Le Covid-19 aura-t-il raison d’Uber et Lyft ?

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Les deux sociétés spécialisées dans le service de VTC subissent de plein fouet un ralentissement d’activité dû au confinement mondial. Un affaissement de leurs marchés qui pourrait bien sonner le glas de ces leaders de la mobilité.

Pour résister face à la conjecture morose, Uber et Lyft ont pris le parti d’élargir leurs champs de compétences. (© Uber)
Pour résister face à la conjecture morose, Uber et Lyft ont pris le parti d’élargir leurs champs de compétences. (© Uber)

Si Uber et Lyft se livrent une concurrence acharnée depuis plusieurs années, les deux rivaux se rejoignent désormais dans l’adversité. Les restrictions de déplacement instaurées par les Gouvernements pour endiguer la pandémie de Covid-19 ont de lourdes conséquences sur l’ensemble des acteurs de l’économie. En commençant par les entreprises de transport particulier, qu’il s’agisse des taxis ou des VTC (véhicules de transport avec chauffeur), secteur dont Uber et Lyft sont les principaux pilotes.

Un chiffre éloquent permet d’ailleurs d’illustrer l’effondrement des deux géants : en Bourse, Uber a perdu 17 % et Lyft 21 %. Selon The Guardian, Uber aurait également perdu 60 à 70 % de ses activités aux États-Unis. Jeudi 16 avril, la licorne de San Francisco a même annoncé qu’elle ne pourrait atteindre ses prévisions de revenus établies en février, qui envisageaient un chiffre d’affaires situé entre 15 et 16 milliards d’euros. Dans la panade, son challenger Lyft n’a, lui, pas encore osé faire de déclaration publique, mais on peut imaginer que sa chute financière s’avère similaire.

Par conséquent, à en croire la société de gestion d’actifs JMP Securities, le deuxième trimestre 2020 devrait être marqué par un recul du chiffre d’affaires de 45 % pour Uber et de 61 % pour Lyft. Sans oublier que, si le confinement se poursuit durant l’été, les deux entreprises pourraient commencer à licencier une partie de leurs milliers d’employés de bureau. Quant à leurs chauffeurs, dont le statut de salarié n’est pas clarifié dans tous les pays où le tandem est implanté, ils encourent le risque de ne pas se voir verser d’indemnisation de la part des plates-formes qui font appel à leurs services. Autant de projections pessimistes que confirme Tom White, de la société financière D.A. Davidson, puisque « dans chaque grande agglomération, et vraiment dans tout le pays, ça va reculer de 70 à 80 % ».

Se diversifier pour subsister

Pour résister face à la conjecture morose, Uber et Lyft ont donc pris le parti d’élargir leurs champs de compétences. Si les VTC sont au point mort, la livraison alimentaire, elle, se révèle en plein essor. Uber était d’ailleurs déjà engagé dans ce domaine bien avant la crise avec Uber Eats, mais le CA de celui-ci a augmenté de 27 % en mars, dépassant ainsi pour la première fois celui de l’activité initiale. Lyft s’est, de son côté, lancé dans le portage de nourriture fin mars. Une nouvelle casquette qui ne concerne cependant que onze agglomérations américaines.

Outre cette reconversion censée sauver l’avenir des deux sociétés, Uber a aussi décidé de se tourner vers les commerçants en développant Uber Direct. Ce service B to C propose de livrer des colis issus de commandes de particuliers sur Internet. Un premier partenariat a notamment été noué avec la parapharmacie Cabinet à New York pour livrer des médicaments délivrés sans ordonnance, tandis qu’au Portugal Uber Direct apporte un soutien au service postal. Pour l’instant, l’entreprise de VTC ne prévoit pas de déployer Uber Direct en France. Toutefois, Uber Eats s’est allié avec des supermarchés tels que Carrefour et Casino afin d’offrir une alternative aux drives surchargés. L’extension Uber Medics a également fait son apparition. Dédiée à tous les personnels d’établissements de santé, cette option leur propose des courses à – 25 % comparé à des courses standard en UberX.

Malgré ces nouvelles missions, les revenus horaires moyens des chauffeurs n’ont pas connu de hausse, bien au contraire. Selon le bureau d’études Gridwise, ils ont même baissé de 36 % début mars. Certes, à la fin du mois, la situation s’était légèrement améliorée, mais l’on constatait toujours une diminution de 24 %. On se demande alors si la crise du Covid-19 aura vraiment raison du modèle économique incarné par Uber et Lyft. Ou plutôt de ceux qu’elles exploitent ?

Mots clefs associés à cet article : Entreprises, Marché d’État, Application, Livraisons, Uber, Mobilités, Coronavirus Covid-19

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