Les actifs privilégient de nouveau la voiture pour leurs trajets domicile-travail

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Alors qu’en 2019, le baromètre annuel « Entreprises & mobilité » mené par Alphabet France et l’institut Ifop dévoilait que 72 % des salariés prenaient leur véhicule pour se rendre au bureau, ce chiffre a gagné 4 points en 2020, passant à 76 %. Un regain d’intérêt pour la voiture principalement porté par la crise sanitaire.

Avec le Covid-19, la manière de travailler a été repensée et, par conséquent, les salariés ont changé leurs modes de déplacements. © Quinn Kampschroer / Pixabay
Avec le Covid-19, la manière de travailler a été repensée et, par conséquent, les salariés ont changé leurs modes de déplacements. © Quinn Kampschroer / Pixabay

Comme tous les ans, le spécialiste des solutions de mobilité destinées aux entreprises, Alphabet France, s’est intéressé aux modes de déplacement des actifs français. Les résultats de son étude, réalisée en ligne par l’Ifop du 7 au 17 septembre 2020 auprès d’un échantillon représentatif de 1003 personnes de 18 ans et plus, ont démontré que le véhicule individuel avait connu une recrudescence auprès des salariés de l’hexagone. Si l’année dernière, 7 actifs sur 10 avouaient se rendre au travail en voiture, ils sont désormais presque 8 sur 10 en 2020. Pour retrouver un niveau similaire, il faut remonter jusqu’en 2017 où ils étaient 81 % à prendre le volant pour leurs trajets domicile-travail.

2020, l’année de tous les revirements

Il faut dire que si la tendance à se tourner vers des mobilités douces a subi un léger coup de frein en 2020, c’est parce que cette année s’est avéré très particulière pour les actifs français. La pandémie de Covid-19 et les confinements à répétition ont en effet impacté leurs habitudes professionnelles, les conduisant même à les modifier pour 28% des sondés. Parmi eux, 12% affirment faire des horaires décalés et 17% pratiquent le télétravail tous les jours. Une manière de travailler repensée qui a, par conséquent, changé leurs modes de déplacements.

Ainsi, 31% des actifs qui doivent encore se rendre au bureau ont opté pour la marche à pied, qu’ils ne pratiquaient pas auparavant, tandis que 23 % se sont mis au vélo. En contrepartie, l’usage des transports en commun ne cesse de diminuer, passant de 24 % en 2019 à 17% en 2020. La faute à « la promiscuité que ces derniers imposent dans un contexte sanitaire qui nécessite une distanciation physique », analyse Alphabet.

La voiture surtout plébiscitée en zone rurale

Si la durée moyenne et le nombre de kilomètres parcourus pour un trajet domicile-travail demeure stable par rapport à 2019 – 24 minutes et 19 km contre 23 minutes et 18 km l’an dernier – des disparités sont toujours constatées suivant les régions. Par exemple, c’est en Île-de-France que le temps de trajet moyen est le plus long puisqu’il dépasse 30 minutes pour la moitié des sondés (49,3 % précisément). À l’inverse, le Nord-Ouest de la France offre les temps de trajet les moins long, 70,8 % des usagers mettant avec moins de 20 minutes pour se rendre sur leur lieu de travail.

Ce décalage géographique s’explique par l’importance d’un maillage de solutions de mobilités plus dense dans les grandes agglomérations. Un fait qui justifie également que les actifs interrogés venant d’agglomérations de moins de 100 000 habitants soient davantage enclins à utiliser leur voiture (plus de 88 %) que ceux issus des métropoles. Preuve en est la région parisienne où le véhicule personnel ou de fonction se révèle beaucoup moins présente (environ 52 %). Un chiffre néanmoins en hausse par rapport à 2019, qui enregistrait 45 % de conducteurs de voiture. Outre l’aspect sanitaire et la rapidité de déplacement, la principale raison invoquée dans ce retour accru au volant réside aussi dans le fait d’avoir plus d’autonomie pour 43% des conducteurs de voitures thermiques et 35% des conducteurs de voitures électrifiés.

Les entreprises, acteurs majeurs de la mobilité des collaborateurs

Pour continuer à promouvoir des offres de mobilités douces, moins polluantes que la voiture, le rôle des sociétés s’avère primordial. Presque 6 actifs sur 10 déclarent que leur employeur leur propose de bénéficier de solutions et/ou de services de mobilité. Un quart jouisse du remboursement total ou partiel que leurs titres de transports en commun quand 21 % se voient dédommagés des frais kilométriques forfaitaire, mesure jugée attractive par 74,4% des sondés. On compte également 17,7% de salariés interrogés ayant un véhicule de fonction ou de service mis à leur disposition de façon permanente (13,6%) ou ponctuelle (4,4%). Quant à l’accès à des espaces de stationnement, problématique actuelle cruciale, ils ne sont que 19 % à en disposer. Un taux qui tombe à 13 % pour les cyclistes et même 9 % pour les utilisateurs de deux et trois-roues motorisés.

Des observations incitant peu les actifs à passer aux mobilités douces ou partagées. D’autant que seuls 5% bénéficient de bornes de recharge électriques sur leur site professionnel et qu’un système de mise en relation entre salariés pour effectuer du covoiturage n’a pu être testé que par 3,5 % des sondés. « Pour fidéliser leurs salariés et attirer de nouveaux talents, les entreprises doivent plus que jamais être à l’écoute de leurs besoins en matière de mobilité », constate Stéphane Crasnier, président-directeur général d’Alphabet France. Le chemin reste donc encore long pour voir l’hégémonie de la voiture se rétracter durablement au profit de modes de transports plus respectueux de l’environnement.

Mots clefs associés à cet article : Alphabet, Études, Trajets domicile-travail, Mobilités, Coronavirus Covid-19

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