Le vélo en entreprise change de braquet

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Incitations fiscales, plans de mobilité, batteries plus performantes…, le vélo à assistance électrique (VAE) commence à trouver sa place dans les flottes d’entreprise. Sur ce marché encore émergent les offres s’inspirent du modèle la location longue durée de véhicules.

Hormis les vélos, Green On propose de personnaliser sa plate-forme de réservation aux couleurs de l’entreprise.
Hormis les vélos, Green On propose de personnaliser sa plate-forme de réservation aux couleurs de l’entreprise.

ALD Automotive, Alphabet ou encore Arval ne s’y sont pas trompés. Ces spécialistes de la voiture de fonction intègrent dans leurs offres des vélos à assistance électrique (VAE). Un service opéré, selon les cas, en marque blanche ou en partenariat avec des opérateurs spécialisés. Déployer des VAE dans une entreprise requiert en effet des compétences particulières. Ce qui explique que peu de gestionnaires de flotte les achètent cash.

« Plus de 80 % de nos clients optent pour la location longue durée avec services » confirme Charles Poretz, président de Cyclez, l’un des opérateurs historiques sur ce marché qui propose à la fois de la vente et de la location. À moins d’une solide connaissance technique pour acheter, les coûts indirects risquent de peser lourd dans la balance : vélos low cost pas assez robustes pour résister à une utilisation partagée, maintenance préventive mal calibrée, immobilisations répétées…

Filiale de La Poste, Bemobi s’est inspirée de l’expérience des 23 000 VAE des facteurs avant de se positionner sur le marché B to B. « Nos vélos ont une valeur moyenne de 2 000 euros en prix public, et nous assurons une maintenance sur site toutes les douze semaines » souligne Adeline Gogé-Lefaivre, directrice de ce marché chez Bemobi.

Une autre forme de LLD

Contrairement à un contrat de LLD automobile, le poste « maintenance préventive » est clé dans le loyer d’un VAE. Pas question d’une révision tous les 15 000 kilomètres : plus fragile, le vélo use rapidement ses pneus, ses freins, et il nécessite des réglages. C’est pourquoi, avant de signer, il importe de bien vérifier les fréquences de maintenance proposées (sur site de préférence), ainsi que les pièces d’usure couvertes par la maintenance préventive. Les défaillances relevant de la maintenance curative font l’objet d’une facturation distincte selon un barème.

Autre différence avec sa grande sœur à quatre roues, le vélo à batterie ne connaît pas de problème d’autonomie puisqu’il est destiné à des distances courtes : 5,3 km en moyenne par trajet, selon l’Ademe. «  Tous les VAE peuvent couvrir a minima 30 kilomètres, quelles que soient les conditions d’utilisation. En outre, la batterie se recharge à 80 % en une heure » rappelle Mathieu Dubois, directeur commercial de Green On, un opérateur qui accompagne l’évolution de ce marché depuis une dizaine d’années.

Le choix de la technologie de la batterie (lithium-ion ou lithium polymère pour les plus sophistiquées) et sa puissance dépendront de facteurs, inhabituels dans l’univers de l’automobile, tels que la corpulence de l’utilisateur ou encore la déclivité des parcours. « Sur des vélos affectés à un utilisateur, nous prévoyons une batterie plus puissante car les distances parcourues sont plus longues que pour des vélos partagés », nuance Adeline Gogé-Lefaivre.

Enfin, la durée des contrats n’est pas, ici, corrélée à un kilométrage mais à l’espérance de vie des batteries. « Elles supportent environ 700 cycles de charge, correspondant à une durée de trois ans et demi à quatre ans en usage normal avec deux recharges hebdomadaires », confie Charles Poretz. Ce qui explique que la durée moyenne de ces contrats de LDD tourne autour de 36 mois (contre 42 mois pour la voiture). Cela évite d’avoir à remplacer la batterie (de l’ordre de 600 euros pièce) et permet de repartir avec de nouveaux vélos plus performants, car les technologies font un bond en avant entre deux intervalles de trois ans.

Cibler et tester le service

Contrairement à l’auto-partage, un pool de vélos ne diminuera pas la taille de la flotte VL mais seulement son usage. Selon l’Ademe, un utilisateur de VAE réduit de 69 % le recours à un véhicule personnel sur le trajets domicile-travail et de 65 % celui des véhicules de service sur site. En revanche, il faudra sacrifier une place de parking pour installer une station de recharge. Par ailleurs, le VAE est destiné à des trajets inférieurs à 10 kilomètres pour éviter des temps de trajet rédhibitoires. « L’un des principaux usages est l’intersite pour des trajets qui font en moyenne 4 kilomètres, soit 15 minutes. Quant aux trajets domicile-travail, nous raisonnons avec une limite de 8 kilomètres, soit 30 minutes de vélo », analyse Charles Poretz. En outre, le VAE apporte des prestations de mobilité supplémentaires, comme l’a constaté Mathieu Dubois. « Nos VAE sont beaucoup utilisés durant la pause méridienne par des collaborateurs qui viennent travailler en voiture », relate-t-il.

Pour que ces habitudes s’installent, tous les opérateurs s’accordent sur la nécessité d’une période de test. « Nous recommandons une année au moins pour inclure un cycle été/hiver. La souscription d’un contrat test de 36 mois permet de lisser les loyers, mais nous prévoyons une possibilité de sortie, sans pénalités, au bout de 12 mois », explique-t-on chez Cyclez. Pour sa part, Green On propose une offre test packagée sur six mois. « L’écart avec un contrat de 36 mois est de 30 à 40 euros par mois et par vélo. Mais si le client décide de prolonger, le loyer est recalculé sur la durée choisie », détaille Mathieu Dubois. Quant à Bemobi, il propose un test basé sur une rotation des utilisateurs, comme l’explique Adeline Gogé-Lefaivre : « L’entreprise souscrit un contrat de longue durée pour un pool de VAE puis elle affecte les vélos à des utilisateurs différents pendant 1 à 3 mois. »

Quelle que soit la formule, le succès dépendra de l’accompagnement proposé aux cyclistes : formation à la prise en main, fourniture d’équipements, mais aussi facilités à réserver les vélos sur Internet ou via une application.

Coup de pouce au 1er janvier 2019

Lorsqu’une entreprise met des vélos à disposition de ses salariés pour les trajets domicile/travail, elle peut déduire de son impôt sur les sociétés 25 % de leur coût, qu’il s’agisse des frais de location, d’acquisition ou d’entretien. En outre, l’entreprise peut verser une indemnité kilométrique à ses salariés qui viennent à vélo. Son montant est de 0,25 euro par kilomètre. L’employeur est exonéré de charges sociales dans la limite de 200 euros par an et par salarié. Celui-ci bénéficie d’une exonération d’impôt sur le revenu d’un montant identique.

Mots clefs associés à cet article : LLD, Vélo, Mobilité durable, Bemobi, Green On, Cyclez

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