Location de courte durée : + 1,4 % en 2008 et – 15 % attendus en 2009

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Le président de la branche loueurs de courte durée du CNPA, André Gallin, a profité de la conférence de presse-bilan annuelle pour faire le point sur l’évolution de ce marché préservé en 2008, puis fortement touché en ce début d’année (– 60 % pour les achats de véhicules à fin février 2009). Chaque année depuis près de vingt ans, TNS-Sofres réalise pour le compte de la branche loueurs du CNPA (Conseil national des professionnels de l’automobile) une étude du marché de la location de courte durée (LCD). Il en ressort que l’année 2008 ne fut pas si mauvaise que cela (+ 1,4 %), eu égard au contexte européen environnant, mais avec des heurs différents selon la période. Ainsi, si le premier semestre fut satisfaisant (+ 7,4 %), le second s’est révélé nettement moins bon en fin d’année (– 3,5 %). Il s’avère en fait que les Français, crise oblige, voyageant moins, louent plus volontiers en France, de préférence dans les gares plutôt que les aérogares, et qu’ils ont le plus souvent entre 35 et 64 ans (43 de moyenne).
Pour ce qui est des types de véhicules, les Français pratiquent la location, moins à titre professionnel que privé pour les voitures particulières (VP). C’est à peu près la même chose pour les utilitaires, plutôt légers (fourgons de 6 à 12 m3), qu’ils louent pour leurs déménagements et autres travaux de bricolage ou d’entretien de leur habitation. Quant au lieu de location, ils préfèrent la proximité (d’où le succès des locations mises en place par la grande distribution) et en passent plus volontiers par les agences de location (+ 2 %) et les plates-formes de location (GDS de type Amadeus : + 2,20 %).

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En revanche la baisse du second semestre 2008 ne préfigure rien de bon pour l’année 2009 puisque les retours de locations d’octobre traînent toujours sur les parcs des constructeurs. Ces véhicules, dont on a estimé le buy-back six ou sept mois avant, sont aujourd’hui plus chers que des véhicules neufs remisés cumulant par ailleurs bonus et prime à la casse. Ils sont donc invendables en l’état… Ce constat ne pousse pas les constructeurs à remettre à la route, tout de suite et certainement pas dans les mêmes conditions, des véhicules pour la LCD qu’ils tentent de convaincre de prolonger les contrats… Ces loueurs, qui acquièrent 240 000 véhicules (VP + VUL) chaque année, absorbant par là une bonne partie de la production, auront donc bien du mal à renouveler leur parc tandis que d’âpres négociations s’engagent entre les loueurs et des constructeurs qui aimeraient bien pouvoir partager avec eux le risque et la VR (valeur résiduelle) du buy-back tout en les convainquant de revoir les primes de volumes et, pourquoi pas, de louer moins cher les fameux V.O. stagnant sur parc.
Bref tout y passe en cette période de crise aiguë, et l’on marchande au plus serré le tapis… dans le seul espoir que cela aille mieux et que l’État – encore lui – accorde également une prime à la casse pour les V.O. récents. Mais la crise est certainement plus profonde, et il faudra très certainement revoir le modèle de la location courte durée et ses relations avec les constructeurs pour répondre aux nouveaux besoins de mobilité des locataires : auto-partage, véhicules propres, location à l’heure, location de moyenne durée, pour un mois, voire deux… Toutes des solutions qui aujourd’hui sont la marge mais qui risquent demain de devenir le lot courant.

Mots clefs associés à cet article : Elat, CNPA, LCD

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