« Le marché de la borne électrique est plutôt un marché suiveur » estime Éric Muret (ABB France)

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Le marché de la recharge du véhicule électrique aiguise bien des appétits. De plus en plus d’acteurs, qu’ils soient fabricants ou exploitants de bornes, apparaissent. Éric Muret, responsable de l’activité infrastructure de recharge pour véhicules électriques chez ABB France, livre sa vision et celle de son entreprise sur cette activité bien spécifique.

L’Automobile & L’Entreprise : ABB est un acteur important du monde de l’énergie et des réseaux électriques. Pourquoi s’intéresser à la mobilité ?

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Éric Muret (ABB France).

Éric Muret : ABB s’intéresse de près ou de loin à la thématique du développement durable. Historiquement, l’entreprise a toujours été tournée vers le secteur des transports avec la fabrication d’éléments électriques pour les trains et les trams. Nous sommes présents sur le marché des bornes depuis 2011 en réponse au développement de la mobilité propre et plus particulièrement des véhicules électriques.

A&E : Quelles sont vos solutions et qui sont vos clients ?

Éric Muret : Nous proposons uniquement des bornes de recharge accélérée ou rapide pour les véhicules légers et des solutions plus complexes pour le secteur du transport routier ou de marchandise. Nous sommes uniquement tournés sur le B to B. Nos clients sont des constructeurs, des concessionnaires automobiles, des opérateurs à qui nous fournissons des infrastructures permettant le rechargement des véhicules électrifiés.

A&E : Peut-on imaginer ABB en exploitant de bornes ?

Éric Muret : Notre métier est un métier d’équipementier, de fabricant. Nous ne visons pas l’exploitation de nos bornes – c’est un choix délibéré de la part d’ABB –, même si nous sommes en mesure de fournir des solutions d’exploitation. Nous proposons par exemple des services liés à la maintenance des bornes, à leur connectivité (le taux de disponibilité étant très important pour les opérateurs). Mais il faut bien comprendre que les deux métiers sont spécifiques et non complémentaires.

A&E : Aujourd’hui, les véhicules électriques se rechargent sur des bornes. Y’aura-t-il demain d’autres systèmes et quels seront-ils ?

Éric Muret : Nous sommes en veille technique permanente sur les autres solutions de charge pouvant exister ou être développées, tout en restant dans le concret. Notre objectif est de trouver des solutions économiquement viables pour nos clients. Il faut également que ces solutions soient industrialisables facilement et compétitivement. À ce jour, les bornes de recharge restent donc la solution la plus simple et la plus efficace pour tous.

A&E : La recharge par induction pourrait-elle apporter plus de souplesse ?

Éric Muret : L’induction est une idée, une possibilité parmi d’autres. Avant de développer massivement ce type de solution ou de nouvelles technologies, il faut bien prendre en compte leur rendement énergétique (c’est-à-dire la différence existant entre la quantité d’énergie nécessaire pour fonctionner et l’énergie délivrée, ndlr). Dans le cas de l’induction, l’intérêt est limité. Chez ABB, nous travaillons plutôt sur des solutions de recharge associées au stockage d’énergie. Nous explorons également la recharge bidirectionnelle, c’est-à-dire la capacité à pouvoir réinjecter dans le réseau l’électricité non consommée. C’est ce qu’on appelle le « vehicle to grid » (V2G).

A&E : ABB est partenaire depuis 2018 du championnat de Formule E. Est-ce un moyen de tester en situation critique vos produits ou d’en démontrer la fiabilité ?

Éric Muret : Non. Nos tests ne sont pas effectués à ces moments-là. Ce partenariat avec la Fédération internationale automobile nous permet de nous faire connaître et de mettre en avant la fiabilité de notre matériel, fortement sollicité lors des ePrix.

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