Mobilité à Paris : en quoi seront transformées les places de parking supprimées ?

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Lors d’une visioconférence, le mercredi 3 mars, l’adjoint EELV à la maire de Paris, David Belliard, a rendu les conclusions émises lors des États généraux du stationnement. Cet exercice de consultation de la population visait en effet à imaginer les reconversions et futures utilisations des zones de parking en surface que l’édile souhaite voir disparaître.

David Belliard table sur l’élaboration d’un plan d’action aux alentours de début juillet. © Liam Martens/ Unsplash
David Belliard table sur l’élaboration d’un plan d’action aux alentours de début juillet. © Liam Martens/ Unsplash

Cet automne, la mairie de Paris s’était engagée dans une vaste transformation de son espace public, annonçant la suppression de la moitié des places de stationnement de voirie – « soit quelque 60 000 places équivalant à 60 hectares de terrain et représentant environ trois fois la superficie du parc des Buttes-Chaumont » a précisé l’adjoint EELV à la maire de Paris, David Belliard. Mais pour les remplacer par quoi ? Là était toute la question posée aux habitants, citoyens, professionnels, associations, usagers et experts réunis lors des États généraux du stationnement.

Se tenant de novembre à février dernier, ce dispositif de concertation a recueilli presque 16 500 propositions émanant d’acteurs au profil divers. Ceux-ci ont pu apporter leur contribution par le biais de la plateforme en ligne idee.paris.fr, au cours de l’un des sept ateliers thématiques organisés par la mairie ou durant une conférence citoyenne qui a rassemblé un panel de 23 personnes « dont un tiers de non-Parisien » a rappelé David Belliard. Un « véritable engouement » et une « forte implication » de la part de la population qui amène l’élu écologiste à constater que celle-ci semble prête à se projeter collectivement dans « une ville repensée pour répondre aux enjeux d’un meilleur partage de la chaussée, de la qualité de l’air et des nuisances sonores ».

« Débitumiser » la ville

Si l’heure n’est encore qu’à la collecte et à la restitution des initiatives soumises, plusieurs sujets se dessinent en priorité. À commencer par un désir prédominant de végétalisation. « Remettre de la nature en zone urbaine a été préconisé par deux tiers des participants aux états généraux », avance David Belliard. En plus de voir fleurir des jardinets et autres plantations, les perspectives de réappropriation de l’espace public passeraient aussi par une piétonisation accrue et une circulation facilitée pour les utilisateurs de vélos et d’engins de mobilité douce.

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© Antonin Moriscot

Pour assurer un meilleur partage de l’asphalte et une cohabitation apaisée de tous les modes de déplacements, la mise en place d’un « code de la rue », d’une signalétique plus claire et le renforcement de l’absence d’automobiles aux abords des écoles sont également prévus au programme. Une meilleure articulation ainsi qu’une cohérence tarifaire entre les garages en sous-sol et en voirie a également été ardemment sollicitée, tout comme la fin de la gratuité du stationnement pour les deux-roues. Enfin, conserver l’accessibilité de la ville aux personnes à mobilité réduite en pérennisant les places handicapées en surface ainsi que préserver la vie économique de la capitale en privilégiant la logistique urbaine décarbonée s’inscrivent dans le lot des ambitions planifiées.

Le compte à rebours est lancé

Maintenant que toutes ces requêtes ont été listées, vient à présent le temps de l’arbitrage pour s’assurer de la faisabilité technique des projets, de leur intégration à la politique écologique de l’actuelle maire de Paris et de leur concrétisation. Un calendrier encore assez long, David Belliard tablant lui-même sur l’élaboration d’un plan d’action aux alentours de début juillet – juste avant l’acte II du Plan vélo qui, lui, interviendra en septembre.

Quant à la compatibilité de ces travaux d’aménagement de l’espace urbain avec les hypothétiques ambitions présidentielles d’Anne Hidalgo pour 2022, son adjoint botte en touche en affirmant être « 100 % engagé » dans ce dossier, se place en garant de la réalisation des pistes avancées par les États généraux du stationnement. Le déploiement des bornes de recharge, également abordé lors des sessions de discussions, promet, lui, de poursuivre son développement avec une attention particulière portée à la charge rapide. Celle-ci s’avère en effet pratique pour les professionnels du secteur de la livraison pour faire leur plein électrique lors de la pause méridienne.

Mots clefs associés à cet article : Vélo, Parking, Trottinettes électriques, Stationnement , Mobilités

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