Les temps forts du webinar avec Marc Mortureux (PFA) et Xavier Horent (CNPA)

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Une heure avant que le président de la République, Emmanuel Macron, ne dévoile le plan de relance automobile depuis le site Valeo d’Étaples, Auto Infos a fait le point sur les attentes de la filière automobile avec un plateau de haute volée. Best of.

DR / Webikeo - Auto Infos
DR / Webikeo - Auto Infos

Le 26 mai 2020, juste avant la présentation du plan de relance automobile par Emmanuel Macron, président de la République française, Christophe Carignano, rédacteur en chef d’Auto Infos et directeur du pôle automobile d’Infopro Digital, a convié Marc Mortureux, directeur général de la PFA, et Xavier Horent, délégué général du CNPA, à préciser leurs attentes de représentants incontournables de la filière automobile, amont comme aval, et d’interlocuteurs privilégiés des pouvoirs publics pour dessiner l’après-crise.

Les chiffres à garder en tête :
– 48 % : recul du marché automobile français (VN) sur les quatre premiers mois de 2020 par rapport à la même période de référence de 2019.
– 30 % : recul désormais attendu du marché VN sur l’exercice 2020, du jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale.
30 % : taux d’activité industrielle de l’automobile en France à la fin du mois de mai.
10 % : en France, l’industrie est passée de 30 % du PIB à 10 % en l’espace de quelques années.
22 % : part des VP fabriqués en France et vendus en France (plus de 40 % pour les VUL).

L’urgence, c’est d’éviter la casse

Marc Mortureux : « C’est une crise beaucoup plus forte que celle de 2008, que nous gardons pourtant en mémoire pour sa violence. Dans le même temps, les disruptions que nous connaissons restent d’actualité : transformation digitale, normes environnementales renforcées, évolution de la place de la voiture dans la société. Les inquiétudes sont donc fortes, d’autant que de nombreuses entreprises ont perdu leur équilibre financier et que la reprise de la demande pourrait être molle. Il faut donc soutenir les industriels, mais aussi la demande, sans renoncer à nos objectifs relatifs à l’environnement, objectifs fixés au niveau européen. Au plan industriel, il ne faut pas se focaliser uniquement sur la ré-industrialisation, mais songer aussi à soutenir l’investissement relatif à la R&D, à la filière hydrogène, à l’industrie 4.0, à la sécurisation des fonds propres, etc. »

Xavier Horent : « L’immédiateté absolue, c’est de sauver les entreprises. Il faut des mesures “ coup de fouet ” pour éviter tout attentisme et la mort subite de nombreuses entreprises, avec les conséquences que cela aurait sur l’emploi. Simultanément, on peut bien sûr réfléchir à une seconde étape, préparer un nouveau contrat stratégique de filière et sécuriser nos objectifs à moyen terme, notamment par rapport au respect de l’environnement et à l’essor des nouvelles mobilités. Mais l’urgence c’est d’éviter la casse. Il faut donc être pragmatique, partir du terrain, des stocks, de la demande, et ne pas faire preuve de dogmatisme. »

Pas de remise en question du Green Deal européen

Marc Mortureux : « D’ici à 2030, tous les véhicules neufs seront en partie électrifiés, sous différentes formes et à différents degrés. Les véhicules 100 % électriques sont une partie de la solution, mais il faut aussi tenir compte des moyens financiers des clients, de leurs véritables besoins et de la réalité actuelle des infrastructures de charge, un point très sensible. L’essentiel n’est pas de chercher une solution unique. Il faut une grande stabilité réglementaire à l’avenir et favoriser des solutions qui profitent à l’industrie automobile française et européenne. Le rôle des villes sera aussi déterminant, notamment via les ZFE, qui vont concerner 17 millions de Français dans notre pays. Mais entendons-nous bien, il ne s’agit pas de remettre en question le Green Deal européen qui a tendance à prendre de l’ampleur, y compris depuis l’arrivée de la crise. »

Xavier Horent : « C’est pourquoi il faut que le plan de relance s’applique aussi aux véhicules thermiques et aux VO. Techniquement, une prime à la conversion la plus large possible peut être une bonne solution, surtout qu’elle a déjà fait ses preuves. Le pouvoir d’achat doit être intégré, car on ne saurait oublier la séquence des Gilets jaunes. Pour les entreprises, les baisses de charge sont nécessaires. C’est ce qui permettra de relancer le moteur du secteur. Dans un second temps, vers septembre, nous travaillerons à plus long terme, avec un souci de coordination européenne et en espérant que le principe de neutralité énergétique sera enfin adoubé. »

Les résultats des sondages du webinar :

- 94 % des sondés estiment qu’il faut intégrer les véhicules thermiques dans les aides à l’achat.
- 53 % des sondés disent que leur entreprise est en danger à la suite de la crise sanitaire de Covid-19 et aux mesures de confinement qui ont paralysé l’activité.
- 52 % des sondés pensent que les clients ne sont pas intéressés par l’achat d’un véhicule électrifié en concession.

Mots clefs associés à cet article : Marché France, Économie, Consommation - Consommateurs, Commission Européenne, Véhicule électrifié , CAFE, Coronavirus Covid-19

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