Le Coram mobilise 150 millions d’euros pour soutenir la R&D automobile

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Le premier Comité d’orientation pour la recherche automobile et mobilité a eu lieu au début du mois de juillet. Né dans le sillage du plan de relance pour la filière automobile, exposé par le Gouvernement le 25 mai dernier, le Coram a retenu 27 projets d’avenir qui bénéficieront de subventions de l’État.

À l’issue de ce comité du 2 juillet 2020, vingt-sept premiers projets portés par des industriels de la filière automobile ont été sélectionnés. (© Adobestock)
À l’issue de ce comité du 2 juillet 2020, vingt-sept premiers projets portés par des industriels de la filière automobile ont été sélectionnés. (© Adobestock)

Le 2 juillet 2020 s’est tenue la première réunion du Coram (Comité d’orientation pour la recherche automobile et mobilité). Rassemblant Élisabeth Borne – alors ministre de la Transition écologique et solidaire mais depuis remplacée par Barbara Pompili –, le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, le secrétaire d’État chargé des Transports Jean-Baptiste Djebbari ainsi que le président de la Plateforme automobile Luc Chatel, mais aussi plusieurs dirigeants des principaux industriels de la filière automobile – dont PSA, Renault, Michelin, Valeo, Faurecia, Plastic Omnium, Bosch, etc. –, ce colloque avait pour objectif de dresser la liste des projets qui se verraient financièrement supportés dans le cadre d’un programme d’investissements sur la période 2021-2025.

S’inscrivant dans le cadre du plan de soutien à l’automobile, le Coram doit en effet superviser un programme d’investissements d’avenir (PIA), destiné à accélérer la R&D et l’innovation de la filière. Le Comité d’orientation a donc validé la feuille de route technologique dans laquelle doit s’engager le secteur, définissant les axes stratégiques et le portefeuille alloué, à savoir 150 millions d’euros injectés dès 2020 dans les idées avancées qui paraîtront les plus prometteuses. L’enjeu ? « Devenir dans les dix prochaines années l’une des premières industries productrices de véhicules propres au monde. »

27 projets et 5 domaines clés

À l’issue de ce comité du 2 juillet, 27 premiers projets portés par des industriels de la filière automobile ont ainsi été sélectionnés. Ceux-ci s’orientent autour de « cinq axes structurants » bien définis que sont :

  • Le véhicule électrique et sa chaîne de valeur.
  • Le véhicule, les équipements et les stations hydrogène.
  • Les matériaux innovants et leur assemblage en favorisant l’économie circulaire.
  • Les véhicules à base de carburants décarbonés pour les usages de la mobilité.
  • La mobilité automatisée et connectée.

« Les projets les plus avancés démarreront d’ici à début septembre, après une phase d’instruction approfondie des projets sélectionnés par l’Ademe et Bpifrance », a certifié le ministère de la Transition écologique et solidaire lors d’un point presse. Mais leur soutien financier par l’État ne s’avérera toutefois pas gratuit, demandant la « contrepartie d’engagements et d’investissements des industriels », particulièrement sur le développement de technologies « made in France ».

Liste complète des 27 projets retenus par le Coram

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L’électrique au cœur de la machine

L’électromobilité préfigure le futur de la filière automobile. Par conséquent, le groupe PSA envisage de lancer, dès 2023 et sur plusieurs plates-formes de véhicules multi-énergies, la création d’une « chaîne de traction électrique efficiente » en vue d’améliorer l’autonomie des VE. Le joint-venture entre le constructeur et le fabricant japonais de moteurs électriques Nidec prévoit également de développer une gamme de blocs sans aimants afin de « s’affranchir des risques d’approvisionnement en terres rares ». Un second projet responsable nommé « EMotors ».

Pas en reste dans ce rayon, son concurrent Renault compte aussi concevoir une « gamme innovante de moteurs électriques » en s’appuyant sur des « solutions en rupture, telles que la technologie de machine à flux axial et la machine électrique 48 V polyphasée à forte puissance ». L’équipementier français Valeo, lui, propose une « gestion thermique et énergétique du véhicule électrique permettant de décupler sa performance […] par l’allongement de l’autonomie [et] l’augmentation de la durée de vie des batteries ».

Les batteries, d’ailleurs, constituent le fer de lance des ambitions de Plastic Omnium, prévoyant de produire des batteries de 12 V et 48 V pour les véhicules mild hybrid grâce à « une chimie disruptive sans importation de lithium ou de cobalt ». De son côté, la société Arkema entend mettre au point des batteries lithium-ion via de nouveaux sels d’électrolytes avec son projet « Lion ». Des matières composites atypiques également utilisées par la PME Carbone Savoie, spécialisée dans la production de graphite synthétique, qui elle projette de fabriquer des batteries engendrant « trois fois moins de déchets que les produits chinois aujourd’hui leaders ».

La filière hydrogène et la connectivité en expansion

Revenant à la charge sur l’hydrogène, Renault Trucks s’intéresse à ce carburant « dans des moteurs à allumage commandé pour les poids lourds », tandis que l’équipementier Faurecia travaille sur la réduction du coût de production des réservoirs à hydrogène. Par le biais de son projet FresH2, Bosch souhaite pour sa part mettre au point un système autonome de pile à combustible pour les groupes froids des semi-remorques. Tout comme les entreprises de la vallée de l’Arve, emmenées par le groupe Pracartis, désireuses de concevoir une nouvelle génération de compresseurs d’air pour la filière hydrogène.

Quant à la connectivité des véhicules, le sujet a donné lieu à une alliance inédite entre Renault et le groupe PSA, dont le dessein avancé est de créer une bibliothèque commune de scénarios pour la validation de la conduite autonome. L’entité, regroupant également Vedecom ou encore System X, vise à « mettre sur le marché hexagonal puis européen et international un ensemble de services numériques pour la validation des véhicules autonomes et automatisés ». Et ce, dès 2022.

Enfin, autre projet répondant à la volonté du Gouvernement de voir s’opérer un verdissement des matériaux automobiles, celui de Michelin. Baptisé « Empreinte », il augure le développement d’un pneumatique à faible empreinte environnementale car « fabriqué avec des éco-matériaux moins gourmands en énergie, allégé et connecté ». Conçu pour équiper des véhicules particuliers comme des poids lourds, il « permettra de franchir un premier cap, dès 2025/2030, avec la mise en place des premières filières complètes de recyclage pour approvisionner les usines Michelin en matériaux durables ».

Mots clefs associés à cet article : Véhicule électrique, Entreprises, Gouvernement, Recherche & Développement

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