Le GPL peine toujours à convaincre

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Malgré d’indéniables vertus écologiques, un prix au litre au ras des pâquerettes, et de nombreuses incitations fiscales, aussi bien pour les professionnels (exonération de TVS) que pour les particuliers, le GPL peine à exister dans le paysage automobile français, où le diesel est perçu comme la meilleure alternative.
Avec seulement 7 000 nouveaux véhicules GPL immatriculés en 2008, le parc total atteint péniblement la barre des 140 000 unités, contre plus de 200 000 en 2001. Les immatriculations de véhicules neufs GPL ont chuté de 27 %, s’élevant à seulement 2 600 unités. Le marché a en partie été sauvé par les transformations effectuées après achat sur des véhicules essence (+ 24 %), ainsi que par la spéculation pétrolière de milieu d’année, alors que le cours du GPL brillait par sa stabilité. Avec un prix au litre compris entre 0,75 et 0,80 euro, le GPL a su convaincre une poignée d’automobilistes de s’y rallier.

Une transformation pour 300 euros


En 2009, la filière GPL espère remonter la pente pour de bon. Principale raison d’espérer : le retour des constructeurs – Chevrolet, Dacia, Fiat et Lancia en tête – avec des offres attractives. Si l’on y ajoute des incitations fiscales et un prix au litre toujours plus bas, un regain d’intérêt pour le GPL est rapidement envisageable.
Les 200 transformateurs répertoriés auront également un rôle à jouer. L’opération “ Rouler au GPL pour 300 euros ”, lancée par le CFBP (Comité français du butane et du propane) et actuellement expérimentée dans 5 départements, encourage les automobilistes à adapter leur véhicule essence émettant moins de 160 g/km de CO2 aux exigences du GPL. Comme l’opération entraîne un gain de 15 % de CO2, l’auto devient alors éligible au bonus écologique de 2 000 euros accordé aux véhicules GPL émettant moins de 140 g/km de CO2. Le principe de l’offre est que le transformateur perçoit directement le bonus et ne facture l’opération que 300 euros. Le CFBP estime à 1 million le nombre de véhicules pouvant bénéficier de cette opération.

Des freins à lever


Reste à résoudre certains freins à l’achat, notamment l’épineux problème du réseau de distribution. Car le GPL n’est proposé que dans 1 850 stations-service (15 % des stations), approvisionnées en plus de façon irrégulière. Une plus large couverture du territoire serait un atout mais, tant que la demande ne suit pas, le statu quo sera de rigueur.
Le CFBP compte également briser les nombreux préjugés. « Certes, le GPL entraîne une surconsommation, mais le faible prix au litre permet un gain immédiat de 30 % sur le budget carburant » assure Joël Pedessac, président du CFBP. Par ailleurs, l’interdiction de stationner dans les parkings souterrains a été levée en 2006.
Enfin, pour se convaincre du potentiel du GPL, il suffit d’observer certains de nos voisins, comme l’Italie, dont le parc est fort de 1,1 million de véhicules, et l’Allemagne, qui est passée de 30 000 à 200 000 véhicules GPL en l’espace de 4 ans. Ce succès laisse espérer des jours meilleurs pour le marché français. Histoire d’en finir avec le tout-diesel.

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