Mobilité post-Covid : les Français disposés à marcher

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Pas de doute : la crise sanitaire et le confinement qui en a découlé ont refaçonné notre façon de penser la mobilité. Moins d’avion et de transports collectifs, plus de mobilités douces et de véhicules individuels… Le Nouvel Observatoire des risques routiers et de la mobilité, publié au début du mois de juin par l’Association Prévention Routière, a étudié la nouvelle typologie de nos déplacements. Une enquête riche d’enseignements.

24 % des sondés plébiscitent désormais la marche. (© @jankolario/Unsplash)
24 % des sondés plébiscitent désormais la marche. (© @jankolario/Unsplash)

La crise du Covid-19 a eu de nombreux impacts, d’abord sur notre économie globale, mais aussi sur notre mobilité. Les restrictions de déplacement ont en effet obligé la population française à repenser ses trajets et parfois même à changer de modes de transport. Un fait avéré mais dorénavant souligné par une étude réalisée en ligne par l’Association Prévention Routière, entre le 8 et le 10 mai 2020, auprès d’un échantillon de 1 129 Français âgés de 18 ans et plus. Pour étoffer ses résultats, cet Observatoire des risques routiers et de la mobilité les a également couplés avec les données enregistrées sur les déplacements, les vitesses ou encore les comportements du panel « les éclaireurs  », regroupant des usagers de la route connectés à une application dédiée.

De cette dissection des habitudes de mobilités quotidiennes il ressort que l’effet confinement a eu pour incidence première une chute considérable de la distance parcourue. Le nombre de kilomètres effectués lors d’un trajet a ainsi été divisé par cinq. Par conséquent, les trajets de proximité sont presque devenus la norme puisque 42 % des kilomètres parcourus l’ont été sur les routes départementales, alors qu’ils ne correspondaient qu’à 34 % à la même période en 2019. Ceux réalisés en ville sont demeurés à peu près stables (28 % contre 26 %), tandis que les trajets sur autoroutes ont pâti de cette nouvelle mobilité locale (environ 30 % contre 39 % en 2019). Cependant, l’approche des vacances d’été, pour l’essentiel prises en France, devrait voir les grands axes nationaux à nouveau pris d’assaut.

Se réapproprier la marche

De ces nouvelles habitudes de déplacement « de voisinage », 58 % des Français interrogés par l’Observatoire affirment vouloir en conserver les bienfaits. Ainsi, 24 % des sondés plébiscitent désormais la marche, meilleur moyen de réduire la sédentarité forcée par un confinement qui a immobilisé tout un pays. Sur la deuxième marche du podium vient ensuite et sans surprise la voiture pour 15 %, puis le vélo pour 13 % en troisième position. Ce dernier semble d’ailleurs être le grand gagnant en termes de popularité auprès des jeunes et des actifs, autant en zone rurale qu’urbaine. Cet engouement croissant pour les mobilités dites douces et l’autosolisme se fait forcément au détriment des transports partagés, mais aussi du free floating ou du covoiturage. Pour cause : leur aspect collectif représente un risque sanitaire pour 31 % des sondés, inquiets d’être contaminés.

La crainte de reprendre le volant

L’appréhension, voire l’angoisse, un sentiment véritablement influent sur les nouvelles mobilités adoptées post-confinement. Le fait que plus de la moitié des Français interrogés (55 %) redoute de reprendre sa voiture en témoigne. Nombre d’entre eux s’alarment en effet de circuler dans un trafic routier redevenu dense mais surtout d’être confrontés à des comportements dangereux de la part des autres automobilistes – les grands excès de vitesse ont par exemple explosé sur les routes quasi désertes en temps de confinement.

De même, la perte des réflexes après une longue période où son véhicule a été contraint de rester au garage fait peur à une large majorité des conducteurs. L’apparition de nouveaux usagers de mobilités douces, pas toujours bien formés à leur pratique, mais aussi l’aménagement récent de pistes cyclables dans l’espace public doivent pourtant inciter les automobilistes à se montrer encore plus vigilants et sereins au volant. Au risque de voir les chiffres de la Sécurité routière remonter en flèche les prochains mois.

Mots clefs associés à cet article : Vélo, Transports en commun, Mobilité durable, Études, Coronavirus Covid-19

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