Marché flottes : les vrais chiffres du premier trimestre 2021

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Après l’effondrement de mars 2020, sous l’effet de la crise sanitaire et du premier confinement, le marché automobile national comme celui des flottes explosent au mois de mars pour clôturer un premier trimestre 2021 dans le vert. Mais tout cela n’est que mirage... même si le secteur des parcs d’entreprises privés comme publics a presque retrouvé son niveau de 2019.

©A&E 2020
©A&E 2020

2020 s’est terminée dans la souffrance pour le marché automobile français avec des volumes en baisse de 25,5 % par rapport à 2019. Avec seulement 1,65 million de véhicules neufs écoulés – contre 2,2 millions l’année précédente – le secteur a fait un sacré bond en arrière… au point de retrouver le même état qu’en 1975 ! Et ce n’est pas prêt de s’arrêter puisque les périodes successives de confinement et de couvre-feu continuent de réduire fortement l’activité des distributeurs, la situation économique incertaine refroidissant toujours les acheteurs. Et alors que les ventes ont explosé sur le mois de mars (189,8 % au niveau national et 30 % pour les flottes) clôturant ainsi un premier trimestre 2021 dans le vert (respectivement +23,9 % et +30,4 %), tout cela n’a pas de sens puisque ces résultats se réfèrent à une période (mars 2020) qui était en recul de 72,20 % (- 63,5 % pour les flottes).

Une réalité plus noire

En réalité, le marché est encore loin d’avoir retrouvé son niveau habituel. En prenant plus logiquement 2019 comme année de référence standard, les immatriculations continuent de s’afficher à la baisse. Sur l’Hexagone, elles chutent de 16,8 % sur les trois derniers mois (-15,8 % sur le seul mois de mars). Encore une fois, le canal des particuliers est fortement touché (-24,6 % sur le trimestre), tout comme celui de la location courte durée (-42,3 %). Durement frappés par la crise sanitaire, ces derniers ont en effet sévèrement réduit leurs achats de véhicules neufs et taillé dans leurs parcs. À contrario, le canal des flottes, lui, continue de se montrer résilient. Au cours des trois premiers mois de l’année, il a pu (presque) retrouver son niveau de 2019 à 217 516 mises à la route contre 218 376 il y a deux ans (-0,4 %). En mars, il affiche même un résultat au beau fixe avec une légère augmentation des ventes de 1,5 %, tirée par la croissance des VUL (+4,1 %), les VP étant toujours en baisse (-0,4 %).

Toujours plus de parts pour les flottes

Logiquement, la part de marché des flottes continue de prendre de l’importance. Elle progresse de 1,9 point par rapport au premier trimestre 2020 et même de 6,4 points par rapport 2019. Sur la période, le volume des immatriculations (-0,4 %) s’explique par une chute des ventes de véhicules particuliers (-1,2 % à 124 467 unités) que ne parvient pas à compenser la timide croissance des ventes de véhicules utilitaires légers (+ 0,7 % à 93 049 unités). On constate que le marché B2B est tiré par les commandes des administrations, lancées à grande vitesse dans leurs programmes de renouvellement et verdissement des parcs.

Un engouement pour l’hybride… et le GPL !

Crise sanitaire ou non, la transition énergétique des parcs se maintient. On peut même dire qu’elle s’accélère ! Les immatriculations de véhicules hybrides ont quasiment doublé en un an. À fin mars, 18 941 véhicules de ce type sont arrivés en flottes, contre 11 377 sur le premier trimestre 2020 soit une augmentation de 66,5 % et une part de l’énergie dans le mix-énergétique qui s’établit à 8,7 % (+1,9 point vs 2020). Plus difficile à introduire et faire valoir auprès des conducteurs, l’engouement pour le véhicule 100 % électrique est moindre. Au cours des trois premiers mois de l’année, quelque 8 600 unités ont été acquises par les flottes (+ 24,8 %). Les immatriculations de véhicules carburant aux énergies dites « alternatives » sont aussi en progrès avec 962 véhicules comptabilisés contre 241 l’an passé (+182,1 %) notamment tirées par les immatriculations des modèles GPL (405 unités contre 11 en 2020). Bien évidemment, ces évolutions se font au détriment des motorisations thermiques. Ainsi, les ventes de diesel ont reculé de près de 20 000 unités, et leur part du mix-énergétique tend à se réduire de mois en mois (62,3 % sur le T1 2021 soit 7,3 points de moins qu’au T1 2020). La part de l’essence reste stable d’une année à l’autre.

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