Les trottinettes électriques interdites dans la ville de Montréal

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Exaspérée par les incivilités des usagers de trottinettes en libre service, la municipalité canadienne a décidé de les bannir de ses rues. Une première qui pourrait en inspirer d’autres ?

Les trottinettes électriques garées n'importe où : le cauchemar des autorités montréalaises. (© Clotilde Gaillard)
Les trottinettes électriques garées n'importe où : le cauchemar des autorités montréalaises. (© Clotilde Gaillard)

Le « désordre » qu’elles provoquaient aura eu raison de leur expérimentation. Mercredi 19 février, la ville de Montréal a fait savoir dans un communiqué que les trottinettes électriques en libre service n’étaient dès à présent plus autorisées à circuler dans ses rues. Introduits cet été, ces presque 700 moyens de mobilité durable n’ont donc plus droit de cité dans l’espace public de l’agglomération québécoise. Au grand dam des opérateurs de free floating.

Pas d’accident mais trop de manquements au règlement

Si les autorités montréalaises ont pris une décision aussi radicale, c’est que ces engins représentaient une menace pour la sécurité des piétons. Bien qu’aucun accident n’ait (fort heureusement) été à déplorer, la cohabitation entre marcheurs et utilisateurs de trottinette s’avérait « parfois difficile », a souligné la municipalité dans son communiqué.

De plus, le taux d’infractions relevées (notamment pour absence du port du casque) et le non-respect des protocoles d’usage ont poussé à bout les autorités. « Seulement 20 % des trottinettes ont été stationnées dans les espaces dédiés » a constaté la ville, amère. Or « Montréal ne veut pas se transformer en police des trottinettes » a fermement déclaré Éric Alan Caldwell, responsable de la mobilité au sein de la mairie.

Les opérateurs dans le collimateur

Néanmoins, les usagers ne sont pas les seuls à blâmer de l’abandon précoce de ce projet-pilote. Les sociétés Lime et Bird ont aussi leur part de culpabilité selon la municipalité. « Les opérateurs n’ont pas su assurer leur responsabilité quant au respect du règlement », leur a-t-il été reproché. «  C’est un pas en arrière pour les habitants d’une ville déterminée à réduire les embouteillages, ainsi que son empreinte carbone » a répliqué Lime, déçu de se voir ainsi évincer.

Le loueur Bird, quant à lui, compte réintroduire ses trottinettes électriques à Montréal en 2021, après avoir résolu les problématiques de stationnement en collaboration avec la ville.

Les vélos électriques toujours autorisés mais mieux encadrés

Autre fait notable en matière de mobilité montréalaise : « les permis pour les vélos électriques seront renouvelés, mais régis par une réglementation plus serrée », a précisé la municipalité. Qui prévoit également d’augmenter les tarifs de ces deux-roues à assistance électrique afin d’investir dans l’installation de supports à vélo dès l’été prochain.

Alors que dans le reste du monde les trottinettes électriques constituent un épineux sujet d’électromobilité et d’incivilité, l’initiative canadienne pourrait inspirer d’autres villes. À l’image de Westmount, proche de Montréal, qui a également annoncé ne plus accepter les trottinettes électriques en libre service sur son territoire.

Mots clefs associés à cet article : Mobilité durable, Environnement, Trottinettes électriques

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