« Les citadins ont à cœur de se déplacer autrement », estime Arthur-Louis Jacquier (Lime France)

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Spécialiste américain des mobilités, Lime a lancé mi-2018 ses services en France. En quelques mois, des milliers de citadins ont été séduits par ses trottinettes électriques en libre service. Désormais, la filiale française s’oriente vers le marché B to B avec des offres sur mesure. Arthur-Louis Jacquier, directeur général de Lime France, détaille cette nouvelle stratégie

« Les citadins ont à cœur de se déplacer autrement », estime Arthur-Louis Jacquier (Lime France)

L’Automobile & L’Entreprise : En à peine plus de six mois d’existence, Lime connaît un véritable succès en France. Comment l’expliquez-vous ?

Arthur-Louis Jacquier : Alors qu’aux États-Unis nous proposons des vélos, des trottinettes et des voitures en libre service, nous sommes arrivés en France avec un seul mode de déplacement qui n’était pas encore proposé : les trottinettes. Elles permettent de bouger d’une manière pratique, écologique, ludique et peu chère (chaque location coûte un euro, auquel il faut ajouter 15 centimes par minute d’utilisation). Nous nous efforçons aussi d’éviter de reproduire les erreurs commises par les opérateurs de free floating concurrents.

A&E : C’est-à-dire ?

A-LJ : Nous avons transformé une contrainte en force. Face aux risques de vandalisme et de vol, nous récupérons tous les soirs l’ensemble des trottinettes, où qu’elles soient, puis nous les redéployons à l’aube. Entretemps, elles sont révisées si nécessaire et rechargées. En France, le concept de mobilité durable est aussi quelque chose d’assez bien perçu. Cela nous aide. Et les citadins ont à cœur de se déplacer autrement.

A&E : Après les particuliers, vous tentez désormais de séduire les entreprises. Quelle est votre approche ?

A-LJ : C’est très récent. Depuis le mois de décembre nous en démarchons certaines mais recevons aussi des demandes de sociétés ou de collectivités locales. Ces prospects jugent souvent que leurs locaux ou certaines zones tertiaires sont mal desservis par les transports en commun.

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A&E : Le quartier d’affaires de la Défense, où vos trottinettes sont déployées depuis fin 2018, n’est pourtant pas un territoire isolé…

A-LJ : Avant de nous y installer, nous avons répondu à un appel à projets lancé par l’aménageur Paris la Défense, qui avait identifié un besoin. Lime est le seul opérateur de mobilité autorisé à exercer en free floating sur ce territoire, et nous travaillons main dans la main avec l’établissement public pour définir les meilleurs lieux de dépose des trottinettes. Chaque jour nous mettons à disposition entre 150 et 200 trottinettes sur le parvis et nous en récupérons le double. Les salariés de la zone essayant d’éviter au maximum les bouchons et les transports en commun saturés.

A&E : Vous avez toutefois présenté deux offres structurées. Quelles sont-elles ?

A-LJ : La première consiste en un abonnement qui concerne tous les salariés d’une même entreprise. Leur adresse mail professionnelle leur donne accès à un compte sur notre plate-forme, et le coût de leurs trajets est pris en charge par leur employeur. Ce dernier peut définir des restrictions comme la plage horaire d’utilisation, le nombre de locations autorisées par mois, ou encore verser un montant maximal de crédit à ne pas dépasser par salarié. [L’entreprise s’acquitte également de 30 % de frais de gestion, ndlr.] Notre seconde offre consiste en la mise à disposition d’une flotte de trottinettes auprès d’une société. Elles sont déposées à un horaire convenu au pied du siège de l’entreprise (ou dans un espace dédié), et on peut ajuster en temps réel le nombre d’engins disponibles en fonction de la demande. Nous facturons un prix minimum par jour et par trottinette pour des trajets en illimité.

A&E : Le projet de loi d’orientation des mobilités (LOM) prévoit d’encadrer davantage l’usage des trottinettes. N’avez-vous pas peur que les utilisateurs s’en détournent ?

A-LJ : Non, au contraire. La LOM va donner un cadre aux services de location de trottinettes en free floating et imposer des devoirs. Elles ne devraient plus être admises sur les trottoirs par exemple. Chez Lime nous sommes pour une régulation du secteur. Nous avons déjà commencé à travailler avec des élus locaux sur la place de la trottinette en ville, il faudrait le faire au niveau national. Ce que nous attendons surtout de la loi d’orientation des mobilités, c’est que l’usage des trottinettes par les salariés puisse entrer dans le forfait mobilité.

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Mots clefs associés à cet article : Mobilité durable, Entreprises, Nouvelles mobilités, Micro-mobilité, Trottinettes électriques

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