Le groupe PSA réalise un record de rentabilité et récompense ses salariés

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Mercredi 26 février, PSA a publié son bilan financier de 2019. Il en ressort que son chiffre d’affaires s’établit à 74,7 milliards d’euros, soit une hausse de 1 %. Fort de ses résultats, le groupe français a annoncé que les plus bas salaires de l’entreprise recevraient une prime d’intéressement.

Le record de rentabilité réalisé par le groupe PSA sur l’année 2019 ne doit toutefois pas faire oublier les difficultés qui pèsent sur ses ambitions futures. © PSA Group
Le record de rentabilité réalisé par le groupe PSA sur l’année 2019 ne doit toutefois pas faire oublier les difficultés qui pèsent sur ses ambitions futures. © PSA Group

2019 semble avoir été un cru d’exception pour le groupe PSA. En plus d’avoir amorcé sa fusion avec le groupe Fiat Chrysler Automobiles (FCA) et lancé des modèles plébiscités par le public – notamment la e-208 de Peugeot et le Citroën C5 Aircross –, le constructeur tricolore est parvenu à faire des profits dans un contexte pourtant moribond pour le marché automobile. PSA a ainsi enregistré un bénéfice net de 3,2 milliards d’euros, soit une augmentation de 13,2 %. Son CA se révèle, lui, en hausse de 1 % par rapport à celui de 2018.

Et ce n’est pas tout ! La marge opérationnelle courante du groupe s’élève à 6,3 milliards d’euros (+ 11,2 %) quand celle de la division automobile progresse de 12,8 %, atteignant environ 5 milliards d’euros. Ce fort taux de rentabilité (évalué à 8,5 %) a semble-t-il été permis « grâce à un mix produit favorable et la poursuite de la baisse des coûts, en dépit de l’impact négatif des taux de change et des augmentations des coûts de matières premières », analyse le groupe PSA dans un communiqué.

Un coup de pouce de 4 100 euros

Sous l’impulsion de ce bilan financier plutôt prospère, le président du directoire du groupe Carlos Tavares a pris un engagement social fort. Invité à commenter la bonne santé de PSA, ce mercredi matin, sur les ondes de RTL, le patron a tenu à rappeler que cette « sixième année consécutive d’amélioration de la performance de l’entreprise » devait beaucoup à l’implication de ses salariés.

Par conséquent, une « prime d’intéressement et de performance sera versée à nos salariés et en particulier à ceux qui ont les salaires les plus bas », a-t-il annoncé. D’un montant de 4 100 euros, celle-ci représente jusqu’à deux mois et demi de salaire et n’est qu’un « retour de cette création de richesse vers nos salariés », a estimé Carlos Tavares.

De bons chiffres… à nuancer

Le record de rentabilité réalisé par le groupe PSA sur l’année 2019 ne doit toutefois pas faire oublier les difficultés qui pèsent sur ses ambitions futures. En 2020, fera-t-il aussi bien ? Rien n’est moins sûr. Il faut dire que l’entité réunissant cinq marques (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) devra faire face à de nombreux obstacles qui pourraient bien entacher ses comptes, à commencer par une « euro-dépendance ».

Concrètement, les immatriculations de PSA en Chine se sont effondrées et l’Europe, qui constitue donc son principal marché, risque de connaître une baisse de 3% en 2020 selon le groupe. Sans oublier qu’« existent aussi les risques sur les marges liés à la réglementation européenne sur le CO2 entrant en vigueur pour l’année 2020 » note avec lucidité PSA, dans son rapport 2019. Mais qui sait, la berline DS 9 tout juste dévoilée sauvera peut-être ses volumes de vente sur le marché asiatique. Même si celui-ci s’affiche en net recul à cause de l’épidémie de coronavirus (ou Covid-19)

Le cas conflictuel d’Opel

Outre ces incertitudes, le constructeur devra également s’atteler à l’organisation d’un mariage onéreux avec FCA, union qui ne sera pas actée avant une quinzaine de mois. Sans oublier de jongler avec la restructuration drastique qu’Opel compte faire subir à ses usines allemandes. Car si PSA a su profité du redressement financier de sa filiale allemande – qui a dégagé un bénéfice de 1,1 milliard d’euros en 2019, dopée par les ventes de ses SUV – le constructeur et ex-fleuron de General Motors souhaite supprimer près de 4000 emplois. Un plan de départs volontaires qui viserait à doper sa compétitivité.

Quoi qu’il en soit, les résultats de PSA lui permettent de détrôner son concurrent national Renault. La situation de ce dernier contraste en effet avec celle du groupe de Carlos Tavares, le Losange se trouvant ébranlé par les contrariétés commerciales de son partenaire Nissan et la dégradation de plusieurs marchés émergents soutenaient jusqu’alors son succès. En somme, la marque a vécu une véritable annus horibilis dont le défi qui incombe au nouveau PDG Luca di Meo sera de se relever.

Mots clefs associés à cet article : Opel, Immatriculations, Marché Europe, PSA

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