Sécurité routière : 50 % des gestionnaires de flotte dans l’ignorance

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Le spécialiste de la télématique dédiée aux responsables de parcs, Webfleet Solutions, vient de dévoiler son rapport 2021 sur la sécurité routière des flottes commerciales en Europe. Il en ressort que la moitié des gestionnaires ne savent pas si leurs conducteurs roulent de façon sûre et que 42 % des flottes commerciales sont impliqués dans une à cinq collisions par an.

De même, 6 responsables de parcs sur 10 jugent qu'ils dépensent trop en frais d'entretien et de réparation. © Clark Van Der Beken/Unsplash
De même, 6 responsables de parcs sur 10 jugent qu'ils dépensent trop en frais d'entretien et de réparation. © Clark Van Der Beken/Unsplash

Si l’Europe apparaît comme le continent le plus sûr au monde en matière de sécurité routière – le nombre de personnes décédées chaque année sur les routes de l’UE a diminué de 23 % au cours des dix dernières années – il n’en demeure pas moins que de nombreux efforts restent encore à fournir, surtout au sein des flottes. Et pour cause : en 2019, 406 personnes ont péri sur les routes de France lors d’un déplacement lié à leur activité professionnelle quand 295 personnes ont perdu la vie lors d’un trajet domicile-travail (soit 11,5 % de la mortalité routière). De même, chaque année, les arrêts de travail liés aux accidents de la route se traduisent par près de 4 millions de journées de travail de perdues. Un constat amer voire dramatique que vient étayer le rapport 2021 sur la sécurité routière des flottes commerciales en Europe de Webfleet Solutions.

Méconnaissance répandue des comportements du collaborateur

Pour son enquête, le télématicien a sondé quelque 1 050 responsables de parc de véhicules d’entreprises en Europe. Les résultats de cette recherche ont démontré que 42 % des flottes commerciales sont impliquées dans une à cinq collisions routières par an. Les mois les plus accidentogènes seraient ceux d’été (juillet, août et septembre particulièrement). Quant aux heures les plus dangereuses, elles se situeraient en fin de journée, de 16h à 18h, créneau horaire correspondant aussi aux heures de pointes et aux sorties de bureaux. Toutefois, ce sont moins les périodes que les comportements qui sont en cause dans la grande majorité des cas puisque 90 % des accidents de la route impliquent une erreur humaine.

Malgré cela, 50 % des gestionnaires de flottes interrogés déclarent ne pas être certains que leurs collaborateurs-chauffeurs respectent les règles sur les routes. Un comble quand on sait que 84 % d’entre eux reconnaissent qu’un mauvais comportement de conduite induit un impact négatif sur leurs activités et que 75 % se disent préoccupés par le fait que le non-respect des règles nuise durablement à la réputation de leur entreprise.

La somnolence et la fraude à l’assurance : les deux principaux fléaux

Si, en France, une dizaine de comportements dangereux sont observés quotidiennement en moyenne par conducteur, les trois principales mauvaises habitudes de conduite qui préoccupent le plus les responsables de parc sont l’utilisation du téléphone au volant pour 77 %, la fatigue pour 75 % – 10 % des conducteurs professionnels admettent d’ailleurs qu’ils se sont déjà endormis au volant –, et les excès de vitesse (74 %). Outre cette question de la sécurité, il existe également un autre risque pour les flottes commerciales : celui des fausses réclamations et des arnaques à l’assurance.

Trois réclamations d’assurance sont en effet déposées en moyenne chaque mois contre des flottes commerciales, révèle l’étude de Webfleet. Or, au Royaume-Uni par exemple, les experts en assurance estiment que 60 % des réclamations pour un traumatisme du rachis cervical (ou « coup du lapin ») sont frauduleuses. De plus, les conclusions de l’enquête dévoilent que les flottes commerciales font appel à une assistance pour dépannage en bordure de route six fois par an en moyenne. Des coûts que 58 % des gestionnaires de flottes estiment onéreux, près de 6 responsables de parcs sur 10 arguant qu’ils dépensent trop en frais d’entretien et de réparation. Néanmoins, 56 % des assureurs des gestionnaires de flotte proposent une prime réduite si ces derniers adoptent un système de contrôle embarquée.

La télématique au service des risques

Pragmatique, Webfleet Solutions avance donc comme principal remède le recours à la télématique pour aider les gestionnaires de flottes à assurer la sécurité de leurs conducteurs. Celle-ci permet en effet d’accéder à des rapports de conduite précis et même, dans le cas de la télématique développée par Webfleet grâce à un partenariat noué avec Lytx, d’obtenir en complément des données vidéos. Les utilisateurs pourront ainsi visionner les images des caméras embarquées afin d’avoir une meilleure compréhension des événements et des incidents survenus. Ils peuvent, de cette manière, protéger leurs conducteurs contre les réclamations frauduleuses ou prendre conscience des failles de sécurité routière et mettre en place des formations adaptées le cas échéant.

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Mots clefs associés à cet article : Flotte, Télématique embarquée, Études, Marché Europe, Sécurité, Webfleet Solutions

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