Le marché automobile français résiste encore

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Selon le CCFA, en février 2020, 167 785 voitures particulières neuves ont été immatriculées en France, soit une baisse de 2,7 % par rapport à la même période de référence en 2019. Au cumul des deux premiers mois de l’année, le repli atteint 7,79 % (302 014 unités).

La Toyota Corolla connaît un début d'année 2020 très dynamique. (© Toyota)
La Toyota Corolla connaît un début d'année 2020 très dynamique. (© Toyota)

En février, le marché français des VPN a donc enregistré un repli de 2,7 %, limitant les dégâts dans un contexte pourtant peu porteur. Au cumul des deux premiers mois de l’année, une période qui était très redoutée, la baisse est immatriculations est somme toute modérée, même si l’examen de la structure de l’activité est plus crispant (canal des particuliers en berne et nombre important de VD). « La baisse n’est pas aussi importante que ce qu’on aurait pu croire », commente François Roudier, porte-parole du CCFA, tout en ajoutant : « les plus pessimistes annonçaient moins 10 %, voire plus ».

L’ombre menaçante du coronavirus

Toutefois, les ventes de VN en France, qui souffrent déjà depuis janvier d’un durcissement du malus anti-pollution, pourraient ressentir l’impact du coronavirus si l’épidémie se prolongeait, mettent en garde plusieurs constructeurs, dont les stocks restent toutefois dans l’immédiat suffisants pour livrer les acheteurs. Si l’impact du coronavirus, « n’est pas encore visible », dixit François Roudier, la situation pourrait se compliquer à partir de mars : les constructeurs pourraient souffrir de « bateaux qui ne sont pas partis et peuvent faire que certains modèles pourraient ne pas être disponibles en France », sans oublier le ralentissement économique général.
« Nous avons environ 300 fournisseurs chinois sur un total de 8 000, et ceci met évidemment nos usines européennes dans la dépendance de ces fournitures », a reconnu le président du directoire du groupe PSA, Carlos Tavares, dans l’émission le Grand Jury sur LCI/RTL/Le Figaro. Mais il a dit tabler sur une reprise le 11 mars de l’activité industrielle dans la province chinoise du Hubei, dont le chef-lieu est Wuhan, l’épicentre de l’épidémie de coronavirus.
« Peut-être qu’on ne verra pas d’effet sur les immatriculations si l’effet coronavirus s’arrête assez tôt, car on fera un amortissement avec le stock de véhicules et ce sera fluide pour le consommateur », estime encore François Roudier.

Les émissions de CO2 ne sont pas dans les clous

Le mois de février a par ailleurs mis en évidence que les constructeurs allaient avoir du mal à respecter le plafond de 95 grammes de CO2 rejetés par kilomètre en moyenne sur l’ensemble de leur gamme, une limite au-delà de laquelle ils seront soumis à de fortes amendes. Ces rejets sont en effet remontés à 101,5 grammes en février, contre 96 grammes en janvier. Le CCFA met notamment en cause la diminution de moitié du bonus accordé aux entreprises pour les achats de voitures électriques, avec « un impact sur le coût total d’utilisation pour les directeurs de flottes, l’électrique devenant trop cher par rapport au diesel ».
Les motorisations diesel baissent quand même légèrement sur un an en janvier-février, à 33,7 % du marché contre 35 % un an plus tôt. La part des véhicules à essence chute de 57,8 % à 48,5 %, surtout au bénéfice des voitures hybrides, qui passent de 5,3 % à 11 % du marché, et des véhicules électriques, qui ont pris 6,8 % du marché contre seulement 1,8 % à la même période de l’an passé. Mais pour les électriques et les hybrides, il s’agit d’immatriculations de voitures commandées en décembre, relève le responsable du CCFA.

Peugeot creuse l’écart

Parmi les constructeurs français, le groupe PSA tire son épingle du jeu en février avec 60 874 voitures immatriculées (+ 0,49 %) grâce à la marque Peugeot (+ 1,71 %) et aussi à DS qui fait plus que doubler ses ventes (+ 113,48 %), tandis que Citroën lâche 6,25 % et Opel 12,7 %. Le groupe Renault perd 9,78 %, notamment à cause d’un plongeon de près de 27 % de Dacia. « Dacia est en renouvellement de motorisation, il y a donc moins d’offre », explique François Roudier. Les groupes étrangers perdent globalement 1,42 % en termes de véhicules vendus, ce qui ne les empêche pas de voir leur part de marché très légèrement progresser à près de 42 %. Les ventes du groupe allemand Volkswagen gagnent 1,42 %, grâce notamment à Audi qui bondit de 30,8 %. La marque Volkswagen est moins bien orientée (- 14,1 %). Sur le segment haut de gamme, le groupe BMW progresse aussi fortement de 18,88 % (+ 36,8 % pour BMW mais - 17,6 % pour Mini). Le cycle est moins positif pour Daimler (- 12,13 %), pénalisé par la dégringolade attendu de smart. Par ailleurs, la période est délicate pour FCA, qui trébuche de 28,26 %, tandis que Ford dévisse de 26,06 %. Enfin, notons que Nissan et Toyota, qui affichaient déjà une tendance haussière en janvier, continuent à progresser, respectivement de 14,89 % et de 13,54%, tout comme Hyundai (+16,42 %) et Kia (+ 5 %).

Tous les chiffres du marché :

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La nouvelle Peugeot 208 caracole en tête des ventes en France, s'octroyant 6,3 % de part de marché et séduisant les particuliers comme les entreprises. (© Automobiles Peugeot)
La nouvelle Peugeot 208 caracole en tête des ventes en France, s’octroyant 6,3 % de part de marché et séduisant les particuliers comme les entreprises. (© Automobiles Peugeot)

Mots clefs associés à cet article : Audi, BMW, Citroen, Dacia, DS, Hyundai, Nissan, Opel, Peugeot, Renault, Toyota, Marché France, Véhicule neuf (VN), Économie

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