des temps de conduite équilibrés, mais aussi de l’auto-partage et plusieurs véhicules électriques dans sa flotte. Il nous a fallu enfin aider les collaborateurs à comprendre quels étaient pour eux les bénéfices, notamment au niveau des aspects de sécurité et d’éco-conduite.

A&E : Et en chiffres ?
OM :
Tous les gestionnaires de flotte savent que certains véhicules ne tournent pas. La télématique va pouvoir les aider à identifier lesquels et à préciser les raisons de leur non-utilisation. Avec ces informations, il est possible d’optimiser et de réduire la flotte d’environ 10 à 20 %. Une grosse économie ! La télématique, c’est aussi un retour immédiat sur investissement : pour un euro investi, les gestionnaires peuvent économiser trois euros sur leur budget maintenance, assurance et essence.

A&E : Quelles sont les nouveautés en la matière ?
OM :
Nous avons présenté sur le Mondial de Paris un nouveau boîtier accessible, sous le nom de Pulse. Ce traceur GPS fournit des informations de position pour les véhicules de flotte, en particulier ceux qui ne peuvent être équipés d’une solution permanente, à savoir les véhicules de location courte durée, de sous-traitants et de fonction. Nous travaillons aussi sur des solutions davantage orientées « métier », notamment pour la logistique du froid avec le lancement à venir d’un module spécial. Il mesure en temps réel les variations de température, une donnée très importante pour la traçabilité des produits.

A&E : Mais la télématique a un coût. Est-elle facilement accessible ?
OM :
Les évolutions des dernières années, qui ont consisté à améliorer la qualité de la donnée et des boîtiers, ont permis de faire évoluer les prix dans le bon sens et de rendre la télématique accessible à tous. Elle est aujourd’hui simple d’utilisation et fluide, ce qui attire de plus en plus de clients. C’est une technologie qui fonctionne bien et présente des avantages réels.

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